Nicotiana tabacum

Famille : Solanaceae

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Texto © Prof. Giorgio Venturini

 

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Traduction en français par Serge Forestier

 

Nicotiana tabacum a des fleurs tubulaires réunies en panicules apicales corymbiformes © Giuseppe Mazza

Nicotiana tabacum a des fleurs tubulaires réunies en panicules apicales corymbiformes © G. Mazza

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la consommation de tabac cause la mort de plus de 5 millions de personne chaque année. Si le nombre de fumeurs continue à augmenter avec la tendance actuelle, environ 10 millions de décès sont attendus par an d’ici 2030. Il s’agit donc de la deuxième cause de mortalité, après l’hypertension. Malgré cette situation, les gouvernements de la plupart des pays ne prennent pas d’initiatives significatives de maîtrise et spéculent même souvent sur le commerce des produits.

Plus de soixante espèces typiques principalement des milieux tropicaux et subtropicaux, en grande partie d’origine américaine, appartiennent au genre Nicotiana. Peu d’espèces sont spontanées en Australie ou dans les régions du Pacifique Sud.

Pour la production de tabac, outre Nicotiana tabacum Linneo, 1753 (probablement d’origine sud-américaine), cultivé sur tous les continents, on cultive souvent principalement en Asie également Nicotiana rustica, également d’origine américaine. D’autres espèces sont cultivées à des fins décoratives.

Le nom de genre Nicotiana fut donné par Linné en l’honneur de Jean Nicot qui, en 1559, fit connaître le tabac en France. L’origine du mot « tabacum » est plus incertaine et dérive peut-être du mot « tabago » qui en langue taino, parlée par les populations caribéennes arawak rencontrées par Colomb, indiquait, selon certaines sources, les rouleaux de feuilles de tabac utilisées pour fumer et selon d’autres sources, la pipe en forme de Y utilisée pour inhaler la fumée par les narines. Il est également possible que le terme dérive plutôt du mot arabe « tabbaq », déjà connu en Espagne et en Italie avant la découverte de l’Amérique, qui indiquait une plante médicinale, peut-être Inula viscosa.

Nicotiana tabacum est une plante herbacée annuelle, à l’odeur pénétrante, de hauteur comprise entre 60 cm et 3 mètres, selon la variété (Nicotiana rustica est parfois vivace et a généralement une hauteur entre 50 et 140 cm). Les tiges sont peu ramifiées, généralement rondes et, comme les autres parties de la plante, recouvertes de poils glandulaires dont la sécrétion jaunâtre rend la plante visqueuse au toucher. Feuilles ovales, alternes, généralement sessiles ou à court pétiole, disposées en spirale le long de la tige, qui, chez certaines variétés, peuvent atteindre jusqu’à 60-100 cm de longueur et jusqu’à 30-40 cm de largeur, tandis que d’autres variétés ont des feuilles beaucoup plus petites (8-10 cm). Dans certaines variétés, les feuilles présentent deux auricules. Les fleurs sont tubulaires ou infundibuliformes, longues de 3-5 cm, de couleur blanche ou crème jusqu’à rose ou carmin et se développent en groupes nombreux (racèmes). Le calice a cinq lobes triangulaires d’environ 1-2 cm. Les fruits sont des capsules ovoïdes de 1,5-2,5 cm contenant de nombreuses graines brunes. La pollinisation est entomophile et les principaux pollinisateurs sont les hyménoptères et les lépidoptères.

Pharmacologie et toxicité

Le tabac contient de nombreuses substances ayant une action pharmacologique, dont la plus importante est la nicotine. Il contient en outre plusieurs glycosides, de la 2-naphtylamine (substance puissamment cancérogène) et plusieurs bêta-carbolines, parmi lesquelles les alcaloïdes du groupe des harmanes. Toutes les parties de la plante, à l’exception des graines, contiennent de la nicotine, dont la concentration varie selon les variétés ou les espèces de tabac, et change en fonction des caractéristiques du sol et du climat et de l’âge de la plante. La plus grande quantité de nicotine (64 %) se trouve dans les feuilles, dans la tige elle est présente à 18 %, 13 % dans les racines et seulement 5 % dans les fleurs.

La nicotine

La substance est produite dans les racines et est ensuite transportée dans la plante entière, où elle joue un rôle important de défense particulièrement contre les insectes phytophages. Pour cette raison, elle a été largement utilisée comme insecticide (actuellement on utilise ses analogues synthétiques). D’un point de vue pharmacologique, la nicotine est un puissant stimulant qui agit en excitant les récepteurs de type nicotiniques pour le neurotransmetteur acétylcholine.

