Acanthus mollis

Famille : Acanthaceae


Texte © Prof. Pietro Pavone

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Espèce propre à l’Europe méditerranéenne Acanthus mollis a été introduit à cause sa beauté dans diverses régions au climat comparable © Giuseppe Mazza

L’Acanthe à feuilles molles (Acanthus mollis L.) est une espèce propre à l’Europe méditerranéenne (Grèce, Italie, Turquie d’Europe, ex-Yougoslavie) mais a été introduite en France, en Angleterre, au Portugal, dans l’archipel des Açores, en Espagne, aux îles Baléares, au Maroc, aux îles Canaries et dans le centre du Mexique.

Le nom du genre Acanthus vient du terme grec “akantha” = épineuse, en raison des bractées épineuses de l’inflorescence, lui-même issu de “aké” = pointe, aiguille et de “anthos” = fleur. Le nom de l’espèce mollis fait référence aux feuilles qui sont molles et souples.

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Les fleurs, tout aussi élégantes que les feuilles, sont disposées en forme d’inflorescences en épi parfois denses © Giuseppe Mazza

Dans la mythologie grecque Akantha était une nymphe qu’Apollon désirait ardemment mais elle le repoussa et le griffa au visage. Pour la punir le dieu la transforma en une fleur épineuse d’acanthe.

Acanthus mollis est une plante herbacée haute de 50 à 150 cm qui à l’arrivée de l’hiver perd sa partie aérienne mais conserve son appareil racinaire qui reste en permanence dans le sol et assure la reprise végétative à l’arrivée du printemps.

Cette plante a des tiges droites, simples, cylindriques et un peu ligneuses à leur base.

Les feuilles basales sont dépourvues d’épines, faiblement poilues sur leur face supérieure, pubescentes le long des nervures de leur face inférieure et sur le pétiole, longues jusqu’à 80 cm et coriaces.

Les limbes foliaires sont de couleur verte, luisants, plus foncés en partie supérieure et pennatipartites avec 6 à 7 lobes incisés-dentés.

Les feuilles caulinaires (les feuilles du haut) ont des dimensions réduites et peuvent mesurer 1,5 à 4 cm x 1 à 2,5 cm. Elles sont sessiles (dépourvues de pétioles), dotées d’épines et ont un profil  ové-lancéolé.

Les fleurs sont disposées en forme d’inflorescences en épi parfois denses.

Chaque fleur est placée à l’aisselle d’une bractée et de 2 bractéoles latérales au bord entier ou subépineux longues jusqu’à un peu plus de 2 cm. Le calice est persistant et possède des sépales soudés à la base. Les bractées, de même que le calice, ont une couleur rouge pourpre intense, surtout le long des nervures et sur les bords. La corolle est blanche, rouge sur les nervures, longue jusqu’à 5 à 6 cm et a une seule lèvre trilobée qui sort légèrement du calice.

L’androcée est formé de 4 étamines épicorolles. Le gynécée est constitué d’un ovaire biloculaire surmonté d’un long style persistant et jaunâtre et d’un stigmate bifide.

Le fruit est une capsule loculicide, ovoïde et coriace de 2 à 3,5 cm qui éclate à maturité en expulsant 4 graines de couleur brun rougeâtre, ovoïdes, rugueuses et bosselées de 12 à 15 mm.

Elle fleurit pendant la période estivale.

On la reproduit fin mars au moyen de ses graines ou, plus facilement, en automne en transplantant sa partie souterraine. Elle a besoin d’un sol profond et léger.

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Le calice est persistant. La corolle est blanche, rouge au niveau des nervures, longue jusqu’à 5 à 6 cm et dotée d’une seule lèvre trilobée qui sort légèrement du calice. L’androcée est formé de 4 étamines épicorolles. Le gynécée est constitué d’un ovaire biloculaire surmonté d’un long style persistant et jaunâtre et d’un stigmate bifide © Giuseppe Mazza

Cette plante préfère les endroit chauds et humides et elle est par conséquent souvent utilisée dans un but décoratif vu qu’elle est apte à embellir les endroits les plus ombragés des jardins. Cependant, comme elle se propage aisément, on doit la confiner dans des planches de terrain appropriées pour empêcher que son appareil racinaire ne s’étende plus loin.

Les fleurs sèches sont employées par les fleuristes pour les compositions florales.

L’Acanthe résiste au froid. En effet des gelées persistantes peuvent endommager sa partie aérienne mais non sa partie souterraine qui repartira au printemps.

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Détail d’un épi avec des fruits en formation et à droite d’un fruit mûr. C’est une capsule loculicide, ovoïde, coriace qui éclate à maturité en expulsant 4 graines © G. Mazza

L’Acanthe est connue pour ses propriétés curatives depuis l’Antiquité. Pedianus Dioscoride (environ  40-environ 90) dans son traité De materia medica conseillait des compresses de racines d’acanthe pour soigner les brûlures et protéger les articulations luxées. Autrefois les feuilles, riches en mucilages, étaient utilisées en cataplasme pour soigner les inflammations, les piqûres d’insecte et contre la tuberculose.

À l’heure actuelle l’acanthe figure dans diverses pharmacopées européennes et est utilisée, en infusion, comme émollient en raison de ses propriétés sédatives et astringentes et pour combattre les irritations de l’appareil pharyngé et de l’appareil digestif.

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Fruit ouvert et graines. La reproduction s’effectue fin mars au moyen des graines ou, plus facilement, en automne en transplantant la partie souterraine © Giuseppe Mazza

L’Acanthe peut être attaquée par des mollusques gastéropodes terrestres tels que les escargots et les limaces qui se nourrissent de ses jeunes feuilles.

Curiosité

Pline l’Ancien (23-79 ap. J.C.) dans sa Naturalis historia, une grande encyclopédie de l’époque en 37 volumes, proposait d’ajouter des plants d’acanthe dans les jardins des Romains pour augmenter leur beauté (liber XXII).

Acanthus mollis, Acanthaceae, Acanthe à feuilles molles

Cette espèce herbacée haute de 50 à 150 cm perd l’hiver sa partie aérienne qui repoussera au printemps. Elle préfère les endroits frais et humides des jardins ombragés © Giuseppe Mazza

Marcus Vitruvius Pollio, connu sous le nom de Vitruve (environ 80 av. J.C.-environ 15 av. J.C.) , écrit dans son traité De architectura que l’architecte Callimaque (Ve siècle av. J.C.), en remarquant  l’élégance des feuilles d’acanthe que l’on avait sorties d’un panier votif posé sur la tombe d’une jeune fille morte prématurément, s’en est inspiré pour la réalisation des décorations des chapiteaux corinthiens.

Synonymes : Acanthus hispanicus Loudon ; Acanthus latifolius E.Goeze ; Acanthus longifolius Poir. ; Acanthus lusitanicus auct. ; Acanthus niger Mill. ; Acanthus platyphyllus Murb. ; Acanthus spinosissimus Host [nom illégitime].

 

 

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