Alliaria petiolata

Famille : Brassicaceae


Texte © Prof. Pietro Pavone

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Alliaria petiolata

Originaire de l’Europe, de l’Ouest et du centre de l’Asie et du Nord-Ouest de l’Afrique Alliaria petiolata pousse en bordure des forêts et des lieux ombragés jusqu’à 1700 m © Jean Louis Verbruggen

Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara § Grande, connue sous les noms d’Herbe à ail ou d’Alliaire officinale, est une espèce originaire de l’Europe, de l’Ouest et du centre de l’Asie et du Nord-Ouest de l’Afrique.

Elle a été introduite en Amérique du Nord comme plante comestible en 1860 mais elle s’est échappée des cultures et s’est rapidement naturalisée en devenant une espèce invasive cosmopolite.

Alliaria petiolata

Les feuilles basales sont rondes ou cordiformes, longues 10-15 cm et larges 5-9 cm. Les caulinaires, de 3-8 cm, plus petites vers le sommet de la plante, sont alternes, en forme de losange, brièvement pétiolées et aux dents pointues © Giuseppe Mazza

Elle vit dans les fourrés humides, en bordure des forêts et dans d’autres lieux situés à l’ombre, parfois marginaux, sur un sol fertile et argileux depuis le bord de mer jusqu’à 1700 m d’altitude.

Le nom du genre tire son origine de l’odeur et du goût d’ail que cette plante dégage quand elle est froissée. L’épithète de l’espèce fait référence au long pétiole de ses feuilles.

C’est une plante herbacée bisannuelle haute de 30 à 80 cm qui possède une tige érigée, pubescente et simple ou ramifiée en partie haute.

Les feuilles basales ont un pétiole de 1 à 3 cm et sont rondes ou cordiformes, longues de 10 à 15 cm, larges de 5 à 9 cm et grossièrement dentées. Elles se fanent au moment de la floraison.

Les feuilles caulinaires sont alternes, en forme de losange, dotées de courts pétioles, bordées de dents pointues et longues en moyenne de 3 à 8 cm. Leurs dimensions diminuent progressivement en allant vers le sommet de la plante.

La floraison survient la seconde année au printemps. Chaque plante produit en général une seule tige peu ou non ramifiée.

L’inflorescence est un corymbe terminal, parfois axillaire, qui s’allonge lors de la fructification.

Les fleurs ont des sépales longs de 2,5 mm, verdâtres, disposés en paires latérales et à la base non sacciforme et des pétales cruciformes blancs de 2×5 à 5 mm, oblancéolés, à griffe bien différenciée du limbe.

Les étamines sont au nombre de 6, légèrement tétradynames, et ont des filaments longs de 2 à 4 mm. Les anthères, oblongues, ont un apex obtus et sont longues d’environ 0,6 à 1 mm. L’ovaire est supère, bicarpellaire et syncarpique. Il renferme de nombreux ovules et possède un court style persistant et un stigmate simple ou bifide. La pollinisation est assurée par des papillons et des abeilles.

Les fruits sont des siliques érigées ou étalées-érigées, linéaires, longues de 4 à 6 cm, de section subtétragonale et sont portés par des pédoncules renflés. Les siliques, d’abord de couleur verte, deviennent gris marron à maturité et renferment deux rangées de graines noires et brillantes qui ne sont pas mucilagineuses quand elles sont mouillées. Elles comportent des stries longitudinales et se détachent au milieu de l’été.

Alliaria petiolata

L’abondante floraison survient la seconde année au printemps. Chaque plante produit en général une seule tige. La pollinisation est assurée par des papillons et des abeilles © Richard Collier

Une seule plante peut produire des centaines de graines qui se dispersent loin de la plante mère.

Les jeunes feuilles sont largement utilisées en cuisine à la place de l’ail mais sont plus digestes et sont ajoutées aux salades, aux soupes, aux garnitures de rôtis et dans beaucoup d’autres préparations culinaires. En Grande-Bretagne on s’en sert pour aromatiser les sandwichs.

Les graines du fait de leur huile essentielle qui est semblable à celle de la moutarde sont employées pour aromatiser les plats ainsi que les hors-d’oeuvre en raison de leur aptitude à stimuler l’appétit.

Alliaria petiolata

Cultivée pour ses propriétés médicinales et utilisée en cuisine à la place de l’ail, est aujourd’hui une espèce cosmopolite, souvent envahissante dans les zones anthropisées © Per Arvid Åsen

Cette plante a de plus des propriétés médicinales. On s’en sert comme antiseptique, désinfectant, diurétique et pour soigner les bronchites, les plaies et les coupures. Les feuilles contiennent des vitamines A et C.

Synonymes

Arabis petiolata M. Bieb., Alliaria alliacea Britten & Rendle, Alliaria officinalis Andrz. ex M. Bieb., Erysimum alliaceum Salisb., Erysimum alliaria L., Sisymbrium alliaria (L.) Scop.

 

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