Gynura procumbens

Famille : Compositae


Texte © Pietro Puccio

 


Traduction en français par Marc Longhi

 

Gynura procumbens, Compositae, gynura pourpre

Gynura procumbens est une plante d’appartement remarquable, très ornementale © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire de la Chine (Guangdong, Guizhou, Hainan et Yunnan), des Philippines, de Malaisie, de Thaïlande et du Vietnam, où elle pousse dans les collines et montagnes des forêts équatoriales jusqu’à une altitude de 1500 m sur des sols calcaires.

Le nom du genre dérive de la combinaison du terme grec “ghyné” = féminin et “ourà” = queue par référence à la longueur des stigmates; le nom d’espèce dérive du verbe latin “procumbere” = s’étendre, se prosterner par référence au port rampant de la plante.

Noms communs: “purple-passion”, “purple passion vine”, “velvet plant” (anglais); “gynura pourpre” (français); “veludo-roxo” (portugais); “ginura” (espagnol); “niederliegende samtpflanze” (allemand).

Gynura procumbens (Lour.) Merr. (1923) est une plante herbacée pérenne, cespiteuse, rampante ou grimpante, aux tiges cylindriques qui peuvent atteindre les 1 à 1,5 m de long. Les feuilles sont alternes de 4 à 10 cm de long et de 1 à 4 cm de large à la base, qui se réduisent dans la partie terminale à 2 à 6 cm de long. Les feuilles sont disposées sur des pétioles courts tomenteux rouges pourpres, charnus et doux, de forme ovale lancéolée à l’extrémité pointue et les bords aux dents irrégulières, couleur vert sombre et recouvertes d’un duvet épais aux reflets pourpres, particulièrement visibles sur les feuilles les plus jeunes.

L’inflorescence terminale en panicule est composée de 5 à 8 capitules, inflorescences typiques des Compositae, constitués d’une multitude de fleurs sessiles (privées de pédoncule), insérées en spirale sur une base arrondie, le réceptacle, mesurant 1 cm de diamètre, entouré d’un involucre cylindrique constitué d’une double série de bractées minces et pointues de couleur pourpre, les extérieures longues d’environ 6 cm, les internes de 15 mm.

Les fleurs sont tubuleuses et hermaphrodites de 2 à 5 mm de long. La corolle est constituée de 5 lobes de couleur jaune orange et les stigmates sont jaunes et proéminentes. Par rapport à la plupart des Compositae les fleurs de l’anneau externe « les fleurs du rayon » sont absentes, ce sont celles qui chez les marguerites ressemblent aux pétales.

Les fruits qui ne contiennent qu’une seule graine sont appelés akènes chez les Compositae et sont longs d’environ 5 mm est surmonté d’un pappus, qui est le calice modifié de la fleur constitué d’une couronne de poils blancs d’environ 15 mm de long et dont la fonction est de favoriser la dispersion des fruits. Une fois la floraison achevée les bractées externes de l’involucre se recourbent et les bractées internes s’élargissent pour permettre la sortie des akènes.

Gynura procumbens, Compositae, gynura pourpre

Dans ses pays d’origine les feuilles peuvent être consommées crues ou cuites. C’est une plante qui recèle des vertus médicinales prometteuses pour une éventuelle utilisation par l’industrie pharmaceutique © Giuseppe Mazza

Cette plante peut être reproduite par graine ou facilement par bouture apicale au printemps-été en utilisant des morceaux de 8 à 10 cm de long, coupés immédiatement sous le nœud, et plantée dans un terreau tourbeux mêlé de perlite, ou dans de la perlite pure, humidifiée ; si le milieu ambient n’est pas assez humide il faut la déposer dans une mini serre, ou sinon la contenir dans un sachet de plastique transparent pendant 15 à 20 jours, en évitant que les feuilles ne touchent les parois, pour maintenir un taux élevé d’humidité. Il est aussi possible de procéder à un bouturage des feuilles mais le processus est plus long. Il s’agit d’une espèce très ornementale et de culture facile, utilisée depuis quelques années pour la décoration des intérieurs.

Elle est cultivée de préférence dans des suspensions en utilisant un substrat drainant et aéré qui peut être constitué d’un terreau tourbeux et de perlite à parts égales. Il faut la positionner dans des lieux très lumineux où elle bénéficiera de nombreuses heures de soleil, de préférence le matin, essentiellement pour la maintenir compacte et intensifier la couleur des feuilles.

Les arrosages devront être réguliers en été, mais il y a lieu de laisser ressuyer la partie supérieure du terreau avant de rajouter de l’eau ; plus espacés en hiver et de ne pas exposer la plante à des températures inférieures à 12/14 °C. Il convient d’éviter de mouiller les feuilles qui pourraient alors facilement se tacher et pourrir.

Les inflorescences sont à peine ornementales et il en émane une odeur plutôt désagréable et sont souvent retirées dès leur apparition. Pour conserver à la plante une forme compacte on peut la tailler fréquemment pour stimuler la pousse de nouveaux rameaux. Dans ses lieux d’origine l’espèce est cultivée depuis les temps anciens pour des besoins alimentaires et en médecine populaire. Les feuilles peuvent être consommées crues, pour aromatiser le riz, en salade ou cuites sous diverses façons. Des extraits des feuilles sont utilisés comme anti inflammatoires, antirhumatismaux, anti-hypertenseurs, contre le diabète sucré et d’autres pathologies encore. Depuis quelques années les études sur les substances qu’elle contient et sur leurs propriétés se sont intensifiées avec des résultats prometteurs pour une éventuelle utilisation par l’industrie pharmaceutique.

Synonymes : Cacalia procumbens Lour. (1790); Cacalia sarmentosa Blume (1826); Gynura sarmentosa (Blume) DC. (1838); Gynura cavalerei H. Lév. (1914); Gynura buntigii S. Moore (1916).

 

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