Espèce annuelle herbacée, à l'odeur pénétrante, largement cultivée et pouvant atteindre les 3 m © Mazza

Espèce annuelle herbacée, à l’odeur pénétrante, largement cultivée et pouvant atteindre les 3 m © Giuseppe Mazza

Son action s’exerce sur le système nerveux central et sur le système parasympathique.

Lorsque la fumée de tabac est inhalée dans les poumons, la nicotine est absorbée dans le sang et atteint rapidement le cerveau où, en quelques secondes, elle stimule la libération de nombreux neurotransmetteurs dans les neurones tels que l’acétylcholine, la noradrénaline, la sérotonine et la dopamine et les endorphines.

Ces substances sont responsables de la plupart des effets, augmentant la capacité de concentration, l’attention et la mémoire, et inhibant l’anxiété et la douleur. En augmentant la libération de dopamine, la nicotine génère également la sensation d’accomplissement. En particulier, il a été démontré que cette substance active le circuit mésolimbique, une zone du système nerveux central liée aux sensations de plaisir et d’euphorie.

Des doses plus élevées de nicotine peuvent avoir une action opposée à celles énumérées.

Cet ensemble d’actions sur l’activité du système nerveux, avec la stimulation excessive et prolongée des récepteurs, génère avec le temps l’addiction et la dépendance.

La nicotine est l’une des drogues les plus addictives. L’usage de la nicotine inhibe l’appétit et peut entraîner une perte de poids, il augmente en outre la fréquence cardiaque et la tension et contribue à la formation de thrombose et d’athérosclérose chez les fumeurs. Les études de ces dernières années ont démontré que la nicotine est également capable d’augmenter la capacité de la cocaïne à induire une addiction. Malgré sa toxicité, les thérapies à base de nicotine sont utilisées pour aider à arrêter de fumer car en administrant la drogue par des voies différentes de la cigarette, l’inhalation des substances toxiques et cancérigènes contenues dans la fumée est évitée.

Bêta-carboline

Ces substances, contenues dans le tabac et d’autres plantes, sont puissamment psychoactives, grâce surtout à la capacité d’inhiber des enzymes, les monoamine oxydases, qui ont pour fonction de détruire les molécules de neurotransmetteurs telles que la dopamine et la noradrénaline. Le résultat est donc de prolonger la stimulation de nombreux neurones. Les bêta-carbolines sont en outre des inhibiteurs du récepteur GABA A (celui qui est stimulé par les barbituriques) et ont donc une action excitante et anxiogène. Ces substances sont les composants principaux de la drogue hallucinogène et psychédélique Ayahuasca, utilisée par les peuples amazoniens du Pérou.

La fumée de tabac

La fumée de tabac, en plus de contenir de la nicotine et les autres substances énumérées, contient une série importante de produits de combustion, parmi lesquels des goudrons, des hydrocarbures polycycliques aromatiques, des nitrosamines, de l’arsenic, du benzène, du cadmium, du chrome, du formaldéhyde, du 1,3-butadiène et de l’acroléine. Ces substances ont une action toxique, irritante et cancérogène.

Les pathologies induites par la fumée de tabac sont nombreuses et affectent, outre le système nerveux, en particulier le cœur et le système circulatoire, les poumons et le foie. Le tabagisme est donc un facteur important de risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème pulmonaire et de bronchite chronique ainsi que de nombreux types de cancer, en particulier des poumons, du larynx et du pancréas. Le tabagisme est un facteur aggravant de nombreuses pathologies hépatiques, telles que la fibrose et le carcinome hépatocellulaire. Ces pathologies s’ajoutent aux puissantes propriétés de la nicotine pour générer une dépendance (tabagisme).

Le calice peut être blanche-jaunâtre, rose ou carmin. Les principaux pollinisateurs sont les hyménoptères et les papillons © G. Mazza

Le calice peut être blanche-jaunâtre, rose ou carmin. Les principaux pollinisateurs sont hyménoptères et papillons © Giuseppe Mazza

Il semble que, pour augmenter la dépendance au tabac et donc les ventes, les principaux cigarettiers aient progressivement augmenté la teneur en nicotine de leurs produits qui, de 1998 à 2005, ont augmenté de 1,78% par an (un comportement similaire à celui des trafiquants de drogue qui poussent les acheteurs à se procurer des produits de plus en plus susceptibles de provoquer une dépendance).

