Oryx gazella gazella

Famille : Bovidae

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Texte © Dr. Gianni Olivo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Oryx gazella gazella, Bovidae

Un troupeau d’Oryx gazella gazella paissant dans son habitat. Ils se contentent même d’herbes peu attirantes © Giuseppe Mazza

L’Oryx gazelle ou Gemsbok (Oryx gazella gazella Linnaeus, 1758) est, ainsi que les autres espèces d’Oryx, un bovidé (Bovidae, ordre des Artiodactyla) qui s’est adapté aux habitats arides et désertiques. Il est présent dans la partie Sud du continent africain, c’est-à-dire la Namibie, le Botswana et une partie de l’Afrique du Sud, tant dans la zone limitrophe du Kalahari et de la frontière avec les deux pays cités plus haut que dans le Limpopo et au Mpumalanga. En plus de cette grande aire de répartition il est aussi présent dans de nombreuses zones plus réduites et disséminées en “taches de léopard” en Afrique du Sud, souvent dans des réserves nationales ou privées.

Morphophysiologie

C’est une grande antilope qui atteint une hauteur au garrot de 130 cm (pour les mâles) et un poids de 240 kg (de 120 à 190 kg pour les femelles). Sa forme compacte rappelle celle d’un poney fortement râblé. Son dos est plat et horizontal, son cou court et massif, son poitrail robuste et carré et ses pattes proportionnellement longues par rapport au corps.

Son museau est relativement court. Sa tête a des oreilles qui ne sont pas extrêmement développées et est ornée de cornes longues et effilées comme des épées, de section arrondie, densément annelées et longues en moyenne d’un mètre, le record étant de 120 cm. Elles existent également chez la femelle où elles tendent à être plus fines à leur base mais sont souvent au moins aussi longues que chez le mâle. La couleur dominante de la robe est constituée de divers tons de gris mais chez certains individus, peut-être à cause aussi de la poussière rouge du milieu où vit cet animal, elle vire vers une teinte rosée. Des contrastes entre des zones de couleur blanche et noire se détachent de la couleur de fond au niveau du museau et des pattes. Ils sont plus marqués chez cette espèce que chez l’Oryx beïsa (Oryx gazella beisa) et l’Oryx à oreilles frangées (Oryx gazella callotis).

Sur le dessus du museau il y a en particulier une tache noire très nette, de forme trapézoïdale allongée, dont la base se situe au-dessus de la région nasale, qui ensuite recouvre aussi, comme une muselière, la partie inférieure du museau proprement dit et d’où partent deux autres bandes noires qui vont en direction de l’œil.

Vue de côté la tête présente ensuite une autre bande noire parallèle aux précédentes. Ces dessins foncés contrastent fortement avec la couleur blanche de la tête et du « visage ». Si l’on examine l’animal de côté on apercevra donc la couleur blanche du “visage” traversée par trois bandes noires obliques et suivie de la couleur grise ou gris rosé des flancs et du dos. Les pattes antérieures et postérieures sont noires et blanches et une bande noire souligne le point de passage entre les flancs et le ventre qui est blanc. La queue est longue, “chevaline” et de couleur noire.

Habitat-Écologie

L’Oryx gazelle vit dans des milieux arides et subdésertiques et s’enfonce même dans le désert proprement dit mais, là où c’est possible, il préfère des endroits où existe une prairie même clairsemée et constituée d’herbes peu attirantes pour d’autres espèces d’herbivores.

Il se rend sur le pâturage de préférence tôt le matin ou tard l’après-midi mais il n’est pas rare de le voir paître la nuit, en particulier lors la pleine lune. Il broute (“grazing”) les herbes, même coriaces, mais il arrache souvent des feuilles et des petites branches de buissons (“browsing”).

Oryx gazella gazella, Bovidae

L’oryx gazella gazella atteint 130 cm au garrot et un poids de 240 kg © Gianni Olivo

En milieu désertique il extrait les liquides dont il a besoin de plantes grasses ou à feuilles charnues. Il aime en particulier les melons sauvages ou melons des Bushmen (Citrullus lanatus var. citroides) mais il sait aussi déterrer des tubercules.

