Tamarindus indica

Famille : Leguminosae


Texte © Pietro Puccio

 


Traduction en français par Michel Anciaux

 

Tamarindus indica atteint presque 25 m de haut dans la savane semi aride en Afrique tropicale. Une longue saison sèche est nécessaire à la fructification © Giuseppe Mazza

Tamarindus indica atteint presque 25 m de haut dans la savane semi aride en Afrique tropicale. Une longue saison sèche est nécessaire à la fructification © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire d’Afrique (Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République Centre Africaine, Tchad, Ethiopie, Ghana, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Kenya, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Niger, Nigeria, République démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Tanzanie du Sud, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe) et de la Péninsule Arabique (Yémen).

Elle pousse dans les savanes semi arides et aussi dans les zones de climat tropical humide, mais avec une longue saison sèche, qui est nécessaire à la fructification.

Le nom du genre provient de l’arabe “tamar hindi” = datte de l’Inde ; le nom latin de l’espèce “indica” = d’Inde, en référence à son lieu supposé d’origine.

Noms vernaculaires : Indian date, Indian tamarind, kilytree, tamarind (anglais) ; tamarindo (italien) ; tamarin, tamarindier, tamarinier, tamarinier des Indes français) ; tâmara-da-Índia, tamarinda, tamarindeiro, tamarindo, tamarindo-do-Egito, tamarino (portuguais) ; tamarindo (espagnol) ; mkwaju, msisi, ukwaju (swahili) ; Tamarinde, Tamarindenbaum (allemand).

Le Tamarindus indica L. (1753) est un arbre sempervirent, semi-décidu sous les climats ou saisons particulièrement arides, très ramifié, les spécimens les plus anciens pouvant atteindre 25 m de haut, avec un tronc court et massif, avec un diamètre atteignant habituellement les 50 cm, mais qui peut même dépasser le mètre, à l’écorce gris foncé, fissurée longitudinalement ; lorsque les branches et l’écorce sont coupées ou endommagées, une gomme couleur rouge sang s’en exsude.

Les feuilles vert pâle sont alternes, paripennées, avec 10 à 20 folioles oblongues, de 1 à 2,5 cm de long et de 0,5 à 1 cm de large, se refermant durant la nuit. Les inflorescences sont terminales ou en grappes axillaires, longues de 5 à 12 cm, avec 10 à 15 fleurs à 4 sépales (cinq dont 2 ont fusionnés) roses au début, ensuite blanches, rétrofléchies après ouverture, 3 pétales obovales supérieurs, de 1 à 1,5 cm de long, de couleur jaunâtre, à veines rouge pourpre, et 2 pétales inférieurs, réduits à l’état d’écailles.

Le fruit est brunâtre, légèrement aplati, entouré d’une cosse, parfois courbé, de 5 à 18 cm de long et de 2 à 2,5 cm de large, contenant jusqu’à 12 graines, presque quadrangulaire, de couleur brun foncé à noirâtre brillant.

L'inflorescence a jusqu'à 15 fleurs de 1-1,5 cm. Les feuilles paripennées sont alternes et se ferment pendant la nuit © Giuseppe Mazza

L'inflorescence a jusqu'à 15 fleurs de 1-1,5 cm. Les feuilles paripennées sont alternes et se ferment pendant la nuit © Giuseppe Mazza

La pulpe entourant les graines, de couleur brune, a un goût acidulé dû à la présence d’acide tartrique (8-10 %) et d’acide citrique.

Il se reproduit généralement par graines, conservées préalablement dans l’eau durant 48 heures, celles-ci germant en une ou deux semaines ; il peut aussi se reproduire par bouturage et marcottage particulièrement lorsque l’on veut maintenir une variété particulière.

Arbre de grande importance économique en raison des propriétés alimentaires des feuilles, et des fruits et de son écologie, largement répandu dans les régions tropicales, aussi bien que dans les régions semi-arides ou subtropicales humides, pour autant qu’il existe une saisonnalité marquée, vu qu’il requiert 4 à 5 mois de sécheresse pour la fructification. En dehors de toute autre utilisation, il a aussi une valeur ornementale remarquable par son feuillage et pour la floraison ; pour cette raison, il est utilisé comme arbre d’ombrage dans les parcs et les grands jardins et aussi comme un arbre de rue. Il requiert un plein ensoleillement et il s’adapte à une grande variété de sols, à condition que celui-ci soit bien drainé ; de plus il résiste assez bien à la salinité et peut donc être cultivé le long des côtes. Les jeunes plants peuvent être endommagés lorsque les températures sont proches de 0 °C, les plants adultes pouvant résister à – 4 °C, pendant une courte période.

Il résiste au vent, grâce à un appareil racinaire fort et profond, des branches robustes et un feuillage épais ; il est donc utilisé pour réaliser des barrières brise-vent efficaces.

Le fruit, riche en Vitamine C, est une cosse brunâtre de 5 à 18 cm de long © G. Mazza

Le fruit, riche en Vitamine C, est une cosse brunâtre de 5 à 18 cm de long © G. Mazza

Il peut être utilisé contre l’érosion et la lutte contre la désertification, finalement il est capable comme les autres légumineuses, de fixer l’azote atmosphérique, donc d’enrichir le sol et par conséquent sa fertilité. Les graines contiennent 3 % de protéines et peuvent représenter une contribution disponible et bon marché pour réduire l’absence de nutrition adéquate dans les pays en développement. L’huile extraite des fruits et des graines est comestible et diversement utilisée, les fruits et les jeunes feuilles sont ajoutés à de nombreux plats, en particulier dans la cuisine indienne et de l’Asie du sud-est.

La pulpe acidulée, riche en vitamine C (44 mg pour 100 g), a été utilisée dans la passé, comme antiscorbutique, peut être consommée fraîche, après ajout de sucre, ou ajoutée comme additif dans la nourriture, à laquelle elle confère alors un gout particulier, ou pour la préparation de sirops, confitures et boissons rafraichissantes. Les différentes parties de la plante sont largement utilisées en médecine traditionnelle pour de multiples usages, mais également dans l’industrie pharmaceutique.

Le bois jaune pâle, très dur, est utilisé dans la construction de bâtiments et la réalisation d’équipements, ainsi que pour l’artisanat, il est également utilisé au niveau local comme combustible. Les feuilles et les fleurs sont utilisées dans l’industrie textile pour la fixation des couleurs ; enfin, les feuilles sont utilisées comme fourrage pour le bétail et pour le ver à soie.

Synonymes : Tamarindus occidentalis Gaertn. (1791); Tamarindus umbrosa Salisb. (1796); Tamarindus officinalis Hook. (1851).

 

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