Grammistes sexlineatus

Famille : Serranidae

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Texte © Giuseppe Mazza

 

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Traduction en français par Serge Forestier

 

Grammistes sexlineatus est un mérou à la forme insolite, connu dans différentes langues sous le nom de poisson savonnette ou poisson savon. Il a une très vaste distribution dans le bassin Indo-Pacifique © Giuseppe Mazza

Grammistes sexlineatus est un mérou à la forme insolite, connu dans différentes langues sous le nom de poisson savonnette ou poisson savon. Il a une très vaste distribution dans le bassin Indo-Pacifique © Giuseppe Mazza

Le Savon à raies d’or (Grammistes sexlineatus Thunberg, 1792) appar- tient à la classe des Actinopterygii, les poissons à nageoires rayonnées, à l’ordre des Perciformes et à la grande famille des Serranidae, qui compte 75 genres et plus de 500 espèces.

L’étymologie de genre Grammistes vient du grec “gramma” = dessin, label, marque, en référence au dessin caractéristique, plus ou moins esquissé, à bandes blanches.

Le nom d’espèce sexlineatus = précise, en latin, que les bandes en question sont généralement au nombre de six.

Zoogéographie

Il a une très vaste distribution dans les eaux tropicales de l’Océan Indien et du Pacifique.

On le trouve, à titre indicatif, depuis l’Afrique du Sud, Madagascar et les Comores jusqu’à la Mer Rouge, aux Seychelles, à l’Île Maurice, à la Réunion, aux Maldives, en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande, en Malaisie, aux îles Andaman, en Australie, en Indonésie, en Micronésie, en Nouvelle-Guinée, aux Palaos, aux Philippines, à Taiwan, en Chine et aux îles Ogasawara dans la partie méridionale du Japon. A l’est, il a colonisé les îles Fidji, Samoa, Tonga, Marquises, Tuamotu et Mangaréva. Vers le sud, dans le Pacifique, il a colonisé l’île Lord Howe, la Nouvelle-Calédonie et les îles Kermadec, et même la côte septentrionale de la Nouvelle-Zélande.

La peau, au goût amer, est pleine de glandes à venin libérant, en cas de besoin, une toxine puissante © G. Mazza

La peau, au goût amer, est pleine de glandes à venin libérant, en cas de besoin, une toxine puissante © G. Mazza

Écologie-Habitat

Il vit dans les formations coralliennes, souvent à l’extérieur du récif, jusqu’à 130 m de profondeur.

Morphophysiologie

Le savon à raies d’or peut atteindre 30 cm. Le nom commun en dit long sur la forme, pas vraiment conforme à un mérou, mais même ici, la mâchoire inférieure est plus longue que la supérieure et la grande bouche contient différentes rangées de dents, avec des éléments crochus et caniniformes pour attraper les proies.

La nageoire dorsale compte 7 rayons épineux et 13 ou 14 rayons mous ; l’anale a 2 rayons épineux et 9 inermes ; les ventrales sont modestes, avec une épine et 5 rayons mous ; la queue est grande et enroulée, comme les pectorales, qui comportent 16 à 18 rayons inermes.

La couleur de fond est marron foncé, tendant souvent vers le bleu, avec des rayures blanches chez les mâles et jaunâtres chez les femelles. Celles-ci sont au nombre de 3 dans les premiers stades juvéniles, de 6 chez les spécimens de taille supérieure à 8 cm et souvent plus nombreuses chez les individus âgés, où elles apparaissent souvent brisées en tirets et en points.

Mais la caractéristique la plus remarquable de l’espèce est la peau toxique, extrêmement amère au goût, pleine de petites glandes qui libèrent, lorsque le poisson est stressé, une toxine puissante, appelée grammistine, qui fait fuir les prédateurs.

Un juvénile avec les 6 bandes caractéristiques. Chez les sujets âgés, elles sont plus nombreuses et brisées © Giuseppe Mazza

Un juvénile avec les 6 bandes caractéristiques. Chez les sujets âgés, elles sont plus nombreuses et brisées © Giuseppe Mazza

En aquarium il peut s’avérer mortel pour les autres hôtes et quand on achète un Grammistes sexlineatus il est toujours préférable de jeter l’eau du récipient utilisé pour le transport car elle est immanquablement chargée de venin.

Éthologie-Biologie reproductive

Le savon à raies d’or est particuliè- rement vorace. Il mange tout ce qu’il trouve : crustacés, mollusques, mais surtout poissons, même herbivores qui broutent les algues toxiques. Dans sa chair s’accumule ainsi, peu à peu, la toxine responsable de la ciguatera, une intoxication alimentaire grave pour les consommateurs non avertis des tropi- ques. Les œufs innombrables et les larves sont pélagiques.

Compte tenu de sa large diffusion, de son alimentation diversifiée, de l’absence de prédateurs, du fait qu’en pratique, il n’est quasiment pas pêché, avec des populations qui peuvent doubler en quelques années, il fait sans aucun doute partie des mérous les moins menacés, avec un indice de vulnérabilité modeste, de 31 sur une échelle de 100.

Synonymes

Perca sexlineata Thunberg, 1792; Grammistes orientalis Bloch & Schneider, 1801; Sciaena vittata Lacepède, 1802.

 

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