Melitaea didyma

Famille : Nymphalidae

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Texte © Dr. Gianfranco Colombo

 

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Traduction en français par Claude Leray

 

Melitaea didyma, mélitée orangée, Nymphalidae

Femelle de Melitaea didyma. Espèce très commune, envahissant parfois, en Europe du Sud © Gianfranco Colombo

La Mélitée orangée ou Damier orangé, Melitaea didyma (Esper, 1778), appartient à l’ordre des Lépidoptères et à la famille des Nymphalidae.

Comme il a été déjà brièvement expliqué, cette famille inclut plus de 6.000 espèces de papillons disséminés dans le monde entier et c’est pourquoi elle est considérée comme la plus cohérente parmi celles regroupant les lépidoptères diurnes.

Ce papillon est presque certainement la mélitée la plus variable dans le dessin supérieur des ailes et ces différences peuvent être trouvées non seulement parmi les nombreuses sous-espèces mais même parmi les éléments du même groupe ou de la même population.

De plus, il existe des variations saisonnières conditionnées par l’humidité et la température ambiante et par le type d’alimentation.

Son extrême variabilité a rendu ce papillon particulièrement intéressant et souvent à la source d’idées et d’études d’entomologistes à la recherche de nouvelles sous-espèces ou de variations chromatiques particulières.

C’est un papillon extrêmement commun vivant dans d’énormes populations et est souvent envahissant localement.

L’étymologie du nom scientifique Melitaea didyma est, comme tous les noms donnés par les premiers naturalistes, sujette à différentes interprétations, en particulier la première partie du binome (veuillez consulter Melitaea cinxia Fabricius, 1807). On a, comme d’habitude, joué sur le nom, en mélangeant diverses interprétations données par d’autres naturalistes contemporains. Finalement, on a proposé une solution indiquant comme origine le terme grec “meli” = miel, témoignant ainsi de la forte attraction de ce papillon pour les nectars très sucrés.

Melitaea didyma, mélitée orangée, Nymphalidae

Sieste d’un mâle après le repas sur un Ophryx scolopax, petite orchidée méditerranéenne © Giuseppe Mazza

Sodoffsky, 1837, a fait dériver le nom, avec une légère distorsion, de Melinaea, se référant à l’un des nombreux surnoms attribués à Aphrodite (Vénus).

Pickard l’a dérivé de Melitaea, le nom d’une ville de Thessalie, Mcleod du grec «melitaios» = venant de Malte, enfin, Mélitea était également l’une des Néréides, fille de Nereus et Doris.

Ainsi, toutes les interprétations données à l’époque par les différents naturalistes sont tout à fait acceptables en s’appuyant sur des évaluations linguistiques correctes.

A l’inverse, l’étymologie du nom d’espèce didyma vient du grec «didumos» = jumeau, pour indiquer la forte ressemblance de ce papillon avec le Melitaea phoebe, un papillon assez similaire et souvent objet de confusion.

Les noms européens actuels sont assez différents et identifient principalement certaines caractéristiques de ce papillon. En anglais, spotted fritillary ; en français, damier orangée ; en allemand, rote Scheckenfalter ; en néerlandais, tweekleurige parelmoervlinder et en espagnol, doncella timida.

Melitaea didyma, mélitée orangée, Nymphalidae

Mâle se pavanant au soleil, ailes grandes ouvertes, espérant attirer une partenaire © Giuseppe Mazza

Zoogéographie

Melitaea didyma est largement présent dans la partie sud du territoire européen, en Corse et en Sardaigne, alors qu’il est totalement absent des mers du Nord et de la Baltique et des territoires baignés par ces mers.

On le retrouve également dans toute l’Asie, dans la ceinture tempérée allant de la Turquie et du Moyen-Orient à la Mongolie. En Afrique du Nord, il n’est présent que dans la partie ouest méditerranéenne, de la Tunisie au Maroc.
Il vit dans toutes les prairies ensoleillées et les clairières herbeuses jusqu’à environ 1500 m d’altitude, où il est en grand nombre pendant tout l’été.