Quand de l’eau est présente il va volontiers s’abreuver mais il supporte son absence, même pendant de longues périodes, en extrayant les liquides de sa nourriture mais surtout en réduisant ses pertes d’eau à la fois grâce à une transpiration très réduite (avant de commencer à transpirer il peut porter la température de son corps de 35 à 45 °C), en concentrant son urine et encore en réabsorbant l’eau de ses excréments jusqu’à ce qu’il les évacue quand ils sont secs et pratiquement déshydratés.

Éthologie-Biologie reproductive

C’est une antilope grégaire et nomade à cause aussi de son type d’habitat où les ressources en un lieu donné s’épuisent vite. Les mâles cependant sont parfois solitaires et territoriaux.

La femelle, après avoir mis bas, peut être très rapidement de nouveau en chaleur et peut par conséquent procréer à des intervalles de 9 à 12 mois, ce qui compense une mortalité périnatale très élevée. Les groupes de femelles et de subadultes, qui comprennent parfois aussi des mâles non territoriaux, se déplacent à la recherche de nourriture et “visitent” alors différents territoires de mâles territoriaux.

Dans ces circonstances les mâles qui se sont joints au troupeau adoptent, pour éviter d’être agressés par des mâles dominants, des postures caractéristiques de soumission : tête baissée, cornes tournées dans une autre direction que l’adversaire, gorge découverte.

La période de reproduction ne présente pas de saisonnalité. L’accouplement peut se produire à n’importe quel moment de l’année. Toutefois dans un groupe donné les naissances sont relativement synchronisées ce qui suggère l’existence d’une certaine coordination des femelles en ce qui concerne le moment du début de l’œstrus.

La cour du mâle comporte une série de virevoltes qui paraissent presque mimer un combat alors que la femelle garde la tête baissée et les oreilles rabattues. Toutefois une approche frontale et trop directe ou agressive peut au début inciter la femelle à adopter une posture de défense et d’attaque, les cornes baissées et tendues en direction du mâle.

Finalement cependant la femelle accepte. En signe de soumission elle s’accroupit et urine. Le mâle teste alors l’urine, habituellement par “flairage”, un procédé qui consiste à retrousser et à relever la lèvre supérieure en plissant la peau du museau et en rendant accessibles les canaux de l’os voméronasal qui, d’une manière similaire aux organes de Jacobson des serpents, procèdent à l’analyse des signaux olfactifs et des phéromones afin de vérifier si la femelle est réceptive.

Les ennemis naturels de l’oryx sont le lion, le léopard, les lycaons et l’hyène tachetée. Dans certains cas les petits peuvent être aussi la proie du guépard. Les petits sont particulièrement sans défense alors que l’adulte peut parfois être un adversaire dangereux même pour un lion inattentif et il existe des exemples de grands félins qui ont été tués d’un coup de corne infligé par ces sortes de dagues dont les deux sexes sont armés.

Il ne  faut pas toutefois surévaluer de façon excessive la capacité de défense d’un oryx face à un grand prédateur et la règle veut que dans l’immense majorité des cas ce soit l’herbivore qui succombe comme le veut la nature.

En cas de confrontation avec l’homme un oryx blessé peut également s’avérer extrêmement agressif et dangereux mais ce qui est encore plus dangereux ce sont les antilopes à demi-domestiques qui sont habituées à la présence et à la proximité de l’homme dont elles n’ont plus peur. Des accidents parfois graves se sont produits et se produiront de nouveau à cause aussi d’une certaine naïveté et d’une certaine image créée par Disney que beaucoup, peu informés, ont de la faune sauvage.

Noms communs : gemsbuck (anglais), gemsbock (afrikaans, allemand), orice meridionale (italien), guelengue-do-deserto (portugais), kukama (sechuana).

 

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