Famille : Centropomidae

Texte © Giuseppe Mazza

Traduction en français par Michel Olivié

Centropomus undecimalis est un poisson long en général de 50 cm présent de la Caroline du Sud à Rio de Janeiro © www.carlosestape.photoshelter.com
Connu sous le nom de Brochet de mer, de Crossie blanc ou de Snook Centropomus undecimalis (Bloch, 1792) est inscrit dans la classe des Actinopterygii, les poissons aux nageoires rayonnées, l’ordre des Perciformes et la famille des Centropomidae qui compte un seul genre, Centropomus, et environ une douzaine d’espèces.
Le nom du genre Centropomus, créé par Lacépède en 1802 pour Centropomus lupus, le bar commun aujourd’hui appelé Dicentrarchus labrax, est issu de la combinaison du grec “kentron”, épine, et “poma”, couvercle, couverture, par référence aux épines présentes à l’angle de l’opercule alors que le nom de l’espèce undecimalis, donné par Bloch, rappelle les 11 rayons de la nageoire dorsale.
Zoogéographie
Centropomus undecimalis est présent de la Caroline du Sud et de la Floride au golfe du Mexique, aux Caraïbes, à l’Amérique centrale puis aux côtes du Brésil jusqu’à Rio de Janeiro.

Le profil de la tête est concave, avec une mâchoire inférieure proéminente. La ligne latérale, noire et très visible, traverse la nageoire caudale, puissant moteur du poisson.© Kevin Bryant
Écologie-Habitat
Sensible au froid, le Snook peut mourir à la suite de baisses soudaines de température. On le trouve en général dans des eaux peu profondes, jusqu’à 20 m, à des températures comprises entre 23,5 et 28,1 °C.
Il fréquente les lagunes, les mangroves et les embouchures des rivières et supporte divers taux de salinité.
Morphophysiologie
Bien que sa taille moyenne soit d’environ 50 cm Centropomus undecimalis peut atteindre 140 cm et un poids de 24,3 kg. Son corps est oblong, élancé, argenté sur les flancs et recouvert d’écailles rugueuses. Le profil de sa tête est légèrement concave. Sa bouche, grande et protractile, a une mâchoire inférieure proéminente. Les dents, petites, sont disposées en rangées. Le bord du pré-opercule est denté.

Centropomus undecimalis se nourrit de poissons et de crustacés de petite taille comme les crevettes © Kevin Bryant
La première nageoire dorsale est triangulaire. La seconde est plus longue que l’anale. Les nageoires pectorales ont 14 à 16 rayons. Les pelviennes ont un rayon dur et 5 rayons mous. La caudale, fourchue, permet de fortes accélérations . Le lobe supérieur est en général jaunâtre alors que le lobe inférieur est foncé. La ligne latérale est noire et traverse le pédoncule et toute la nageoire caudale.
Centropomus undecimalis est un poisson hermaphrodite protandre, ce qui veut dire qu’il est un mâle à la naissance et qu’il devient une femelle en grandissant. Ceci augmente les chances de reproduction parce que les mâles, bien que petits, peuvent féconder les œufs et que les femelles qui ont une grande taille sont plus prolifiques. Ainsi, à partir d’une certaine dimension mais aussi du fait de facteurs environnementaux et sociaux, en l’espace de quelques semaines ou de quelques mois les gonades mâles se transforment en ovaires. À l’inverse les poissons dits protogynes comme Epinephelus itajara, Cetoscarus ocellatus ou Lachnolaimus maximus ont des femelles qui en grandissant deviennent des mâles car ils doivent défendre un territoire ou un harem.
Éthologie-Biologie reproductive

Il est à son tour la proie des dauphins et de poissons de grande taille comme les requins et les barracudas. Les juvéniles doivent se méfier aussi des oiseaux © Squidpastry
Parfois cannibale Centropomus undecimalis se nourrit essentiellement de petits poissons et de crevettes et chasse en embuscade le plus souvent à l’aube et au crépuscule.
Pour la reproduction les mâles s’exhibent deux fois par an dans des aires de parade et effectuent de brusques accélérations, de petits sauts et des déplacements de côté pour prouver leur vigueur. Les femelles ne restent pas indifférentes et relâchent à côté de leur favori des milliers d’œufs flottants qui sont rapidement fécondés dans la colonne d’eau et montent vers la surface où ils sont dispersés par les courants. Les juvéniles grandissent dans les mangroves qui leur offrent le gîte et le couvert et remontent ensuite le cours des rivières avant de retourner à la mer pour se reproduire.
La résilience du Snook est moyenne, le temps minimal nécessaire au doublement de ses effectifs étant de 1,4 à 4,4 ans. Sa vulnérabilité à la pêche, modérément élevée, s’établit à 46 sur une échelle de 100.

Au cours de rassemblements, les mâles s’exhibent et font de brusques accélérations pour prouver leur vigueur. Les femelles, plus grandes, pondent des milliers d’œufs flottants dispersés à la surface. Les juvéniles grandissent entre les racines des mangroves, puis remontent les rivières avant de retourner à la mer pour se reproduire © www.carlosestape.photoshelter.com
Il est très prisé des pêcheurs sportifs en raison de sa combativité. Sa chair est appréciée mais sa peau doit être enlevée car en cuisant elle confère un goût de savon au poisson..Dans la nature les principaux prédateurs des adultes sont les dauphins et de gros poissons comme les requins et les barracudas alors que les juvéniles doivent se méfier aussi des oiseaux.
L’évolution de ses effectifs est mal connue et bien que l’on ait observé un déclin dans les Keys de la Floride il n’y a pas de diminutions significatives. Grâce à sa vaste répartition et aux mesures de protection Centropomus undecimalis figure depuis 2019 en tant que “LC, Least Concern“, c’est-à-dire “Préoccupation Mineure”, dans la Liste Rouge de l’UICN des espèces menacées.
Synonymes
Sciaena undecimalis Bloch, 1792; Centropomus argenteus Regan, 1904.
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