Cymbopogon nardus

Famille : Poaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Cymbopogon nardus, citronnelle, citronnelle de Ceylan

Décorative et médicinale la citronelle (Cymbopogon nardus) éloigne les moustiques © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de l’Afrique ( Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi, Kenya, Lesotho, Madagascar, Mozambique, Ouganda,  République démocratique du Congo, Ruanda, Seychelles, Soudan, Swaziland, Tanzanie et Zimbabwe) et de l’Asie tropicale (Assam, Bangladesh, Bhoutan, Cambodge, Inde, Laos, Myanmar, Sri Lanka et Vietnam) où elle pousse dans les friches, les bois décidus, les prairies et au bord des routes, même sur des sols pauvres.

Le nom du genre est la combinaison des termes grecs « kymbe » = barque et « pogon » = barbe, par référence, selon certains, à la gaine foliaire de forme concave qui soutient l’inflorescence velue de ces plantes. Le nom de l’espèce est le terme latin « nardus » = nard, nom donné à diverses plantes odoriférantes.

Noms communs : Ceylon citronella, citronella grass, geranium grass, mana grass, nard grass, nardus grass (anglais), citronnelle, citronnelle de Ceylan (français), citronella (italien), citronela de Ceilan, citronela do Ceilao (portugais), citronela, zacate limon (espagnol), Ceyloncitronell, Zitronellgras, Nardusgras (allemand).

Le Cymbopogon nardus (L.) Rendle (1899) est une espèce herbacée pérenne, sempervirente, densément cespiteuse, aromatique, haute de 1 à 1,8 m, dotée d’un rhizome robuste et rampant d’où partent  des feuilles sessiles et engainées à leur base où elles forment une pseudo-tige de couleur rouge pourpre de 1 à 2 cm de diamètre.Le limbe foliaire est nastriforme avec un apex pointu, long jusqu’à environ 1 m et large de 0,5 à 1,6 cm, d’abord dressé puis retombant sur environ un tiers de sa longueur et de couleur vert bleuâtre. L’inflorescence, compacte, est constituée d’un panicule long de 0,3 à 0,8 m qui comporte des épillets longs de 3 à 7 mm, disposés par paires sur deux racèmes, souvent velus, d’abord dressés puis recourbés. La première glume de l’épillet sessile est plate ou légèrement concave. Les lemmes en partie supérieure ne sont pas aristées ou présentent des arêtes longues de 0,6 à 1 cm ou plus. Le fruit est un caryopse typique de la famille des Poaceae.

On reproduit facilement  cette plante par division des touffes ou au moyen de ses graines qui doivent être plantées en surface à la température de 20 à 22°C. La durée de germination varie de 2 semaines à 3 mois. Dans beaucoup de pays tropicaux et subtropicaux elle se comporte, en raison de la facilité avec laquelle se propage, comme une espèce envahissante et entre en compétition avec la flore préexistante, en particulier dans les zones utilisées pour le pâturage où elle crée de sérieux problèmes pour l’élevage du bétail.

C’est une espèce à la croissance rapide qui peut être cultivée dans les zones aux climat tropical, subtropical et, de façon marginale, tempérée humide où elle ne supporte pas, sauf pendant une très courte période,  des températures d’environ 0°C. Elle n’est pas particulièrement exigeante en ce qui concerne le sol, acide ou alcalin, pourvu qu’il soit drainant, et peut résister à des périodes de sécheresse mais tire profit d’arrosages réguliers dans les zones comportant une longue saison sèche. Elle offre d’autre part une bonne résistance au feu. En plus que pour ses caractéristiques décoratives elle est très utilisée sous les tropiques  dans les jardins familiaux pour l’odeur qu’elle dégage et qui a la faculté d’éloigner les insectes et en particulier les moustiques. On peut la cultiver en pot à condition de la mettre à l’abri pendant les mois les plus froids là où le climat ne permet pas de la laisser en permanence à l’extérieur et d’utiliser un terreau constitué, par exemple, de 40 % de terre de jardin, de 40 % de terreau tourbeux et, pour le reste,  de sable ou de perlite.

L’huile essentielle qui est extraite par distillation à la  vapeur des feuilles partiellement desséchées et qui a une  couleur jaune et un puissant parfum de citron, est largement employée dans les cosmétiques, les parfums, les savons, les lotions pour la peau, les déodorants et de nombreux produits  répulsifs et cela sous diverses formes. Les composants chimiques qui confèrent cette propriété sont principalement le citronellal, le géraniol et le citronellol. Commercialement on distingue deux types d’huile, celle de Ceylan et celle de Java qui contient une plus grande quantité de citronellol ( 40 à 50%) et qui est de ce fait plus appréciée.

Il faut tenir compte du fait  que l’huile et les produits qui en contiennent peuvent provoquer des réactions allergiques sur des peaux sensibles et doivent donc être évités pour les enfants notamment. Ils peuvent aussi irriter les yeux. D’autre part l’inhalation des vapeurs peut provoquer de la tachycardie chez certaines personnes. La partie interne de la tige, sur une hauteur de 6 à 8 cm depuis la base, plus tendre, blanchâtre et tubulaire est employée pour aromatiser différents plats, en particulier dans les cuisines typiques du Sud-Est asiatique, les desserts, le thé et autres boissons alcoolisées ou sans alcool. Les feuilles sont utilisées dans la médecine traditionnelle pour diverses pathologies et l’huile en aromathérapie.

Synonymes : Andropogon nardus L. (1753); Andropogon pseudohirtus Steud. (1829); Andropogon citrosus Steud. (1840); Andropogon nilagiricus Hochst. (1851); Andropogon confertiflorus Steud. (1854); Andropogon grandis Nees ex Steud. (1854); Andropogon hamulatus Nees ex Steud. (1854); Andropogon khasianus (Hack.) Munro ex Duthie (1888); Sorghum nardus (L.) Kuntze (1891); Andropogon thwaitesii Hook.f. (1900); Cymbopogon confertiflorus (Steud.) Stapf (1906); Cymbopogon thwaitesii (Hook.f.) Willis (1911); Cymbopogon validus (Stapf) Stapf ex Burtt Davy (1912); Cymbopogon afronardus Stapf (1918); Cymbopogon claessensii Robyns (1929); Cymbopogon prolixus (Stapf) E.Phillips (1931); Cymbopogon thwaitesii (Hook. f.) Bor (1954); Cymbopogon virgatus Stapf ex Bor (1954).

 

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