Ficus lyrata

Famille : Moraceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Ficus lyrata, Moraceae, figuier à feuilles lyrées, figuier lyre, ficus à feuilles de violon

Dans la nature la Ficus lyrata peut atteindre 20 m de haut mais elle s’adapte aussi à la culture en intérieur © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de l’Afrique occidentale tropicale (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Liberia, Nigeria, Sierra Leone et Togo) où elle vit dans les forêts pluviales situées à basse altitude.

Le nom du genre est le nom latin utilisé pour le figuier commun (Ficus carica).

Le nom de l’espèce vient du latin « lyra » = lyre, l’instrument de musique à cordes, par allusion à la forme des feuilles.

Noms communs : banjo fig, fiddle-leaf fig, fiddle-leaved fig, lyre-leaved fig tree (anglais), figuier à feuilles lyrées, figuier lyre, ficus à feuilles de violon (français), ficus-lira, figo-da-China, figueira-lira, figueira-lirata, figueira-violino (portugais), arbol lira, arbol lirado, ficus lira, higuera de hojas de violin (espagnol), Geigenfeige (allemand).

La Ficus lyrata Warb. (1894) est un arbre sempervirent dont la hauteur peut atteindre environ 20 m mais est habituellement beaucoup plus basse.

Les feuilles, portées sur un pétiole robuste de 3 à 5 cm de long, sont alternes, entières, en forme de lyre ou de violon, dotées de bords ondulés, de couleur vert foncé, brillantes, coriaces, longues de 12 à 45 cm, larges de 10 à 25 cm et sillonnées de profondes nervures. Elles ont des stipules (des appendices situés à la base de la feuille qui ont pour rôle principal de la protéger pendant sa phase initiale de croissance) longues d’environ 4 cm, triangulaires et persistantes. Les inflorescences sont des sycones, c’est-à-dire des cavités aux parois charnues qui enferment totalement les fleurs qui  sont accessibles par une ouverture apicale entourée de minuscules écailles (l’exemple-type est celui du figuier commun, Ficus carica). Les sycones, qui se forment sur les branches jeunes, sont axillaires, sessiles (dépourvus de pétiole), répartis par paires, de forme sphérique, de 2,5 à 4,5 cm de diamètre, de couleur verte virant au rougeâtre à maturité et portent de petites taches blanchâtres disposées en creux.

La fructification nécessite la présence d’un insecte pollinisateur. À chaque espèce de Ficus est associé, comme on sait, un insecte spécifique de la famille des Agaonidae (dans le cas présent l’Agaon spatulatum Wiebes, 1968) qui lui-même ne peut se reproduire que si l’espèce de Ficus à laquelle il est associé est présente. Les fruits (des akènes) contiennent une seule graine.

On reproduit cette plante en semant ses graines dans un substrat sableux à la température de 22 à 24 °C, mais plus souvent par bouturage et par marcottage au début de l’été.

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Les feuilles, longues de 12 à 45 cm et larges de 10 à 25 cm, évoquent la forme d’une lyre © Giuseppe Mazza

C’est une espèce à la croissance assez lente que l’on peut cultiver à l’extérieur dans les zones aux climats tropical et subtropical humide. On peut essayer de la cultiver à des emplacements abrités dans les zones au climat tempéré chaud les plus doux vu qu’elle résiste à des températures allant jusqu’à environ -2 °C pendant une très courte période mais ses apex végétatifs peuvent lors subir des dommages.

Elle pousse en plein soleil ou sous un léger ombrage et n’est pas particulièrement exigeante en ce qui concerne le sol. Sa couronne est relativement en désordre en raison de sa tendance à former de longues branches dont les feuilles se concentrent à l’apex et à peu se ramifier. Il est utile de ce fait de la tailler pendant sa phase de jeunesse afin de stimuler sa croissance et de fortifier sa tige principale en lui donnant une meilleure résistance au vent.

On l’utilise sous forme de spécimen isolé ou en groupe dans des parcs et jardins ou dans les alignements d’arbres le long des routes. Ses fruits et ses longues feuilles, particulièrement gênants quand ils tombent sur les lieux de passage, ainsi que son appareil racinaire superficiel constituent les inconvénients de cette espèce.

On la cultive assez souvent en pot pour décorer des intérieurs où elle se présente souvent sous la forme d’un tronc unique qui est feuillu jusqu’à sa base et qui tend en poussant à se courber sous le poids de ses grandes feuilles. Il est utile dans ce cas également d’étêter le tronc, ce qu’il faut effectuer au printemps afin de stimuler la production de branches latérales. Le substrat doit être riche en substances organiques et complété dans une proportion de 30 % par du sable grossier ou de la perlite agricole pour améliorer le drainage. La solution idéale est de l’installer à un emplacement très lumineux avec même quelques heures par jour d’exposition directe au soleil bien qu’elle supporte mieux que d’autres espèces de son genre des conditions moins favorables, les températures devant être cependant supérieures à 15 °C.

Les arrosages doivent être abondants en été mais en laissant sécher la couche superficielle du terreau avant de remettre de l’eau. Il faut dans tous les cas éviter la stagnation de l’eau et veiller aussi à ne pas laisser le terreau sécher totalement, ces situations pouvant provoquer la chute prématurée des feuilles. Si l’atmosphère est trop sèche il faut périodiquement pulvériser sur les feuilles de l’eau non calcaire à température ambiante. Cette plante est facilement sujette aux attaques d’acariens (l’araignée rouge) et de cochenilles.

Le contact avec la sève laiteuse peut causer des réactions allergiques chez des personnes particulièrement sensibles.

Synonymes : Ficus pandurata Sander (1903).

 

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