Althaea officinalis

Famille : Malvaceae

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Texte © Eugenio Zanotti

 

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Traduction en français par Claude Leray

 

Althaea officinalis, guimauve

Althaea officinalis est une plante herbacée cespiteuse et persistante de 40-120 cm © G. Mazza

D’après divers auteurs, 6 à 12 espèces de plantes vivaces herbacées originaires d’Europe et d’Asie occidentale appartiennent au genre Althaea. L’aire de répartition de la guimauve est l’Europe du Sud-Est (région Danube-Carpates) et le Sud Sibérien (Sub-Pontique).

Le nom de genre vient des mots grecs « althain », « altamen » ou « altherim », signifiant aider, guérir ; Althea était une héroïne de la mythologie grecque, épouse d’Oeneus. Le nom d’espèce officinalis est un terme largement utilisé pour les plantes ayant des propriétés médicinales, dont beaucoup ont été employées dans les « officines des simples », les pharmacies d’autrefois.

La guimauve (Althaea officinalis L. 1753) est une plante herbacée vivace, à racine pivotante robuste, cylindrique, de 1-3 cm de diamètre, ramifiée, blanc jaunâtre ou brun pâle et blanche à l’intérieur.

La plante est tomenteuse blanchâtre à grisâtre, en raison de la couverture dense de poils ramifiés (poils étoilés), elle a de 40-120 (200) cm de haut, avec un aspect généralement cespiteux, avec des tiges simples plus ou moins ramifiées et érigées ; les feuilles sont alternes, palminervées, les inférieures étant d’ovalo-cordées à sub-orbiculaires, presque entières ou trilobées, les centrales sont entières ou palmées-lobées, ovales-acuminées ou triangulaires, aiguës, crénelées-dentelées (4-7 x 6-10 cm), souvent plutôt pliées, les supérieures sont lancéolées (1-2 x 5-8 cm), peu pétiolées, veloutées sur les deux faces ; les fleurs ont une forme voisine de celle de la mauve, à pédoncules courts, solitaires ou sur des glomérules à l’aisselle des feuilles supérieures, les pétales sont obovales (1,5-2 cm), 2-3 fois plus longs que le calice, blanc rosé ou violet rosé ; les anthères sont rouge-violet ou violet.

La floraison est concentrée de mai à août (septembre). L’épicalice est formé de segments linéaires-lancéolés, les sépales sont ovales, aigus, repliés sur les fruits (schizocarpes). Les graines (méricarpes) sont réniformes, peu ridées, aplaties-trigonales, brunes, plus ou moins densément pubescentes à cause de poils étoilés, surtout sur le dessus, elles sont environ vingt et fusionnées en forme de bouée de sauvetage autour de la base des styles.

La guimauve pousse autour des marais, le long des berges des fossés, dans les endroits humides, voire saumâtres, dans les sols humides et riches en sel, de la plaine jusqu’à 1200 m d’altitude. En phytothérapie, on utilise principalement les racines (récoltées en octobre-novembre), mais aussi les feuilles et les fleurs (récoltées de mai à août), provenant de préférence de plantes âgées de deux ans.

La racine contient des pourcentages élevés de mucilages formés par des polysaccharides hétérogènes, c’est à dire par un mélange de galacturonanes acides, de glucanes neutres et d’arabinogalactanes neutres (D-galactose, L-rhamnose, acide D-glucuronique, acide D-galacturonique), flavonoïdes, phénol, scopolétol, amidon, saccharose et sucre inverti, pectine, une huile ccontenant des phytostérols, asparagine, bétaïne, tanins, acide malique, oxalate de calcium, une huile volatile et des substances minérales riches en phosphates, vitamine C, enzymes. Les feuilles contiennent également une huile essentielle et une huile volatile ; les fleurs contiennent une huile essentielle, des mucilages et des sucres. La préparation faite à partir de guimauve, ainsi que ceux de la mauve, ont des propriétés émollientes, rafraîchissantes, apaisantes, anti-inflammatoires, immunostimulantes, anti-démangeaisons, anti-ulcéreuses, stomato-gastroprotectrices, légèrement laxatives, pectorales, contre la toux, expectorantes, odontalgiques,  anti-anémiques et hypoglycémiques.