Un problème sanitaire de grande importance est celui du tabagisme passif, c’est-à-dire de l’exposition au tabagisme de ceux qui, non-fumeurs, partagent un environnement avec des fumeurs. Les dommages de l’exposition passive sont élevés et du même type que ceux auxquels sont exposés les fumeurs. Le cas des enfants exposés au tabagisme familial est particulièrement important.

Un cas particulier est celui des dommages induits pendant la grossesse par la fumée de la mère sur le fœtus.

On peut citer l’augmentation des naissances prématurées, la diminution du poids à la naissance, la moindre taille, l’augmentation des infections du nouveau-né et la susceptibilité accrue aux infections respiratoires qui se prolonge même pendant plusieurs années, l’augmentation des problèmes comportementaux et de l’incidence des tumeurs infantiles.

Histoire

Déjà lors de son premier voyage en 1492, Christophe Colomb observait que les indigènes cultivaient et utilisaient le tabac à la fois comme médicament et pour les effets plaisants du tabagisme et que l’inhalation de tabac causait parfois une perte de connaissance. Selon les récits de voyage, les habitants de Cuba et d’Haïti avaient l’habitude de fumer des feuilles sous la forme de cigares. D’autres voyageurs de l’époque confirment également ces observations mais mentionnent à tort des feuilles du nom de « tabaco » qui se référaient plutôt aux tuyaux en forme de Y, avec lesquels la fumée était inhalée par les narines. La plante a été appelée par différents des noms, notamment « petum » et « cogioba », et ces noms apparaissent également dans les premiers herbiers. Il semble que Rodrigo de Jerez, l’un des membres de l’équipage de la caraque Santa Maria, le vaisseau amiral de Christophe Colomb, fut le premier européen à expérimenter la fumée de tabac (contrairement à ce qu’a transmis la tradition, la Santa Maria n’était pas une caravelle comme la Niña et la Pinta).

Le tabac est arrivé en Espagne vers 1528, où il était cultivé à des fins médicales. En 1559, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, apporta un échantillon de la plante en France, et utilisa les feuilles pour traiter la migraine de la reine Catherine de Médicis et un ulcère de son fils, François II. C’est pour cette raison que le tabac a été appelé herbe à Nicot ou herbe de la reine et en l’honneur de Nicot aujourd’hui, nous utilisons les noms de Nicotiana et de nicotine. En Europe, le tabac eut la réputation de médicament prodigieux, obtenant le nom d ‘ »herbe sacrée » et, dans un livre de 1571 sur les plantes médicinales, on en vante les effets sur 36 maladies différentes.

Pendant la même période, le cardinal Prospero Di Santacroce, nonce apostolique au Portugal, introduisit le tabac en Italie, dans l’État pontifical, et il en commença la culture et le commerce. La plante à Rome était appelée « Erba di Santacroce » et sa famille a longtemps joué un rôle de premier plan dans le commerce du tabac, au point qu’à Rome les magasins qui le vendaient avaient pour enseigne la croix du blason de la famille. Il a été dit que Sir Walter Raleigh avait introduit pour la première fois le tabac en Angleterre, en réalité le tabac était déjà connu, mais ce fût Raleigh qui en rendit l’usage populaire auprès de la cour anglaise (il semble que Raleigh ait rapporté pour la première fois en Angleterre la pomme de terre, ou au moins qu’il en ait introduit la culture en Irlande). Après les premiers enthousiasmes vint la critique, de sorte qu’en 1604 le roi James I d’Angleterre dénonça le tabac comme nocif pour les poumons et le cerveau, ainsi que dégoûtant pour l’odorat. La même année, toutefois, de lourdes taxes ont été imposées aux importations, démontrant ainsi un intérêt économique.

Les feuilles, ici étendues au soleil pour la production de tabac, mesurent 60-100 cm © Giuseppe Mazza

Les feuilles, ici étendues au soleil pour la production de tabac, mesurent 60-100 cm © G. Mazza

La fumée du tabac rencontra un grand succès dans les pays de l’Empire ottoman (succès qui se poursuit encore aujourd’hui, puisqu’on dit « fumer comme un Turc »), qu’il a atteint à la fin du XVIe siècle. Dans les premiers temps il était utilisé comme médicament mais son utilisation était critiquée par de nombreux docteurs du monde islamique, qui dénonçaient sa dangerosité, au point que le sultan Murad IV en 1633 interdit de fumer, mais évidemment sans grand succès ; le successeur de Murad IV, le sultan Ibrahim, dit le Fou, révoqua l’interdiction et imposa une taxe et en 1682, il s’avérait que les hommes et les femmes du monde islamique s’étaient désormais convertis à son usage.

