Astrocaryum standleyanum

Famille : Arecaceae


Texte © Alessandro Marini

 


Traduction en français par Jean-Marc Linder

 

Astrocaryum standleyanum, Arecaceae

Astrocaryum standleyanum est un palmier originaire d’Amérique centre-méridionale, où il atteint 20 m de hauteur © Giuseppe Mazza

Astrocaryum standleyanum L.H. Bailey est un palmier originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.

Son aire de répartition s’étend depuis le Nicaragua, le Costa Rica et Panama, jusqu’à la Colombie et l’Équateur.

Il y habite les forêts tropicales non inondées jusqu’à une altitude de 900 m, le plus souvent à une altitude moins élevée. Il abonde surtout dans les forêts de la région du canal de Panama.

Astrocaryum, le nom du genre, est la combinaison des substantifs grecs “ἀστήρ” (aster) = étoile, et “κάρυον” (karion) = noix ou graine, et se réfère aux rainures particulières présentes sur la graine ; standleyanum, l’épithète spécifique, honore la mémoire du botaniste américain Paul Carpenter Standley (1884-1963), qui a classé de nombreuses espèces végétales aux États-Unis, au Mexique et en Amérique centrale.

Les populations hispanophones locales appellent ce palmier de divers noms,  parmi lesquels Chumba Wumba, Chonta, Chontadura, Coquillo, Palma negra, Pejibaye de montaña, Guerre, Güérregue, Güinul, Mocora, Pucaishchi, Giwa et Chunga. En anglais, on le connaît comme Mocora Palm, Panama Star-Nut Palm, Panama Black Oil Palm.

C’est une espèce monoïque et monocaule au tronc gris foncé qui atteint 15 à 20 m pour 30 cm de diamètre, densément recouvert de longues épines noires aplaties et acérées qui peuvent atteindre 20 cm de long.

La tige est striée d’anneaux gris clair dépourvus d’épines correspondant aux feuilles tombées.

La couronne foliaire en forme de parapluie est constituée d’une quinzaine de feuilles pennées qui peuvent atteindre 5 m de long et peuvent persister sur la tige durant 5 ans. Les feuilles sont composées d’une centaine de pinnules pendantes irrégulièrement réparties sur le rachis, par groupes de 2 à 5, ce qui confère à la feuille un aspect plumeux. Les pinnules font jusqu’à 110 cm de longueur et 3,5 cm de largeur ; elles sont vert foncé sur le dessus et vert glauque sur le dessous. Les feuilles, les pétioles et les autres parties de ce palmier sont recouvertes d’épines plus petites que celles de la tige.

Pendant la saison des pluies, Astrocaryum standleyanium produit jusqu’à 6 inflorescences interfoliaires redressées, de couleur crème, protégées initialement par de grandes bractées grises caduques recouvertes de petites épines.

Les inflorescences sont ramifiées et portent jusqu’à 200 rachilles, chacune comportant 3 à 5 fleurs femelles dans la partie basale et des fleurs mâles dans la partie supérieure.

Astrocaryum standleyanum, Arecaceae

Détail d’une inflorescence en croissance. Les fleurs femelles mûrissent d’abord, ce qui favorise la fertilisation croisée © Giuseppe Mazza

Les fleurs femelles, longues de 6 à 8 mm de long, mûrissent plus tôt que les fleurs mâles d’environ 4 mm de long, ce qui favorise la pollinisation croisée.

Pendant la maturation des fruits, l’inflorescence s’étire jusqu’à 150 cm et, sous le poids, plie et retombe vers le bas.

Dans des conditions optimales, il peut y avoir jusqu’à 500 fruits par inflorescence. Leur forme est ovoïde, ils mesurent jusqu’à 6 cm de long et 3 cm de large. Ils sont d’abord vert-gris puis orange à maturité.

Ce palmier est très ornemental en raison de la grande couronne en parapluie composée de feuilles plumeuses, qui contraste avec la tige plutôt élancée. Il n’est toutefois pas très employé, en raison avant tout des dangereuses épines présentes sur toutes les parties de la plante. Ce point doit être pris en compte pour disposer les sujets dans les grands parcs et jardins, pour éviter les risques d’accidents aux personnes.

Cultivable dans les zones tropicales et subtropicales chaudes dont la température ne descend jamais sous 4 °C, il demande des sols riches en humus, de préférence acides ou neutres, maintenus constamment humides mais très bien drainés pour éviter la stagnation au niveau des racines.

Surtout quand il est jeune, il préfère les endroits ombragés et peu ventés, mais avec l’âge il supporte également le plein soleil.

Il se reproduit sans difficultés par semis des graines, nettoyées et trempées dans l’eau pendant 48 heures, dans un sol fertile enrichi en sable pour améliorer le drainage et maintenu à des températures comprises entre 24 et 28 °C. La germination a lieu en 2 mois.

Astrocaryum standleyanum est considéré comme l’un des palmiers les plus importants économiquement pour les populations autochtones d’Amérique centrale.

Le fruit est comestible et a une haute valeur nutritionnelle, en particulier en vitamines A, B et C.

Des fruits et des graines, les populations locales extraient de l’huile qu’elles utilisent également comme biocarburant.

Astrocaryum standleyanum, Arecaceae

Comestibles, les fruits sont riches en vitamines. Chaque partie de la plante trouve localement un usage © G. Mazza

Les fruits sont également une excellente source nutritive pour les animaux d’élevage.

Les apex végétatifs sont utilisés pour la production de “cœurs de palmier”.

Les pétioles et les rachis foliaires sont utilisés pour fabriquer des bâtons de marche, des arcs et des cannes à pêche.

Les troncs sont utilisés en construction d’habitations.

Deux types de fibres sont obtenus à partir des jeunes feuilles : la plus épaisse est utilisée pour fabriquer à la main des objets artisanaux tressés, comme les articles dits “en rotin”, et la plus fine est employée dans les métiers à tisser pour produire des nattes, des hamacs et des filets de pêche.

La préparation des fibres à des fins commerciales requiert la suppression des épines, l’ébullition et le séchage au soleil, le blanchiment au soufre et la découpe en bandes de largeur égale.

Les fibres ainsi traitées sont ensuite tressées en bandes, avec lesquelles on confectionne différents types d’accessoires : sets de table, plateaux, dessous de verre, des vases, des paniers, des pichets, des sacs, des chapeaux et même des bijoux, pour la vente locale mais aussi pour des distributeurs internationaux.

Initialement, on coupait la plante pour en utiliser les différentes parties ; avec la raréfaction du nombre de pieds, les autochtones ont appris à les préserver en fixant une lame tranchante (machette) à l’extrémité de longues cannes de bambou, avec laquelle ils coupent facilement les feuilles et les fruits de la plante.

Dans ses forêts d’origine, Astrocaryum standleyanum vit en symbiose avec certaines espèces de rongeurs (Dasyprocta spp.) qui se reproduisent pendant la période de fructification du palmier et, en se nourrissant des fruits, les dispersent dans le milieu environnant, favorisant ainsi l’expansion de l’aire de distribution.

Synonymes : Astrocaryum standleyanum var. calimense Dugand ; Astrocaryum trachycarpum Burret.

 

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