Nymphaea alba

Famille : Nymphaeaceae


Texte © Pietro Puccio

 

michel.gif
Traduction en français par Michel Olivié

 

La Nymphaea alba est une plante herbacée pérenne d'eau douce au repos hivernal © Giuseppe Mazza

La Nymphaea alba est une plante herbacée pérenne d'eau douce au repos hivernal © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire de l’Afrique (Algérie, Maroc et Tunisie), de l’Asie (Arménie, Azerbaïdjan, Inde, Irak, Iran et Turquie) et de l’Europe (Albanie, Allemagne, Autriche, Bulgarie, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grande Bretagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Ukraine) où elle vit dans des lacs, des étangs et des canaux, de façon générale dans des eaux calmes jusqu’à uneprofondeur de 3 m.

Le nom du genre vient du latin “nymphae” = nymphes, divinités qui dans la mythologie latine habitaient dans les bois, les mers, les fleuves et les lacs ; le nom de l’espèce est le mot latin “alba” = blanche, l’explication étant évidente.

Noms communs : european white water lily, white lotus, white water lily (anglais), nénuphar blanc, nymphéa blanc (français), carfano, ninfea bianca, ninfea comune (italien), ninféia branca (portugais), aguapé blanco, nenufar blanco (espagnol) Weisse Seerose (allemand).

La Nymphaea alba L. (1753) est une plante herbacée pérenne d’eau douce au repos hivernal dotée d’un rhizome horizontal ramifié et enraciné dans le sédiment du fond. Elle a des feuilles solitaires situées à l’extrémité d’un pétiole long et flexible parcouru par des canaux où se trouve de l’air qui assure la flottaison et les échanges gazeux entre les feuilles et les racines. Les feuilles, qui flottent du fait de la présence de tissus particuliers renfermant de l’air dans les espaces intercellulaires, sont orbiculaires-cordiformes et ont de 10 à 25 cm de diamètre, des lobes divergents et un bord entier. Elles sont lisses en partie supérieure, hydrofuges et de couleur vert intense et rougeâtres en partie basse.

Les fleurs sont diurnes, hermaphrodites, auto-fertiles, délicatement parfumées, flottantes et ont de 10 à 20 cm de diamètre. Elles sont portées sur un pédoncule également doté de canaux où existe de l’air et ont 4 sépales lancéolés de couleur vert jaunâtre à l’extérieur, blanche à l’intérieur et longs d’environ 5 cm, 20 à 25 pétales blancs, ovés-oblongs, de 3 à 6 cm de long et des étamines jaunes.

À la fin de la floraison le pédoncule s’immerge en entraînant le fruit en formation au fond de l’eau où il a achève sa maturation. Les fruits sont semi-sphériques et verts et ont 3 cm de diamètre.

Le fleurs diurnes, hermaphrodites, auto-fertiles, délicatement parfumées et flottantes ont 10-20 cm de diamètre. Les rhizomes comestibles et les feuilles contiennent des substances sédatives © Giuseppe Mazza

Le fleurs diurnes, hermaphrodites, auto-fertiles, délicatement parfumées et flottantes ont 10-20 cm de diamètre. Les rhizomes comestibles et les feuilles contiennent des substances sédatives © Giuseppe Mazza

Ils contiennent de nombreuses graines ellipsoïdes d’environ 3 mm de long. Les graines flottent au début du fait de la présence d’air dans l’arille (l’involucre charnu qui enveloppe le fruit en totalité ou en partie) ce qui favorise leur dispersion, jusqu’à ce que l’arille se désagrège en s’imprégnant d’eau et les fasse tomber au fond.

On reproduit cette plante au moyen de ses graines dont la dormance propre à l’espèce peut être interrompue par une stratification à froid en les plongeant dans de l’eau à une température d’environ 5 °C pendant 1 à 2 mois, mais aussi plus fréquemment par la division des rhizomes au printemps.

Cette espèce, autrefois très répandue dans toute son aire d’origine, a progressivement reculé dans de nombreuses zones en raison d’une anthropisation excessive. Elle a besoin d’une exposition en plein soleil, d’eaux de préférence alcalines ou neutres d’une profondeur allant jusqu’à 3 m mais elle peut supporter de brèves périodes de sécheresse avec un niveau d’eau réduit à zéro : dans ce cas elle produit des feuilles aériennes de dimensions réduites portées sur un court pédoncule. On peut la cultiver, du fait de sa vaste répartition, pratiquement dans presque tous les climats.

Les rhizomes, riches en amidon, sont comestibles après que l’on a retiré la couche externe et les avoir cuits longtemps en changeant l’eau pour éliminer les substances toxiques. Ils ont un goût plutôt amer et étaient consommés dans le passé en période de disette.

Les rhizomes et les feuilles sont utilisés dans la médecine populaire depuis des temps reculés. La plante contient diverses substances, dont la nymphaeine et la nupharine, qui ont des propriétés sédatives et sont employées à des doses extrêmement faibles vu qu’elles sont hautement toxiques et ont des effets sur le système nerveux qui peuvent être mortels.

Synonymes : Castalia speciosa Salisb. (1806); Castalia alba (L.) Greene (1888); Castalia minoriflora Simonk. (1908); Nymphaea occidentalis Moss (1920); Nymphaea minoriflora (Simonk.) Wissjul. (1953).

 

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des NYMPHAEACEAE cliquez ici.