Aechmea dichlamydea

Famille : Bromeliaceae


Texte © Pietro Puccio

 


Traduction en français par Carole Jouron

 

L’espèce est originaire de Trinité-et-Tobago et du nord-est du Venezuela (Sucre), où elle pousse en tant qu’épiphyte sur les arbres des forêts, dans les sous-bois ou sur des rochers couverts d’humus.

Le nom du genre est le substantif grec “αἰχμὴ” (aichmè) = fer de lance, en référence aux apex épineux des sépales et des bractées florales. Le nom de l’espèce est la combinaison de l’adverbe grec “δίς” (dis) = double et du substantif “χλαμύς, υδοϛ” (chlamys, ydos) = clamide, manteau, en référence aux couples de bractées qui sous-tendent les fleurs simples.

Aechmea dichlamydea Baker (1879) est une espèce herbacée monocarpique à feuillage persistant (elle ne fleurit qu’une seule fois avant de mourir). Acaule, épiphyte, elle peut atteindre 60 cm de hauteur, et se compose d’une rosette de feuilles en entonnoir formant une cavité centrale où sont recueillies les eaux de pluie.

Aechmea dichlamydea, Bromeliaceae

Aechmea dichlamydea est un épiphyte originaire de Trinité-et-Tobago et du nord-est du Venezuela qui atteint 60 cm de haut sur les arbres et les rochers couverts d’humus des sous-bois. Les feuilles sont disposées en rosette avec le caractéristique puits central pour recueillir l’eau de pluie et faire face aux périodes de sécheresse © Giuseppe Mazza

Les feuilles, linéaires avec un sommet arrondi mais muni d’une courte épine et d’un bord dentelé, font 60 à 90 cm de long et de 4 à 7 cm de large.

L’inflorescence se trouve au centre de la rosette sur un robuste scape muni de bractées lancéolées avec un apex aigu et un bord entièrement rouge vif.

Le scape se termine par une inflorescence à panicule de 30 à 50 cm de long, dont les rachis et les rachilles vont du rose foncé au rouge vif. Elle se compose de plusieurs épis pédonculés, plus ou moins ascendants, sous-tendus par des bractées similaires à celles du scape, rétrofléchissantes et de dimensions décroissantes vers l’apex.

Les épis sont denses, distiques, et mesurent 5 à 12 cm de long. Les fleurs simples sont sous-tendues par deux bractées, l’une sur l’extérieur oblongue, cuspidée, de 1,2 à 1,4 cm de long, de couleur bleu vif, l’autre sur l’intérieur beaucoup plus petite.

Le calice se compose de : 3 sépales lanceolées asymétriques avec un apex en forme de cuspide, de 1,4 à 1,8 cm de long, de couleur bleue ; 3 pétales linéaires bleus, d’environ 2 cm de long ; l’ovaire inférieur, d’environ 0,7 cm de long, et 6 étamines divisées en deux rangées de trois dans la corolle. Les fruits sont des baies ovoïdes de couleur bleu foncé, d’environ 1 cm de long, contenant plusieurs graines. Après la floraison, la plante cesse de pousser et meurt au bout d’un certain temps, après avoir produit de nouvelles plantes à la base, auxquelles elle transmet des nutriments pour leur croissance initiale.

Elle se reproduit facilement par semis en déposant les graines sur un terreau organique avec adjonction de sable siliceux grossier à 40-50 % et constamment maintenu humide à la température de 24-26 °C. Les nouvelles plantes formées à la base peuvent aussi être détachées quand elles atteignent au moins un tiers de la hauteur de la plante-mère.

Cette espèce aux inflorescences spectaculaires et de très longue durée, se développe en plein air, à la fois épiphyte et terrestre, dans les régions tropicales et subtropicales humides. Elle peut aussi être cultivée dans les zones les plus chaudes des régions tempérées, où les températures proches de 0 °C sont exceptionnelles ou de courte durée, à condition de trouver un lieu particulièrement bien abrité.

Elle pousse en plein soleil ainsi qu’à mi-ombre et s’adapte à la culture en pot à condition d’utiliser un substrat aéré et drainant qui peut être composé de terreau organique avec ajout de sable siliceux grossier pour 30 à 40 %.

Elle nécessite des températures élevées, de préférence pas inférieures à 18 °C en hiver, et un taux d’humidité de 65 à 80 %. Il convient de maintenir une certaine quantité d’eau non calcaire dans la cavité centrale et de la renouveler fréquemment. Toutefois, en cas de basses températures, il est préférable de la garder presque sèche afin d’éviter la pourriture.

Aechmea dichlamydea, Bromeliaceae

L’inflorescence à panicule de longue durée, atteint les 50 cm, avec d’épais épis pédonculés de 5 à 12 cm. Des bractées de couleur bleue sous-tendent les fleurs, en élégant contraste avec les rachis et les rachilles, rose profond ou rouge brillant. Après sa floraison, la plante meurt lentement, nourrissant les petites plantes qui émergent à sa base © Giuseppe Mazza

Il y a trois variétés :

Aechmea dichlamydea var. dichlamydea di Tobago. Synonyme : Aechmea nichollsii Baker (1892).

Aechmea dichlamydea var. pariaensis Pittendr (1969) du Venezuela (Sucre). Synonyme : Platyaechmea dichlamydea var. pariaensis (Pittendr.) L.B.Sm. & W.J.Kress (1990).

Aechmea dichlamydea var. trinitensis (L.B. Sm.) L.B. Sm. Sm. & W.J. Kress (1990) de Trinidad. Synonyme : Platyaechmea dichlamydea var. trinitensis (L.B.Sm.) L.B.Sm. & W.J.Kress (1993).

Cette dernière, la plus rare dans la nature et la plus menacée, pousse dans deux zones limitées de la forêt ouverte, mais elle est aussi la plus cultivée des variétés, car elle peut atteindre environ 1 m de hauteur et de diamètre, et a donné naissance à certains hybrides très appréciés.

 

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