Euphorbia tithymaloides

Famille : Euphorbiaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Euphorbia tithymaloides, échine du diable, herbe à cors, pantouflier, Euphorbiaceae

Chez l’Euphorbia tithymaloides les cyathes sont protégés par un involucre rouge ou rose pourpre © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire des Antilles néerlandaises, des Antilles vénézuéliennes, des Bahamas, du Belize, des Bermudes, du Brésil (Acre, Amazonas, Amapa, Espirito Santo, Minas Geiras, Para, Rio de Janeiro, Roraima, Rondônia, Sao Paulo, Tocantins et Trindade), de la Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de l’Équateur, des États-Unis (Floride), du Guatemala, du Guyana, d’Haïti, du Honduras, des Îles du Vent, des Îles-Sous-le-Vent, des îles Turks-et-Caïcos, de la Jamaïque, du Panama, de Porto Rico, de la République dominicaine, du Salvador, du Surinam, de Trinité-et-Tobago et du Venezuela  où elle pousse dans les fourrés et les forêts sèches d’arbres à feuilles caduques ou sur des sols pierreux et rocheux situés en plein soleil, souvent à proximité de la mer.

Le genre tire son nom d’Euphorbos, le médecin personnel du roi de Numidie Juba II (52 av. J.C.-23 ap. J.C.) qui lui a dédié ces plantes dans un traité qui décrivait leurs propriétés médicinales. Le nom de l’espèce est la combinaison de Tithymalus et du suffixe grec « oeidés », de « êidos » = forme, aspect, c’est-à-dire semblable au genre Tithymalus.

Noms communs : bird cactus, Christmas candle, devil’s backbone, Japanese poinsettia, jewbush, redbird cactus, redbird flower, gibbo cactus, slipper flower, slipper plant, zigzag plant (anglais), échine du diable, herbe à cors, pantouflier (français), dois-amores, dois-irmaos, picao, sapatinho-do-diablo, planta-zique-zaque, sapatinho-do-judeu, sapatinho-dos-jardins (Portugais-Brésil), cacto cardenal,cacto zapatilla, dictamo real, gallito colorado, ipecacuana, itamo real, pie de nino, pie de santo, zapatilla del diablo, zapatito de la Virgen, zapatito rojo (espagnol), Teufelsrückgrat (allemand).

L’Euphorbia tithymaloides L. (1753) est un espèce pérenne, sempervirente, inerme qui a des tiges cylindriques, sinueuses, succulentes, à la sève laiteuse, de couleur verte dans les parties les plus jeunes, de couleur grisâtre dans celles qui sont les plus vieilles, ramifiées à leur base et longues de 0,4 à 2 m. Les feuilles, sessiles ou portées sur un court pétiole, sont simples, alternes, distiques, coriaces, légèrement charnues, obliques à elliptiques-ovées, aux bords légèrement ondulés et carénés en partie basse et ont 6 à 10 cm de long et 2 à 4 cm de large.

Les cyathes, les inflorescences caractéristiques des Euphorbiaceae, sont réunis en forme de cymes à l’extrémité des tiges et constitués d’une fleur femelle réduite à un pistil et donc dépourvue de calice et de corolle. De la même façon les fleurs mâles qui l’enveloppent se réduisent à une étamine et sont entourés par un involucre de forme particulière, rouge ou rose pourpre, long de 0,8 à 1 cm. Les fleurs, riches en nectar, sont pollinisées par les colibris.

Le fruit est une capsule déhiscente, trilobée, large de 0,6 cm, d’abord de couleur verte puis marron à maturité,  qui contient trois graines ovoïdes d’environ 4 mm de diamètre et de couleur brun grisâtre. On reproduit cette plante au moyen de ses graines et, facilement, par bouturage, après avoir laisser  le greffon sécher 2 à 3 jours, dans un terreau sableux à peine humide.

Euphorbia tithymaloides, échine du diable, herbe à cors, pantouflier, Euphorbiaceae

Cultivée dans un but décoratif elle a, comme d’autres Euphorbiaceae, un latex blanc particulièrement irritant © Giuseppe Mazza

C’est une espèce largement répandue dans la nature et cultivée dans les régions tropicales et subtropicales, de préférence en plein soleil, bien qu’elle supporte un léger ombrage, sous forme de spécimen isolé, de massif ou de bordures, dans des jardins de « désert », sur des sols particulièrement drainants. Elle ne supporte pas les rétentions d’eau ni les températures avoisinant 0 °C à moins qu’elles soit exceptionnelles et de très courte durée. Elle peut supporter de longues périodes de sécheresse mais perd alors ses feuilles.

Ailleurs on la cultive dans des pots, de préférence de petites dimensions, dans un terreau parfaitement drainant, sableux, à des emplacements les plus lumineux possible, les températures minimales hivernales ne devant pas être inférieures à 14 °C. Les arrosages doivent être modérés et espacés, en particulier en cas de basses températures. La variété aux feuilles tachetées de blanc et de rouge carmin est très appréciée et habituellement présente dans les collections de plantes succulentes.

Le latex contient des substances fortement irritantes. Le contact avec la peau peut provoquer des dermatites graves chez les individus les plus sensibles. Au niveau des yeux en particulier il peut entraîner une cécité temporaire. Il convient donc d’utiliser des gants quand on procède sur la plante à des manipulations pouvant provoquer un écoulement de latex. En cas de contact il faut se laver plusieurs fois avec de l’eau et du savon et dans les cas les plus graves recourir à des soins médicaux. Toutes les parties de cette plante  sont particulièrement toxiques si elles sont avalées. L’ingestion de  seulement quelques graines provoque des nausées persistantes, des vomissements et de la diarrhée.

Synonymes : Tithymalus myrtifolius (L.) Mill (1768); Euphorbia myrtifolia (L.) Lam. (1788); Euphorbia carinata Donn (1811); Crepidaria myrtifolia (L.) Haw. (1812); Pedilanthus tithymaloides (L.) Poit. (1812); Crepidaria carinata (Donn) Haw. (1819); Crepidaria subcarinata Haw. (1819); Euphorbia anacampseroides Descourt. (1822); Pedilanthus myrtifolius (L.) Link (1822); Euphorbia canaliculata Lodd. (1823); Pedilanthus canaliculatus (Lodd.) Sweet (1826); Pedilanthus carinatus (Donn) Spreng. (1826); Pedilanthus subcarinatus (Haw.) Sweet (1826); Pedilanthus myrsifolius (L.) Raf. (1838); Pedilanthus houlletii Baill. (1861); Pedilanthus fendleri Boiss. (1862); Tithymaloides fendleri (Boiss.) Kuntze (1891); Tithymaloides houlletii (Baill.) Kuntze (1891); Tithymaloides myrtifolia (L.) Kuntze (1891); Pedilanthus pringlei Rob (1894); Pedilanthus gritensis Zahlbr (1897); Pedilanthus deamii Millsp. (1913); Pedilanthus campester Brandegee (1914); Pedilanthus petraeus Brandegee (1924); Pedilanthus ierensis Britton (1926); Tithymalus deamii (Millsp.) Croizat (1937); Tithymalus ierensis (Britton) Croizat (1937); Tithymalus petraeus (Brandegee) Croizat (1937); Tithymalus pringlei (Rob.) Croizat (1937); Tithymalus tithymaloides (L.) Croiza (1937); Tithymalus villicus Croizat (1937); Pedilanthus camporum Standl. & Steyerm. (1944).

 

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