Ananas lucidus

Famille : Bromeliaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Ananas lucidus, Bromeliaceae

Plante d’appartement aux fibres ayant un avenir industriel © G. Mazza

L’ Ananas lucidus Mill. (1768) est originaire du Brésil, de l’Équateur, de la Guyane française, du Pérou et du Venezuela.

Le nom du genre vient de “nanas” qui signifie en langue guarani fleur, parfum. Le nom de l’espèce est le mot latin “lucidus” = luisant, brillant par allusion aux feuilles qui sont brillantes en partie supérieure.

Noms communs : dwarf pineapple, wild ananas (anglais), abacaxi de salao, abacaxi ornamental, kulaiwat (portugais), curagua, curana, curaua, curaua de Amazonia, pina ornamental, pitte (espagnol).

C’est une espèce herbacée, sempervirente, monocarpique (elle ne fructifie qu’une fois et meurt ensuite), acaule, terrestre, dotée d’un certain polymorphisme et constituée d’une épaisse rosette de feuilles lancéolées d’une largeur pouvant atteindre environ 60 cm de diamètre.

Les feuilles, longues de 0,7 à 1 m, larges au centre de 3 à 4 cm, rigides et ascendantes, aux apex dotés d’une épine robuste et de bords inermes, ont dans leur partie supérieure une couleur verte et brillante qui en plein soleil prend des teintes bronze, et une couleur gris vert en partie basse du fait de la présence de petites écailles argentées. Il existe également dans la nature des spécimens dont les feuilles ont une couleur bronze rougeâtre plus ou moins vive.

L’inflorescence au centre de la rosette est constituée d’un scape floral long jusqu’à environ 80 cm, de couleur verte, recouvert d’un fin duvet blanchâtre et comportant des bractées lancéolées, pointues qui ressemblent aux feuilles.

Le scape se termine par une inflorescence constituée d’un épi long d’environ 4 cm et large de 3 cm de fleurs hermaphrodites entourées de bractées de couleur rosée. L’épi porte à son sommet une épaisse rosette de feuilles qui est entourée par la suite de nombreuses rosettes plus petites.

Les fleurs ont des sépales charnus de couleur verte aux bords rougeâtres et des pétales longs d’environ 15 mm, larges de 3 mm et de couleur blanche à leur base et bleu violet à leur extrémité.

Le fruit, qui subsiste longtemps sur la plante, est un syncarpe (un fruit composé) d’environ 5 cm de diamètre et de 6 à 8 cm de haut, de couleur jaune rosé à rouge clair, qui résulte de la fusion des ovaires parvenus à maturité avec la base des sépales et des bractées et dont les tissus en grossissant deviennent charnus. Le fruit, très fibreux, n’est pas comestible et contient habituellement peu de graines et parfois aucune.

On reproduit facilement cette espèce par voie végétative grâce aux nouveaux plants qui se forment à partir des bourgeons axillaires au milieu des feuilles et des “touffes” de feuilles situées au-dessus du fruit. Récemment, au Brésil, on a commencé sa multiplication à grande échelle par micropropagation pour la production de plantes décoratives destinées à l’exportation, en particulier en Europe et aux États-Unis.

C’est une espèce très décorative tant grâce à ses feuilles, en particulier celles des variétés aux feuilles de couleur vert bronze ou bigarrée, qu’à ses infrutescences de longue durée. On peut la cultiver à l’extérieur seulement dans les zones aux climats tropical et subtropical humide vu qu’elle est assez sensible aux basses températures. On peut l’utiliser sous forme d’exemplaire isolé ou en groupe, en plein soleil ou sous un léger ombrage, sur des substrats très aérés, poreux, drainants et de préférence sableux.

Ailleurs on la cultive en pot sur des substrats ayant les mêmes caractéristiques que celles convenant à la culture en extérieur. Elle doit être utilisée dans des milieux très lumineux avec des températures supérieures à 14 à 16 °C, l’idéal étant de 20 à 22 °C. Les arrosages doivent être réguliers en été, mais en laissant sécher la couche superficielle du terreau avant de remettre de l’eau, et espacés en hiver.

Malgré la longueur de ses feuilles elle n’occupe pas beaucoup d’espace étant donné leur développement dans le sens vertical ce qui l’a rend particulièrement appropriée, vu aussi l’absence d’épines sur les bords, à la décoration des intérieurs.

Cette espèce connaît aussi des emplois autres que celui de la décoration. Elle est en effet cultivée depuis des temps reculés par les populations indigènes qui extraient de ses feuilles les fibres, particulièrement résistantes, minces, flexibles et de longue durée qu’ils utilisent pour la fabrication de cordes, de tissus et de divers objets artisanaux.

Ces dernières années ces fibres ont également trouvé un emploi dans les applications industrielles, et l’on prévoit son développement dans le futur, en particulier dans l’industrie automobile pour la production de matériaux biodégradables en remplacement de la fibre de verre, dont la résistance est environ deux fois moins élevée, dans les équipements intérieurs des voitures.

Synonymes : Ananas glaber Mill. (1768) ; Bromelia ananas var. inermis Pers. (1805) ; Bromelia lucida (Mill.) Willd. (1809) ; Bromelia semiserrata Willd. (1809) ; Ananas semiserratus (Willd.) Schult. & Schult.f. (1830) ; Bromelia glabra (Mill.) Schult. & Schult.f. (1830) ; Bromelia subspinosa J.C.Wendl. ex Schult. & Schult.f. (1830) ; Ananassa lucida (Mill.) Lindl. (1837) ; Ananassa semiserrata (Willd.) D.Dietr. (1840); Bromelia inermis Steud. (1840) ; Ananassa mordilona Linden (1869) ; Ananassa bracamorensis Linden (1878) ; Ananas mordilona (Linden) E.Morren (1879) ; Ananas bracamorensis (Linden) Antoine (1885) ; Ananas sativus var. lucidus (Mill.) Baker (1889) ; Ananas proliferus Baker (1889) ; Ananas sativus f. mordilona (Linden) Bertoni (1919) ; Ananas sativus f. typicus Bertoni (1919) ; Ananas comosus f. lucidus (Mill.) Mez (1935) ; Ananas erectifolius L.B.Sm. (1939) ; Ananas sativus var. duckei Camargo (1939) ; Ananas comosus var. erectifolius (L.B.Sm.) Coppens & F.Leal (2002).

 

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