Dryobalanops sumatrensis

Famille : Dipterocarpaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Dryobalanops sumatrensis, camphrier de Bornéo, Dipterocarpaceae

De la Dryobalanops sumatrensis on extrait les cristaux de bornéol. Arbre sempervirent, résineux, d’une hauteur pouvant dépasser 60 m, considéré aujourd’hui « Critically Endangered » © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de l’Indonésie (Kalimantan et Sumatra) et de la péninsule malaise où elle pousse dans les forêts pluviales situées dans des zones côtières de faible étendue où elle constitue souvent l’espèce dominante et sur des versants de colline jusqu’à environ 350 m d’altitude, de préférence sur des sols sableux ou pierreux.

Le nom du genre est la combinaison des termes grecs « drys, dryos » = chêne, « balanos » = gland et « opsis » = aspect, par allusion aux fruits qui ressemblent à des glands. Le nom latin de l’espèce « sumatrensis » = de Sumatra fait référence à un de ses lieux d’origine.

Noms communs : Borneo camphor, Borneo camphorwood, Malay camphor, Sumatra camphor (anglais), bingpian, ping p’ien (chinois), kapur (malais), camphrier de Bornéo (français), canfora del  Borneo (italien), cânfora-de-bornéu (portugais).

La Dryobalanops sumatrensis   (J.F. Gmel.) Kosterm. (1988) est un arbre sempervirent, résineux, d’une hauteur pouvant dépasser 60 m, au tronc cylindrique d’un diamètre atteignant jusqu’à environ 2 m et comportant des contreforts basaux et à l’écorce brun rougeâtre qui tend à  s’écailler chez les plantes adultes.

Les feuilles, portées sur un pétiole long de 0,5 à 1 cm, sont alternes, simples, coriaces, presque ovées avec un apex long et pointu, longues de 4 à 9 cm et larges de 3 à 6 cm. Les inflorescences, en  panicules, sont longues de 7 à 9 cm et portent des fleurs bisexuées blanches d’environ 3 cm de diamètre qui ont 5 sépales lancéolés à l’apex obtus et 5 pétales oblongs à l’apex pointu.

Les fruits, qui contiennent une seule graine, sont indéhiscents, ovoïdes et longs d’environ 3 cm avec un diamètre de 1,5 cm. Ils ont un péricarpe ligneux qui s’ouvre en trois valves au moment de la germination, un calice persistant en forme de coupe qui entoure partiellement leur base et 5 ailes longues de 4 à 6 cm et issues de la croissance des sépales qui facilitent la dispersion des graines par le vent. On reproduit cette plante au moyen de ses graines qui germent au bout de 5 à 8 jours à la température de 26 à 28°C.

C’est une espèce vigoureuse à la croissance rapide qui peut être cultivée dans le zones tropicales et subtropicales humides en plein soleil sauf pendant sa phase de jeunesse où elle a besoin d’un léger ombrage.

Cet arbre produit une oléorésine qui est secrétée dans des cavités du tronc et qui habituellement suinte de l’écorce, appelée huile de Bornéo ou de camphre, qu’il ne faut pas confondre avec celle qui est extraite du Cinnamomum camphora, et des cristaux de bornéol, un composé organique à l’odeur semblable à celle du camphre, qui se déposent dans des fissures verticales du tronc. Objet d’un commerce florissant depuis le Moyen-Âge et utilisés en parfumerie et surtout dans la médecine traditionnelle et en aromathérapie ils ont été remplacés à l’époque moderne par des produits de synthèse.

Le bois, dont la  dureté  est moyenne et  qui se conserve assez bien et résiste aux attaques de champignons, est de couleur jaunâtre à brun rougeâtre après exposition à la lumière et a une odeur de camphre qui persiste longtemps. Il est utilisé de diverses façons dans les constructions, pour la fabrication d’embarcations, de meubles de prix, de châssis et la menuiserie en général. Cette espèce s’est avérée convenir particulièrement au reboisement de zones dégradées.

À cause de coupes inconsidérées effectuées pour récupérer les cristaux de bornéol sa population s’est fortement réduite et pour cette raison elle a été inscrite en 1998 par l’Union Internationale pour la Protection de la Nature (IUCN) dans la liste rouge des espèces menacées d’extinction en tant que « Critically Endangered ».

Synonymes : Laurus sumatrensis J.F. Gmel. (1791); Dryobalanops aromatica C.F.Gaertn. (1805); Dryobalanops camphora Colebr. (1816); Dipterocarpus teres Steud. (1840); Dryobalanops junghuhnii Becc. (1902); Dryobalanops vriesii Becc. (1902).

 

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