Maxillaria striata

Famille : Orchidaceae


Texte © Prof. Pietro Pavone

 

michel.gif
Traduction en français par Michel Olivié

 

Maxillaria striata est un épiphyte des forêts de montagne humides des Andes, au Pérou, en Équateur et en Colombie.

Maxillaria striata est un épiphyte des forêts de montagne humides des Andes, au Pérou, en Équateur et en Colombie © TBauer

Maxillaria striata Rolfe est une espèce appartenant à la famille des Orchidaceae, à la sous-famille des Epidendroideae, à la tribu des Cymbidieae et à la sous-tribu des Maxillariinae.

Elle est présente en Colombie, en Équateur et au Pérou.

Le genre Maxillaria a été créé en 1794 par Hipolito Ruiz Lopez (1754-1816) et José Antonio Pavon Jiménez (1754-1840).

Au fil des années on a inclus dans ce genre de très nombreuses espèces répandues dans les régions tropicales et subtropicales de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud et vivant à des altitudes élevées, jusqu’à 3800 m au-dessus du niveau de la mer.

Dans une récente étude phylogénétique moléculaire on a découvert que beaucoup de ces espèces incorporées dans Maxillaria en font un genre polyphylétique et doivent donc être séparées. Cependant jusqu’à présent tous les taxonomistes n’ont pas pris en compte ces études et ont identifié à l’intérieur de Maxillaria 653 espèces valides.

Ce sont de superbes plantes épiphytes, terrestres et lithophytes, dont les fleurs sont de différentes dimensions, de quelques centimètres à plus de quinze centimètres de diamètre. Leurs couleurs vont du rouge au jaune, au violet, au blanc et presque au noir.

Certaines orchidées présentent des stries (Maxillaria striata) ou bien des taches (Maxillaria picta). L’inflorescence qui varie elle aussi d’une espèce à l’autre est isolée ou en grappes. Toutes ont des fleurs parfumées.

Maxillaria striata a été décrite dans Orchid Rev. 1; 266 (1893) par Robert Allen Rolfe (1855-1921), un botaniste anglais spécialisé dans les orchidées et figure clé des Royal Botanic Gardens de Kiew pendant plus de quarante ans.

Au cours de sa carrière Rolfe a décrit 2.234 taxons, dont plus de 200 d’orchidées, à partir de spécimens provenant de diverses régions tropicales du monde entier. Il a écrit différents ouvrages tels que “Revision of the Genus Phalaenopsis” (1886), “A Revision of the Genus Vanilla” (1896) et, en collaboration avec C. C. Hurst “, The Orchid Stud-Book” (1909). En 1893 il a fondé et dirigé Orchid Review, une revue entièrement dédiée aux orchidées, aujourd’hui dirigée par la Royal Horticultural Society.

Durant sa carrière Rolfe a reçu divers prix importants en raison de sa compétence en matière de taxonomie végétale.

Les fleurs de Maxillaria striata durent longtemps et portent des stries très apparentes comme l'indique le nom de son espèce et mesurent jusqu'à 12 cm . Elles sont intensément parfumées.

Ses fleurs qui durent longtemps portent des stries très apparentes comme l’indique le nom de son espèce et mesurent jusqu’à 12 cm . Elles sont intensément parfumées © Bodo Nuñez Oberg

On peut citer la médaille d’or de l’Académie Internationale de Botanique en 1917 et la Victoria Medal of Honor de la Royal Horticultural Society en 1921, une des plus hautes distinctions, en raison des résultats qu’il a obtenus dans le domaine de l’horticulture.

Le nom du genre vient du latin “maxilla”, mâchoire, et fait référence à la colonne et au labelle de la fleur qui, mis ensemble, ressemblent à une mâchoire.

L’épithète de l’espèce vient du latin “striatus”, strié, en raison des raies saillantes présentes sur les sépales et les pétales de la fleur.

Son nom vulgaire anglais est Striped Maxillaria ( Maxillaria striata).

Le labelle trilobé long de 3,5 à 4 cm, dont la teinte contraste avec celle des pétales, a une couleur blanc pâle spécifique, des stries violettes et un bord courbé et sub-crénulé.

Le labelle trilobé long de 3,5 à 4 cm, dont la teinte contraste avec celle des pétales, a une couleur blanc pâle spécifique, des stries violettes et un bord courbé et sub-crénulé © Nelson Apolo

Maxillaria striata est une espèce répandue au Pérou, en Équateur et en Colombie dans les forêts de montagne très humides situées à des altitudes comprises entre 700 et 2200 m sur la bordure orientale des Andes.

C’est un épiphyte à la croissance sympodiale qui comporte des pseudo-bulbes groupés, ovoïdes à oblongs-cylindriques, qui sont comprimés et enveloppés à leur base par diverses gaines distiques imbriquées et qui portent une seule feuille apicale, oblongue-elliptique, coriace, longue jusqu’à 30 cm et pétiolée. Les fleurs, grandes ( jusqu’à 10 à 12 cm) et très visibles au-dessus des feuilles, sont solitaires et disposées sur une inflorescence érigée, longue jusqu’à 30 cm, qui se forme à la base d’un pseudo-bulbe mature. Les fleurs éclosent principalement en été et en automne. Elles sont en général parfumées et durent longtemps.

