Famille : Serranidae

Texte © Giuseppe Mazza

Traduction en français par Michel Olivié

Serranocirrhitus latus est un petit poisson de l’Ouest du Pacifique qui est très apprécié des aquariophiles à cause de sa livrée insolite et de son entretien facile © John Sear
Connu sous le nom d’Anthias-faucon ou d’Anthias peint Serranocirrhitus latus est un petit poisson qui vient de loin mais qui a rapidement fait son chemin dans le monde des aquariophiles.
Robuste comme un poisson rouge, de dimensions modérées et facile à nourrir il égaie en effet l’aquarium par ses ondulations élégantes et acrobatiques, ses postures insolites, une ligne aux motifs étincelants et d’incroyables dégradés de couleurs.
Il est apparenté à Pseudanthias squamipinnis qu’il croise parfois en bancs compacts mais nage au contraire seul ou dans de petits groupes espacés.
Il appartient à la classe des Actinopterygii, les poissons aux nageoires rayonnées, à l’ordre des Perciformes et est traditionnellement classé dans la famille des Serranidae mais aujourd’hui, en prenant en compte ses différences, il a également été inclus par divers savants dans le sous-ordre des Serranoidei et la famille des Anthiadidae.

Il passe en effet vers le bas du jaune au rouge et au violet car ses écailles ont une petite tache jaune qui se réduit de plus en plus en faisant apparaître le fond violet © François Libert
Le nom du genre Serranocirrhitus créé par Watanabe en 1949 est composé du genre Serranus bien connu sur les deux rives de l’Atlantique, comme par exemple Serranus scriba ou Serranus tigrinus, et du genre Cirrhitus qui est celui des poissons-faucons appartenant à la famille des Cirrhitidae, comme le pittoresque Oxycirrhites typus. Ce sont des poissons qui chassent à l’affût en se jetant de haut comme les faucons sur les malchanceux de passage. Il s’agit en somme d’un serran qui surgit à l’improviste depuis n’importe quelle position.
Le nom de l ‘espèce latus, large en latin, fait quant à lui référence à son aspect haut et plat.
Zoogéographie
Serranocirrhitus latus vit dans l’Ouest du Pacifique depuis l’Indonésie jusqu’aux îles Fidji et Tonga. Côté Nord il atteint Taïwan et le Japon, au Sud la Nouvelle-Calédonie et la Grande Barrière.
Écologie-Habitat

Long au maximum de 13 cm il surprend aussi par son corps haut et plat, sa posture souvent insolite et sa façon de se mouvoir © Mark Rosenstein (à gauche) et © François Libert
C’est un poisson qui évolue parmi les coraux entre 15 et 70 m de profondeur là où l’eau atteint 22 à 27 °C. Il privilégie les surplombs extérieurs des récifs et l’obscurité des grottes.
Morphophysiologie
Son corps ovale, haut et comprimé atteint au maximum 13 cm. Sa bouche est petite, oblique et placée en position terminale. De ses yeux cerclés de jaune deux lignes dorées descendent vers la nageoire ventrale. Il y a aussi une petite tache dorée sur l’opercule. Sa livrée qui tend en haut vers le jaune passe au rouge vers le ventre, puis au violet car la minuscule tache jaune qui recouvre chaque écaille devient de plus en plus petite ce qui fait ressortir progressivement la couleur violette de fond.
La nageoire dorsale a 10 rayons épineux et 18 à 20 rayons mous. La nageoire anale comporte 3 épines et 7 rayons inermes. Les nageoires pectorales qui rejoignent le début de la nageoire anale ont 13 ou 14 rayons. La nageoire caudale, en forme de demi-lune, compte 15 rayons dont 8 dans le lobe supérieur et 7 en bas. Les nageoires sont en général translucides. La nageoire dorsale tend vers le jaune, les pelviennes et l’anale vers le violet. La caudale, bordée de jaune, est ornée d’une fine bordure violette.

Ici en nature avec un poisson nettoyeur. En aquarium il n’importune pas les autres poissons et a seulement besoin d’une petite grotte pour s’y réfugier s’ils le harcèlent © Mark Rosenstein
Éthologie-Biologie reproductive
Serranocirrhitus latus est une espèce hermaphrodite protogyne. Quand le mâle qui dirige le petit groupe meurt la femelle la plus grande le remplace en changeant de sexe.
Il se nourrit presque exclusivement de zooplancton. Les œufs, fécondés en eau libre, sont planctoniques.
La résilience de cette espèce est élevée, le temps minimal nécessaire au doublement des effectifs étant inférieur à 15 mois. Sa vulnérabilité à la pêche, très faible, s’établit à peine à 10 sur une échelle de 100. Depuis 2015 il figure donc en tant que “LC, Least Concern”, c’est-à-dire “Préoccupation mineure”, dans la Liste Rouge de l’UICN des espèces menacées.
Synonymes
Dactylanthias mcmichaeli Whitley, 1962.
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