Crotalus basiliscus

Famille : Viperidae

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Testo © Dr. Gianni Olivo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Crotalus basiliscus, Viperidae

Le Crotale vert mexicain (Crotalus basiliscus) peut être aussi jaunâtre ou ocre avec des motifs © Giuseppe Mazza

Le Crotale vert mexicain (Crotalus basiliscus Cope, 1864) est un Vipéridé (Viperidae) appartenant à la sous-famille des Crotalinés (Crotalinae) et spécifique des plaines côtières de l’Ouest du Mexique bordant l’Océan Pacifique. C’est un serpent de grandes dimensions dont la dangerosité est un peu surévaluée par les populations locales et qui est connu aussi sous le nom de Cascabelle vert en raison du fait qu’il a une certaine ressemblance avec le redoutable Crotalus durissus, un des plus dangereux serpents d’Amérique.

Il a de fait une longueur moyenne de 1,5 m, le record s’établissant à 2,05 m, et un diamètre conséquent,  ce qui lui donne un aspect massif même s’il n’est pas trapu comme certains gros vipéridés africains (Bitis gabonica gabonica, Bitis nasicornis). Son corps n’a pas une section de forme arrondie ou triangulaire mais plutôt grossièrement rectangulaire.

Ses dimensions peuvent bien entendu influer notablement sur sa dangerosité, dès lors que l’on parle d’un serpent nerveux et agressif,  tant par la longueur de ses crochets qui chez cette espèce peuvent atteindre 25 mm et sont capables d’injecter leur venin profondément (et même, si l’on est malchanceux, dans un vaisseau sanguin  ce qui entraîne des effets beaucoup plus rapides) que par  la distance à laquelle il peut frapper. Tous ces facteurs, joints à une très mauvaise réputation pas toujours parfaitement méritée, en font un animal très redouté dans les zones où il est commun. La précision “pas toujours méritée” ne vise pas à minimiser son caractère dangereux mais se réfère au fait que comme presque tous les serpents le Crotalus basiliscus non plus ne considère pas l’homme comme une proie et s’efforce d’éviter dans la mesure du possible de le rencontrer.

Malheureusement, comme c’est le cas chez une grande partie des vipéridés, avec ou sans les fossettes thermoréceptrices présentes chez cette espèce comme chez tous les crotalinés,  c’est un animal qui assure souvent sa sécurité et sa défense contre les prédateurs non pas en s’enfuyant rapidement mais en restant immobile, une technique dont il se sert aussi souvent pour la chasse, la tactique de l’embuscade qu’il utilise en comptant sur son mimétisme étant celle qu’il préfère.

De ce fait il  n’est pas inhabituel de passer près de lui ou de le heurter du pied ou même de lui marcher dessus et dans ces cas sa réaction est fulgurante.

Sa tête est longue,  aplatie et grossièrement triangulaire. Ses yeux ont une pupille elliptique et verticale. Ses fossettes thermoréceptrices sont bien visibles.

Crotalus basiliscus, Viperidae

La tête avec sa typique fossette à rayons infrarouges et la queue avec sa sonnette © Giuseppe Mazza

Les jeunes ont sur la tête une tache foncée qui toutefois s’estompe et disparaît avec le temps alors que les adultes possèdent une rayure foncée derrière et sous les yeux.

La couleur de la tête est en général plus claire que celle du reste du corps qui est verte avec des tons différents, voire jaunâtre ou encore tendant vers l’ocre. Elle comporte des motifs bien apparents de forme rhomboïdale ou en diamant et de couleur rougeâtre mais avec des parties centrales et des bords plus clairs.

Les individus jeunes ont une couleur de fond plus rougeâtre mais les taches sont identiquement visibles. Les parties ventrales sont plus claires que le dos et les flancs.

Une étrange caractéristique des individus de grandes dimensions est la nette saillie formée par les apophyses  épineuses des vertèbres qui forment une sorte de crête dorsale absente chez le Crotale cascabelle (Crotalus durissus) et qui facilite son identification. Sa queue, grise ou blanchâtre, fait ressortir 6 à 12 rayures transversales foncées qui lui donnent un aspect “zébré”.

De moeurs terricoles et nocturnes il chasse surtout des petits mammifères, en particulier des rongeurs (lapins, souris, rats, écureuils ) mais il peut aussi s’attaquer à des nichées d’espèces nidifiant sur le sol, à des amphibiens et à des reptiles.

Comme beaucoup d’autres serpents il est particulièrement actif après les pluies et il peut aussi dans ce cas chasser le jour. Les heures de la matinée sont celles qu’il préfère pour “bronzer” dans des endroits ensoleillés ou sur une route afin de capter la chaleur. S’il est dérangé il adopte une posture de défense et d’attaque caractéristique des autres crotales et de beaucoup de vipères, comme la Bitis arietans, la tête levée et tirée en arrière, et agite rapidement sa partie caudale, une caractéristique bien connue,  typique des crotalinés.

Il injecte son venin à de fortes doses bien qu’elles n’atteignent pas le niveau des crotales diamantins . La dose moyenne est d’environ 100 mg. Non encore parfaitement étudié il a un effet cytotoxique et hémotoxique mais non l’effet neurotoxique de la morsure du crotale cascabelle (Crotalus durissus), une des plus mortelles des crotales américains. Ses morsures donc,  bien qu’elle ne soient pas rares, ne semblent pas causer une mortalité élevée,  peut-être aussi parce que le venin n’est pas toujours injecté quand la morsure a pour but la défense et non la chasse (morsures sèches).

C’est un reptile ovovivipare. La femelle met au monde de 20 à 35 petits parfaitement développés. Une curieuse caractéristique est la facilité avec laquelle elle s’hybride et procrée avec des individus de Crotalus molossus.

Son aire de répartition part du Sonora au Sud et comprend les États de Sinaloa, Nayarit, Colima et la vallée de Tepalcatepec. Son habitat préféré est la brousse épineuse relativement aride, la forêt d’arbres à feuilles caduques qui est plus humide à cause de la proximité de l’océan et la zone de transition entre la forêt d’arbres à feuilles caduques et la forêt de conifères si bien que, quoique étant une espèce préférant la plaine,  on la rencontre au Michoacan également à des altitudes relativement élevées dans des bois mixtes de chênes, de sapins et de pins et qu’elle a été signalée à 2.400 m d’altitude dans la sierra de Coalcoman et sur le Cerro Baroloso.

 

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