Maxillaria striata est naturellement une espèce très recherchée par les collectionneurs mais son habitat est menacé. Elle figure donc dans l'Appendice II de la CITES qui réglemente le commerce international et assure ainsi sa survie.

Maxillaria striata est naturellement une espèce très recherchée par les collectionneurs mais son habitat est menacé. Elle figure donc dans l’Appendice II de la CITES qui réglemente le commerce international et assure ainsi sa survie © Giuseppe Mazza

Les sépales et les pétales sont jaunes ou jaunes/verdâtres et comportent des stries de couleur rouge foncé ou marron/violacé qui s’étirent longitudinalement, une caractéristique à laquelle le nom de l’espèce fait référence.

Le labelle dont la teinte contraste avec celle des pétales est spécifiquement de couleur blanc pâle et a des stries violettes et un bord recourbé et sub-crénulé.

Il est trilobé et long d’environ 3,5 à 4 cm.

Les lobes latéraux sont sub-érigés . Les bords du lobe médian sont ondulés.

Le cal est oblong et s’étend sur les 2/3 de la longueur du labelle. Une observation au microscope révèle que la surface du labelle présente des papilles coniques villiformes disposées sur plusieurs rangs.

Cette espèce, du fait de son habitat vulnérable, est inscrite dans l’Appendice II de la CITES, ce qui veut dire que son commerce international est réglementé afin d’assurer sa survie et qu’il nécessite des permis spéciaux pour son importation et son exportation. Elle n’est pas toutefois spécifiquement classée en tant qu’espèce en danger critique d’extinction dans la Liste Rouge de l’UICN.

Maxillaria striata est une orchidée de collection spectaculaire en raison de son parfum intense, de ses grandes dimensions et des raies serrées présentes sur ses sépales et ses pétales jaunes.

Quand elle est cultivée elle a besoin d’une humidité élevée et constante (80%) et d’une très bonne circulation de l’air afin de prévenir les maladies, le meilleure solution étant qu’on la cultive dans une serre fraîche et humide avec une lumière intense et filtrée.

Cette plante pousse très bien dans des paniers ou des pots suspendus. On peut également utiliser des planches de liège ou des fougères arborescentes.

Le terreau doit être grossier, bien drainant et laisser de la place pour l’air pour permettre la croissance des racines. On peut utiliser un mélange d’écorce, de charbon et de perlite qui doit être maintenu constamment humide et ne doit jamais sécher complètement car les pseudo-bulbes pourraient se racornir rapidement.

Le nom du genre vient du latin “maxilla”, mâchoire, et fait référence à la colonne et au labelle de la fleur qui, mis ensemble, ressemblent à une mâchoire.

La température diurne idéale est de 18 à 23 °C et celle de nuit de 12 à 16 °C. Les apports d’engrais doivent être effectués de façon régulière avec un fertilisant liquide pour orchidées. Cette plante tire profit d’un engrais riche en phosphates avant sa floraison, en azote quand apparaissent les nouveaux bourgeons et équilibré (NPK 20-20-20) pendant les autres périodes. Suivant l’état de ses racines on peut la rempoter tous les 2 à 3 ans. Le meilleur moment est la fin de l’hiver quand les nouveaux bourgeons commencent à apparaître. On doit par contre éviter de la rempoter pendant la saison chaude.

En culture Maxillaria striata a besoin d’une lumière intense filtrée, humidité élevée constante avec une bonne circulation de l’air, température diurne de 18-23 °C et nocturne de 12-16 °C.

En culture elle a besoin d’une lumière intense filtrée, d’humidité élevée constante, d’une bonne aréation avec température diurne de 18-23 °C et nocturne de 12-16 °C © Giuseppe Mazza

L’existence de taches foncées qui ne sont pas naturelles indique la présence de Botrytis, un champignon dont l’apparition est causée par une humidité excessive et une aération insuffisante.

Il existe divers cultivars. On peut citer parmi ceux qui ont été récemment primés: Maxillaria striata ‘Kiel’ (2018), Maxillaria striata ‘Robin Jane’ (2017), Maxillaria striata ‘Hansi’ (2016), Maxillaria striata ‘Isabel’ (2015), Maxillaria striata ‘Amelia’ (2014), Maxillaria striata ‘Alfons’ (2014), Maxillaria striata ‘Excalibur’ (2013), Maxillaria striata ‘Orquivalle’ (2013), Maxillaria striata ‘Heinz’ (2012), Maxillaria striata ‘King Tut’ (2012).

 

→ Pour des notions générales sur les ORCHIDACEAE cliquer ici.

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des ORCHIDACEAE et trouver d’autres espèces, cliquez ici.