La culture du tabac s’est développée en Amérique du Nord à partir de 1602, initialement avec Nicotiana rustica et plus tard avec Nicotiana tabacum, importé des Bermudes, et est rapidement devenu l’une des plus grandes ressources qui, avec le coton a stimulé le développement des états du sud et l’importation d’esclaves d’Afrique. Il semble que la première culture réellement productive de tabac en Amérique du Nord ait été implantée en Virginie par John Rolfe (1585-1622), mari de la célèbre Indienne Pocahontas. Dans la seconde moitié du XIXe siècle l’usage du tabac, fumé ou mâché atteint dans l’Amérique du Nord rurale une énorme diffusion, avec des femmes et même des enfants de 8 ans devenus de gros fumeurs de pipes faites de rafles de maïs (Huckleberry Finn, le gamin protagoniste du roman éponyme de Mark Twain, a toujours une pipe dans la bouche quand il parvient à échapper aux éducateurs intrusifs). Une histoire des états du sud écrite dans ces années-là, décrit les jets continus de salive jaunâtre qui polluaient les planchers malgré les crachoirs disposés partout. On estime que les fumeurs de cigarettes sont plus d’un milliard dans le monde.

La prise de conscience des effets graves du tabac sur la santé a stimulé dans de nombreux pays des campagnes anti-tabac et des législations restrictives qui, dans les pays développés, ont conduit à une réduction significative de la consommation. Au contraire, dans de nombreux pays en voie de développement, on assiste à une augmentation de plus de 3 % par an. Actuellement, les plus grands consommateurs sont les pays des Balkans et ceux de l’ex-Union soviétique, avec en tête la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et la Russie, ainsi que certains pays asiatiques.

Les parasites du tabac

Bien que la teneur en substances toxiques du tabac soit élevée au point de décourager la plupart des phytophages (le tabac contient entre autres les germacrènes, substances à activité antimicrobienne et insecticide), pourtant de nombreux insectes se nourrissent des feuilles et représentent un problème pour les cultures. Les exemples sont les chenilles de différents Lepidoptera du genre Manduca ou des Chrysomelidae du genre Epitrix, qui ont notamment causé des dégâts importants à la fin du XIXe siècle.

Le virus de la mosaïque du tabac mérite une mention spéciale pour diverses raisons. Ce virus hautement infectieux se transmet directement par contact (une source d’infection sont les mains des agriculteurs, sans besoin de vecteurs), et infecte non seulement le tabac mais aussi la tomate, la pomme de terre, la betterave à sucre et de nombreuses autres plantes d’intérêt économique. Comme son nom l’indique, la maladie se manifeste par l’apparition de taches jaunâtres ou brunes sur les feuilles. L’infection endommage les chloroplastes et la réduction consécutive de la photosynthèse provoque un grave dépérissement de la plante. Le virus est non pathogène pour l’homme ou les animaux. Il s’agit du premier virus à avoir été découvert, grâce aux études menées entre 1892 et 1898, qui ont démontré pour la première fois l’existence d’un agent infectieux capable de traverser les filtres en porcelaine utilisés pour la stérilisation des liquides, et donc plus petit que toutes les bactéries (le terme « virus filtrable » a donc été inventé, entendant comme « virus » en général tout agent pathogène. Plus tard le terme a été raccourci en « virus » tout court). En 1935, on a réussi à cristalliser le virus (Prix Nobel en 1946), démontrant son extrême simplicité chimique (il est formé uniquement d’une molécule d’ARN et de copies multiples d’une seule protéine) et on a prouvé que, en combinant la molécule d’ARN et la protéine on reforme un virus fonctionnel. Enfin, ces dernières années, il a été possible de synthétiser complètement en laboratoire le virus biologiquement actif.

Tabac et recherche scientifique

Nicotiana tabacum est l’une des plantes les plus étudiées, non seulement en recherche appliquée, étant donné son grand intérêt économique, mais aussi en recherche fondamentale. Cette plante est en effet caractérisée par une reproduction et une croissance rapides et est facilement modifiable génétiquement (production d’OGM à des fins de recherche). Pour ces raisons, le tabac a été utilisé pour de nombreuses études d’intérêt général, notamment sur la régulation de la multiplication cellulaire (cycle cellulaire), sur la réponse des plantes aux pathogènes, sur les mécanismes de synthèse de nombreuses substances et sur le stress oxydatif.

