Ophrys incubacea

Famille : Orchidaceae


Texte © Dr. Salvatore Cambria

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Ophrys incubacea

Avec au moins 3 sous-espèces Ophrys incubacea est présente entre la péninsule ibérique et les Balkans © G. Mazza

Ophrys incubacea Bianca est une orchidée qui a une vaste aire de répartition comprise entre la péninsule ibérique et les Balkans. Elle est bien représentée dans le Sud de la France et en Italie où elle a été signalée dans presque toutes les régions y compris les grandes îles.

Cette espèce a été décrite en 1842 par le botaniste italien Giuseppe Bianca dans une importante monographie sur les orchidées de la Sicile (Orchideae Siculae : Sive Enumeratio Orchidearum in Sicilia Hucusque Detectarum) écrite par Agostino Todaro.

Le nom du genre Ophrys a été donné par Linné en 1753 par référence au grec ancien “ophrus” = sourcil, en raison de la pilosité présente sur le labelle. L’épithète de l’espèce incubacea vient peut-être du latin “incubus” = incube,  par rapprochement  avec la couleur très foncée de la fleur.

On a identifié à l’intérieur de ce genre de nombreuses variétés et au moins trois sous-espèces telles que subsp. incubacea, subsp. brutia et subsp. castri-caesaris.

Dans l’ensemble cette espèce s’avère assez proche du point de vue morphologique des entités appartenant aux séries sphegodes et passionis.

Les exigences écologiques de cette orchidée sont semblables à celles d’autres espèces du genre Ophrys. Elle a une préférence pour les milieux ouverts, tels que les prairies sèches, les clairières et les garrigues, situés entre 0 et 1200 m d’altitude.

C’est une plante géophyte bulbeuse, c’est-à-dire une plante pérenne dotée d’un organe souterrain (le bulbe) qui lui est nécessaire pour passer la saison d’été méditerranéenne caractérisée par l’absence de précipitations.

Cette plante, en revanche, accomplit son cycle biologique en l’espace de peu de mois, entre l’hiver et le printemps, de l’apparition des feuilles à la floraison ( en général entre mars et mai). Au moment de son développement maximal cette plante est haute de 20 à 50 cm et possède des tiges droites et flexueuses qui se détachent d’une rosette de feuilles basales ovées-lancéolées.

L’inflorescence porte 3 à 8 fleurs relativement grandes et réunies dans un épi lâche. Les trois sépales sont verts, de forme ovale-lancéolée et ont un apex plus ou moins acuminé, celui du milieu étant légèrement plié au-dessus du gynostème. Les deux pétales supérieurs sont plus courts et plus foncés que les sépales. Ils sont de couleur brun verdâtre ou brun rougeâtre et lancéolés et ont des bords ondulés et des extrémités tronquées.

Ophrys incubacea

Le labelle foncé comporte de fortes gibbosités longues jusqu’à 4 mm, glabres à l’intérieur et velues à l’extérieur. La pollinisation est confiée aux mâles de Andrena moro, un apidé incité par son aspect à une pseudo-copulation © Giuseppe Mazza

Le labelle est entier, orbiculaire et incliné vers l’avant. Il a une couleur qui va du marron foncé au noir et des bords densément velus.

Il comporte de fortes gibbosités longues jusqu’à 4 mm, glabres à l’intérieur et velues à l’extérieur.

Le champ basal est marron foncé ou rougeâtre alors que la macule est formée de deux bandes parallèles de couleur bleuâtre ou grise.

Les ramifications de la macule atteignent parfois la cavité stigmatique qui n’est que rarement bordée de blanc.

L’apicule est très réduit et inséré dans une petite rainure.

La cavité stigmatique a un fond orné d’une tache blanche. La paroi externe est également blanche et porte de faux yeux noirs bordés de bleu ou de blanc.

Les organes reproducteurs, c’est-à-dire les étamines et le pistil, sont soudés dans le gynostème qui est caractérisé par un rostre court et pointu.

Tout comme d’autres espèces d’ Ophrys la morphologie du labelle imite la forme et les couleurs des femelles de certains insectes, ce qui attire et trompe les mâles et les pousse à effectuer une pseudo-copulation qui permet la pollinisation.

Celle-ci est assurée par l’apidé Andrena morio.

Le fruit est une petite capsule qui contient de très nombreuses graines de petites dimensions dont la germination est liée à la présence de champignons symbiotiques dont les hyphes envahissent les graines qui sinon, du fait de la rareté des réserves de nutriments présentes, ne seraient pas en mesure d’assurer le développement de la plantule.

Synonymes : O. sphecodes subsp. atrata (Lindl.) E. Mayer (1952); Ophrys atrata Lindl. (1827); Ophrys aranifera var. atrata Rchb. f.; Ophrys incubacea var. septentrionalis Perazza & R. Lorenz (2013); Ophrys sphegodes subsp. atrata (Rchb. f.) A. Bolòs (1977).

 

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