La racine est employée contre la toux grincheuse, la laryngo-trachéo-bronchite, dans les formes où il est nécessaire d’éclaircir les sécrétions et dans certaines maladies du système digestif (gastro-entérite, recto-colite) et la cystite. Les décoctions, mais surtout la macération à froid, sont suggérées pour les gargarismes dans les infections de la bouche et des amygdales, pour les lavements dans l’entérocolite aiguë, pour les cataplasmes sur les plaies, les furoncles, les phlegmons, etc. Les feuilles et les fleurs, en infusion, sont utiles contre la toux et les inflammations de la gorge. Pour l’usage externe, la guimauve est prescrite en particulier pour les peaux sèches et les dermatoses prurigineuses. Je rappelle que l’emploi des préparations à base de guimauve n’est pas compatible avec le tanin, le fer et la consommation de boissons à forte teneur en alcool.

Ses extraits sont souvent utilisés comme véhicule protecteur de médicaments ayant une action irritante. En phytocosmétique, les préparations à base de ses extraits sont appréciées comme décongestionnantes et assouplissantes pour les peaux sèches, fatiguées et sujettes à la couperose.

Althaea officinalis, guimauve

Elle pousse dans des endroits humides, même marécageux, les feuilles et les fleurs ont des vertus médicinales © Giuseppe Mazza

La tradition populaire enseigne que la racine de cette plante, préalablement pelée et blanchie, a été donnée à mâcher aux enfants souffrant des problèmes de dentition.

En cosmétologie, l’infusion de guimauve préparée par macération dans de l’eau tiède entre dans la composition des lotions pour le visage, des masques rafraîchissants, des émulsions et des crèmes.

Diverses remarques et curiosités

La guimauve occupe sans aucun doute une place importante parmi les plantes médicinales les plus anciennes et les plus célèbres. Les anciens Grecs l’utilisaient presque tous les jours, tant les propriétés qui lui étaient attribuées étaient nombreuses. Les Egyptiens et les Romains utilisaient les feuilles bouillies comme nourriture ; elle a eu aussi une grande réputation dans la médecine du moyen âge et probablement sa large diffusion est liée à ce fait.

Le célèbre médecin Pier Andrea Mattioli (Sienne, 12 mars 1501-Trento, 1578) a écrit à propos de la guimauve: « Il a été prouvé qu’en prenant une drachme et demi (= 3,89 g) de ses graines en poudre dans le vin, elle casse et prend les pierres générées dans les reins, stimule l’urine et guérit la douleur causée par eux « . Charlemagne a cité la guimauve dans ses Capitulaires parmi les plantes apaisantes et adoucissantes pour traiter les plaies infectées et enflées, et c’était une des plantes cultivées dans les monastères. La guimauve est aussi une bonne plante mellifère.

Les préparations :

Infusion fluidifiante adoucissante contre la toux sèche

Deux cuillères à thé de fleurs dans une tasse d’eau : faire bouillir pendant une minute et laisser infuser quinze minutes, ajouter une cuillère à soupe de miel (de préférence de châtaignier). Boire chaud trois à quatre fois par jour. Elle peut être remplacée par une macération à froid dans de l’eau pendant 6-8 heures avec 2 g de racine broyée ou écrasée dans 150 ml d’eau.

Décoction contre les inflammations de la peau et des muqueuses buccales

Une cuillère de racines broyées dans une tasse d’eau bouillante : porter à ébullition et laisser refroidir. Appliquer sur la peau au moyen de coton pendant quinze à vingt minutes, ou utiliser pour des rinçages et des gargarismes répétés.

Synonymes: Malva maritima Salisb. (1796); Althaea sublobata Stokes (1812); Malva officinalis (L.) Schimper & Spenner. (1829); Althaea vulgaris Bubani (1862); Althaea kragujevacensis Pančić (1874); Althaea micrantha Borbás (1888); Malva althaeaE.H.L.Krause (1901); Althaea officinalis var. obtusifolia (1901); Malva althaea (1902); Althaea balearica J.J.Rodr. (1904); Althaea officinalis var. pseudoarmeniaca Polg. (1941); Althaea officinalis L. subsp. pseudoarmeniaca (Polgar) Kárpáti ex Soó (1973); Althaea officinalis L. subsp. micrantha Dostál (1984); Althaea kragujevacensis Pančić ex N.Diklić & V.Stevanovic (1993).

 

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