Poi vengono fatte Puis on les fait maturer à l'ombre. Le tabac est une drogue dangereuse © Giuseppe Mazzamaturare all'ombra. Il tabacco è una droga pericolosa © Giuseppe Mazza

Puis on les fait maturer à l’ombre. Le tabac est une drogue dangereuse © Giuseppe Mazza

Utilisations médicales

Les premiers explorateurs des Amériques ont rapporté que les indigènes utilisaient le tabac comme narcotique et pour traiter les abcès, les ulcères, les brûlures, et bien d’autres pathologies telles que les maux de tête, la toux et la diarrhée. Amerigo Vespucci signale également l’utilisation du tabac pour préparer un dentifrice (cette utilisation est encore très répandue en Inde où un produit est également commercialisé). Les Incas cultivaient le tabac qu’ils utilisaient à des fins médicinales. Le tabac est largement utilisé en médecine traditionnelle dans de nombreux pays, en particulier en Amérique du Sud.

Les feuilles, fraîches ou séchées, macérées de différentes manières sont utilisées pour induire une anesthésie ou des vomissements, pour traiter les plaies infectées, les dermatites, les mycoses cutanées, pour prévenir la calvitie, pour traiter la dysménorrhée ou pour provoquer les accouchements, comme anthelmintique, contre les morsures de serpent, contre les rhumatismes, comme insectifuge ou contre les poux. La pratique herboriste européenne a largement utilisé le tabac avec les indications les plus diverses, par exemple comme antispasmodique, diurétique, anti émétique, expectorant, sédatif, anti-nauséeux et pour le traitement du mal de mer. Appliqué par voie externe il était utilisé comme antirhumatismal, contre les affections cutanées et contre la piqûre des scorpions ou des insectes. Les lavements au tabac ont été utilisés dans le passé contre les douleurs abdominales et la noyade.

Utilisations magiques et rituelles

Les Mayas considéraient le tabac comme une plante sacrée et l’utilisaient comme drogue pour induire la transe et des visions pour entrer en contact avec les divinités. Ils utilisaient également des infusions à administrer comme clystère pour obtenir la transe. Même certaines populations contemporaines du Mexique utilisent des feuilles pour préparer des infusions à des fins rituelles. Il faut se rappeler que ces populations, ainsi que les Indiens d’Amazonie, utilisaient et utilisent encore l’espèce Nicotiana rustica qui a une teneur en nicotine près de dix fois plus élevée que Nicotiana tabacum et contient de très grandes quantités de bêta-carboline et possède donc des propriétés narcotiques et hallucinogènes très puissantes. Nicotiana rustica est encore largement utilisé pour provoquer des transes mystiques chez les chamans de nombreux peuples indigènes sud-américains. Les feuilles sont utilisées pour préparer des infusions à boire ou à utiliser comme clystère, mâchées, fumées ou pour produire une fumée à introduire par clystère. Le tabac entre également dans la composition de l’Ayahuasca (ayawasca en langue quechua), boisson sacrée hallucinogène amazonienne et andine, à base principalement de Banisteriopsis caapi, une Malpighiaceae riche en alcaloïdes bêta-carboliniques. Un usage particulier des populations amérindiennes du Canada était de préparer un collyre supposé provoquer la vision des esprits.

Comme on le voit dans tous les westerns, les « Indiens Peaux Rouges » d’Amérique du Nord avaient l’habitude de fumer la « pipe de la paix » ou « calumet » à des fins rituelles et propitiatoires. La pipe contenait un mélange d’herbes, appelé par certaines des populations indigènes « Kinnikinnick » composé généralement de Nicotiana rustica et d’autres plantes à action psychotrope, comme la stramonium. Beaucoup d’explorateurs qui ont essayé Kinnikinnick disent qu’ils l’ont grandement apprécié en tant que substitut du tabac. Il est à noter que le terme « calumet » n’est pas un mot des langues amérindiennes, mais dérive du mot français chalumeau (du grec calamos, cane), qui indique un instrument de musique similaire à la clarinette utilisé aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Synonymes pour le genre Nicotiana :

Amphipleis Raf.;
 Blenocoes Raf.;
 Dittostigma Phil.;
 Eucapnia Raf.;
 Langsdorfia Raf.;
 Lehmannia Spreng.;
Perieteris Raf.;
 Polydiclis (G.Don) Miers;
 Sairanthus G.Don
Siphaulax Raf.;
 Tabacum Gilib.;
 Tabacus Moench
Waddingtonia Phil.

Synonymes de Nicotiana tabacum :

Nicotiana chinensis Fish. Ex Lehm.; Nicotiana mexicana Schltdl.: Nicotiana mexicana var. rubriflora Dunal; Nicotiana pilosa Dunal; Nicotiana tabaca St.-Lag.

  

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