Couroupita guianensis

Famille : Lecythidaceae


Texte © Pietro Puccio

 

“serge.gif"
Traduction en français par Serge Forestier

 

L’arbre à boulets de canon (Coroupita guianensis) atteint les 30 m © Giuseppe Mazza

L’arbre à boulets de canon (Coroupita guianensis) atteint les 30 m © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire d’Amérique centrale et méridionale tropicale (Brésil, Colombie, Costa-Rica, Equateur, Guyane, Guyane française, Panama, Pérou, Surinam et Venezuela), où elle croit dans les forêts humides denses , souvent le long des fleuves, à basse altitude.

Le nom de genre est celui des indigènes de la Guyane française “couroupitoutoumou”.

Le nom d’espèce fait référence au lieu d’origine.

Noms communs : cannonball-tree (anglais) ; abricot sauvage, arbre à bombes, arbre à boulets de canon (français) ; abricó-de-macaco, abricoteiro-de-macaco, amêndoa-dos-andes, castanha de macaco, curupita, macacarecuia (portugais du Brésil) ; bala de cañón, bola de cañón, coco de mono, granadillo de las huaca, mamey hediondo, maraco, muco, palo de paraíso, palo santo, taparo de monte (espagnol) ; kanonenkugelbaum (allemand).

Couroupita guianensis Aubl. (1775) est un arbre sempervirent ou semi sempervirent (il peut perdre ses feuilles plusieurs fois par an puis il les remplace en l’espace de quelques jours), qui peut atteindre environ 30 m de hauteur et dépasser 70 cm de diamètre, à l’écorce gris brunâtre légèrement fissurée longitudinalement.

Les feuilles, groupées à l’extrémité des branches, sont alternes, ovales ou lancéolées avec une marge entière ou légèrement dentée, longues de 10 à 20 cm et larges de 4 à 10 cm de couleur vert intense. Les fleurs, intensément parfumées, de 8 à 12 cm de diamètre, produites durant une grande partie de l’année, sont portées par des racèmes ligneux mesurant jusqu’à deux mètres de long qui naissent sur le tronc (cauliflore) ou à la base des branches principales.

La corolle est constituée de six pétales charnus, concaves, ronds, dont deux d’entre eux sont plus grands, de couleur allant de l’orange au rose, au rouge à l’intérieur, souvent jaunâtre extérieurement, avec un disque central blanc, et de nombreuses étamines divisées en deux groupes, un fertile autour du pistil, et un d’étamines stériles longues de 2 cm, réunies en une sorte de capuchon sur le pistil.

Les fleurs parfumées sont pollinisées par de grandes chauve-souris tropicales © Giuseppe Mazza

Les fleurs parfumées sont pollinisées par de grandes chauve-souris tropicales © Giuseppe Mazza

Les fruits, qui mettent près d’un an pour mûrir, sont globuleux, de 10 à 20 cm de diamètre, ligneux, de couleur brune, contenant quelques centaines de graines minuscules à moitié immergées dans une pulpe blanche, d’odeur agréable lorsque le fruit est à peine mûr, mais qui devient rapidement bleuâtre à peine exposée à l’air et d’odeur nauséabonde.

La pulpe est comestible et parfois consommée localement, mais l’odeur décourage l’usage alimentaire, excepté pour les animaux. Il se reproduit à partir des graines qui doivent être plantées toutes fraîches car leur durée germinative est réduite, ou par rejet. C’est l’un des arbres les plus curieux et les plus ornementaux, le tronc des spécimens adultes peut être couvert de fleurs et de fruits, présents en même temps, les fleurs durent un seul jour, mais sont produites successivement et en grand nombre.

Espèce de climat tropical et de façon marginale subtropical humide, elle peut supporter des abaissements de température exceptionnels jusqu’à -1 °C pendant une courte durée.

Bien que dans la nature elle vive sur des sols humides pratiquement en permanence et parfois inondés, elle s’adapte également à des climats hautement saisonniers supportant des périodes de sécheresse.

Utilisé surtout comme curiosité botanique, dans les parcs et les jardins de grandes dimensions en ayant soin d’éviter les lieux de passage et de stationnement en raison du danger représenté par le poids des fruits qui peuvent tomber à n’importe quel moment.

Toutes les parties de la plante sont utilisées en médecine traditionnelle. L’enveloppe externe (exocarpe) ligneuse du fruit est utilisée localement comme récipient, la partie supérieure du fruit se détachant en fait facilement comme un couvercle, et à des fins ornementales.

L’arbre, en plus d’être sacré pour les populations autochtones d’Amazonie, l’est également devenu chez les hindous et il est planté dans les temples dédiés à Shiva en Inde.

Synonymes : Lecythis bracteata Willd (1799); Pekea couroupita Juss. ex DC. (1828); Couroupita surinamensis Mart. ex Berg (1858); Couroupita peruviana O.Berg (1862); Couroupita antillana Miers (1874); Couroupita membranacea Miers (1874); Couroupita froesii R.Knuth (1934); Couroupita saintcroixiana R.Knuth (1934); Couroupita venezuelensis R.Knuth (1934); Couroupita acreensis R.Knuth (1939); Couroupita idolica Dwyer (1965); Couratari pedicellaris Rizzini (1976).

 

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des LECYTHIDACEAE cliquez ici.

 

error: Content is protected !!