Morpho-physiologie

Melitaea didyma est un papillon de taille moyenne, facile à confondre avec les autres mélitées congénères présentes dans la même zone. En fait, il se confond avec de nombreuses autres espèces et, comme déjà mentionné, elle se distingue alors facilement des autres congénères uniquement lorsqu’on l’observe de près et si possible la face inférieure des ailes.

Ses ailes ont une envergure d’environ 5 cm avec un léger dimorphisme pour la femelle, qui semble être légèrement plus grande, avec un corps plus massif et une couleur plus pâle. Chez les mâles, la surface supérieure des ailes est d’une couleur orange uniforme, tellement brillante qu’elles peuvent apparaître rouges en vol. L’ensemble est marqué par une série de lignes et de points mal définis et de taches noires plus ou moins diffuses. Le long du côté des deux ailes, sont présentes de petites lunettes triangulaires noires ou arrondies qui entourent sans interruption les deux ailes.

Melitaea didyma, mélitée orangée, Nymphalidae

Il ouvre et ferme ses ailes en un clin de œil ou, en cas de danger, pour un parfait mimétisme © G. Mazza

La femelle a une couleur beaucoup plus claire et souvent chez Melitaea didyma f. meridionalis, la couleur orange est partiellement ou totalement remplacée par une tonalité gris verdâtre. La femelle de cette forme, très répandue dans les régions méridionales de l’aire de répartition, est la seule mélitée présentant cette couleur caractéristique.

Au contraire, les particularités des dessins de la face inférieure de ailes sont plus constantes, notamment sur les ailes postérieures où sont facilement identifiables certaines caractéristiques qui restent pratiquement inchangées chez tous les spécimens.

Les taches arrondies noirâtres disposées sur la marge jaunâtre des deux ailes (à l’origine du nom anglais actuel) et la ceinture basale continue de couleur orange (d’où les noms français et allemands actuels) sont des éléments déterminants dans la classification de ce papillon.

Les antennes sont bien développées et fortes, de couleur brun jaunâtre, avec un sommet aplati et blanchâtre.

Comme toutes les mélitées, elle vole pendant les périodes les plus chaudes de l’année, de mai à début octobre.

C’est un papillon facilement visible car il passe beaucoup de temps à voler en passant d’une fleur à l’autre et est également facile à approcher et à observer pendant qu’il s’alimente.

Biologie de la reproduction

Melitaea didyma est souvent trivoltine dans les régions les plus chaudes tandis qu’il est bivoltine dans les régions les plus fraîches.

Il pond un grand nombre d’oeufs et ainsi chaque génération voit une quantité remarquable de spécimens volants concentrés dans des zones assez restreintes. Les colonies sont souvent formées de milliers de papillons qui envahissent pratiquement la zone occupée.

Melitaea didyma, mélitée orangée, Nymphalidae

Une femelle normale et une Melitaea didyma f. meridionalis, avec ses couleurs ternes © Gianfranco Colombo

Les œufs sont pondus directement sur les plantes hôtes et éclosent en très peu de temps, afin de garantir un nombre presque constant de spécimens dans la zone concernée.

La dernière génération de l’année passe l’hiver au stade de petite larve.

La chenille adulte mesure environ 2,5 cm de long avec des taches oranges qui alternent en rangées parallèles, sur toute la longueur du corps. Correspondant à ces taches, émergent de petites protubérances velues de couleur noire et en forme de couronnes. C’est une chenille extrêmement élégante et multicolore de couleur et d’aspect.

La pupe a une période d’incubation rapide, inférieure à deux semaines.

Parmi les plantes hôtes, il préfère Plantago, Veronica, Centaurea et Linaria.

Synonymes

Papilio didyma Linnaeus, 1758 ; Mellicta didyma Billberg, 1820 ; Melitaea occidentalis Staudinger, 1861; Melitaea meridionalis Staudinger, 1870 ; Didymaeformia didyma Verity, 1950.

 

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