Restrepia limbata

Famille : Orchidaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Restrepia limbata, Orchidaceae

La Restrepia limbata est une épiphyte cespiteuse native des forêts de Colombie. Ses fleurs sont insolites et ses feuilles ont des teintes violacées sur leur face inférieure © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de la Colombie où elle vit sur les arbres de la forêt humide autour de 2000 à 2200 m d’altitude.

Le genre est dédié au naturaliste et homme politique colombien José Manuel Restrepo Veléz (1781-1863). Le nom de l’espèce est l’adjectif latin “limbatus, a, um” = ourlé, doté d’une bordure, par référence aux fleurs.

La Restrepia limbata Luer § R. Escobar (1982) est une espèce épiphyte cespiteuse qui a un rhizome rampant et des tiges unifoliées, minces, droites, longues de 5 à 8 cm et recouvertes sur toute leur longueur de gaines imbriquées.

Ses feuilles sont droites, ovées-elliptiques avec un apex aigu, longues de 4 à 6 cm, larges de 1,5 à 2 cm, coriaces, de couleur vert foncé en partie supérieure avec des teintes violacées en partie basse.

Restrepia limbata, Orchidaceae

Elle mériterait une plus grande diffusion horticole du fait de sa croissance facile et sa floraison presque continuelle © Giuseppe Mazza

Les inflorescences, portées sur un pédoncule mince et long d’environ 3 cm, naissent à l’arrière de la base de la feuille et sont produites successivement les unes après les autres durant une longue période. Elles portent une seule fleur. Le sépale dorsal, linéaire-lancéolé et effilé, se termine par un minuscule grossissement qui ressemble à une goutte. Il est long d’environ 2,5 cm, large de 0.3 cm et de couleur blanchâtre avec des rayures longitudinales rouge pourpre.  Les sépales latéraux sont oblongs-elliptiques et soudés presque jusqu’à l’apex en formant presque un sépale unique (ou synsépale) de 2,2 à 2,5 cm de long, 0,9 à 1 cm de large et de couleur blanchâtre avec des rayures longitudinales rouge pourpre.

Les pétales sont filiformes, dotés d’un minuscule grossissement à l’apex qui ressemble à une goutte, longs d’environ 1,5 cm et blanchâtres avec une fine rayure rouge pourpre à leur base. Le labelle est trilobé, long d’environ 1 cm, large de 0,3 cm et comporte des lobes latéraux courts et minces et un lobe médian oblong à l’apex légèrement bilobulé, charnu, verruqueux et de couleur pourpre. La colonne est mince, arquée, dilatée vers l’apex et longue d’environ 0,4 cm.

On reproduit cette plante au moyen de ses graines, in vitro, par division, chaque fragment devant alors comporter au moins 3 ou 4 tiges, et grâce aux jeunes plants qu’elle produit parfois à la base des feuilles ( en jargon savant “keiki”, ce qui veut dire “fils” en hawaïen) et que l’on peut prélever quand ils ont formé un bon appareil racinaire. De jeunes plants peuvent également être obtenus à partir d’une portion de tige dont on a introduit la feuille dans de la sphaigne maintenue humide. Après quelques mois une nouvelle plante se formera à la base de la feuille.

Cette espèce dont la floraison est presque permanente et qui forme rapidement des touffes épaisses est peu répandue malgré ses caractéristiques décoratives et sa culture facile. Elle a besoin d’un emplacement en partie à l’ombre, de températures moyennes, les minima nocturnes ne devant pas en hiver être inférieurs à 12 °C, d’une humidité élevée, de 70 à 80 %, et d’une ventilation permanente. On peut la disposer sur des morceaux de tronc, de l’écorce ou des radeaux de différentes natures bordés de sphaigne pour que les racines restent humides ou bien la cultiver en pot avec un compost qui peut être constitué de fragments d’écorce (bark) finement broyés et de charbon de bois complétés par de la sphaigne. Les arrosages doivent être réguliers, cette plante n’ayant pas de période de repos précise), et seulement légèrement espacés en hiver, mais sans jamais laisser le substrat sécher totalement, et à condition d’utiliser de l’eau de pluie, provenant d’osmose inversée ou déminéralisée.

Cette espèce est inscrite dans l’appendice II de la CITES (espèce dont le commerce est réglementé au niveau international).

 

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