Chaetodontoplus duboulayi

Famille : Pomacanthidae

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Texte © Giuseppe Mazza

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Chaetodontoplus duboulayi, Pesce angelo scarabocchiato, Pomacanthidae

Mâle de Chaetodontoplus duboulayi aux nageoires étirées dans toute sa splendeur. Il vit dans les eaux tropicales de l’Ouest du Pacifique où il atteint 28 cm de long © Graham Edgar, Reef Life Survey

Le Chaetodontoplus duboulayi (Günther, 1867), parfois connu sous le nom vulgaire traduit de l’anglais de Poisson-ange scribe, appartient à la classe des Actinopterygii, les poissons aux nageoires rayonnées, à l’ordre des Perciformes et à la famille des Pomacanthidae qui est dédiée aux Poissons-anges et compte 8 genres et presque une centaine d’espèces. Ce sont souvent des poissons multicolores qui voltigent majestueusement comme des anges mais qui possèdent une longue épine en forme de poignard à la base de l’opercule.

Ce n’est pas sans raison que le nom du genre Chaetodontoplus vient du grec “χαίτη” (kaite) = cheveux et “ὀδών” = (odon) = dent, ce qui est la même racine que pour les Chaetodon, les fragiles Poissons-papillons “aux dents en forme de soies”, mais à laquelle on a ajouté “oplon” = bouclier en raison de la présence de l’épine défensive très apparente tournée vers la queue. Le nom de l’espèce  duboulayi rend hommage à A.H. du Boulay, un naturaliste et explorateur de la faune australienne.

Zoogéographie

Le Poisson-ange scribe vit dans les eaux tropicales de l’Ouest du Pacifique. Depuis la Grande Barrière de corail australienne on le trouve côté Nord en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Indonésie et à Taïwan. Sa présence au Vietnam fait l’objet de discussions. L’île de Lord Howe constitue sa limite méridionale.

Écologie-Habitat

C’est une espèce sédentaire inféodée aux récifs et aux formations madréporiques qui vit dans des zones abritées sur le côté intérieur du récif. On la rencontre en général entre 5 et 20 m de profondeur sur des fonds meubles où se trouvent en abondance des débris ou des rochers comportant des anfractuosités où elle peut se cacher et, si possible, incrustées d’algues filamenteuses, d’éponges et de tuniciers dont elle se nourrit.

Chaetodontoplus duboulayi, Pesce angelo scarabocchiato, Pomacanthidae

Les femelles peuvent en grandissant se transformer en mâles. Celles-ci sont donc plus petites et arrondies tout comme les juvéniles. Les fines zébrures turquoise du corps sont presque absentes car recouvertes par une patine gris bleuâtre qui épaissit en allant vers la queue. La nageoire caudale a des bords arrondis © Giuseppe Mazza

Morphophysiologie

Chaetodontoplus duboulayi a un corps très comprimé latéralement, au profil presque rectangulaire et aux nageoires étirées, comme le Chaetodontoplus septentrionalis qui a des couleurs analogues avec des arabesques et des zébrures mimétiques.

Le profil de la tête qui a un front incliné est légèrement concave. La bouche est petite, protractile et possède des lèvres charnues et des dents minuscules qui ressemblent à des brosses.

La nageoire dorsale a 11 rayons épineux et 22 rayons mous. La nageoire anale, presque symétrique, a 3 rayons épineux et 21 rayons inermes. Les robustes nageoires pectorales et les nageoires pelviennes pointues sont également inermes.

Il existe un léger dimorphisme sexuel mais il n’est pas toujours facile de déterminer le sexe vu qu’il s’agit d’une espèce hermaphrodite protérogyne chez laquelle les femelles peuvent en grandissant devenir des mâles et présentent donc des livrées intermédiaires.

Les mâles qui ont quelques mois de plus et sont par conséquent plus grands peuvent atteindre 28 cm de long. Leur corps est bleu et comportent de fines zébrures turquoise plus ou moins parallèles qui sont également présentes sur la nageoire dorsale et la nageoire anale. Le museau est jaune orangé puis une bande verticale bleue mimétique camoufle l’oeil. Elle est suivie d’un espace blanc et d’une autre bande verticale jaune orangé qui se prolonge sur le dos jusqu’à l’opercule caudal qui est orné de petites taches bleues et orange. Les côtés extérieurs de la nageoire caudale sont pointus et plus ou moins allongés.

Chez les femelles, par contre, la nageoire caudale a des bords arrondis. Sur le corps, à l’exception des deux grandes nageoires, les fines zébrures turquoise sont presque absentes car recouvertes d’une patine gris bleuâtre qui épaissit vers la queue. Le profil du corps est plus arrondi tout comme chez les juvéniles qui au début sont noirs et ont un museau et une queue jaunes comme le bord des nageoires adjacentes ainsi qu’une large bande verticale de la même couleur centrée sur l’opercule.

Chaetodontoplus duboulayi, Pesce angelo scarabocchiato, Pomacanthidae

À cause de sa beauté le Poisson-ange scribe est très recherché par les aquariophiles. Ce n’est pas une espèce en danger mais sûrement peu appropriée pour les aquariums domestiques en raison de sa taille et de sa faible résistance à des maladies très fréquentes comme celle provoquée par l’Oodinium © Rick Stuart-Smith, Reef Life Survey

Éthologie-Biologie reproductive

Le Chaetodontoplus duboulayi vit seul, en couple ou en petits groupes. Les mâles possèdent en général un petit territoire aux alentours de leur gîte avec quelques femelles. Quand l’une d’elles s’apprête à pondre, d’habitude vers le soir pendant que les pilleurs d’oeufs dorment, le mâle manifeste sa présence en nageant près d’eux avec les nageoires étirées. Ensuite tous deux montent en nageant en spirale vers la surface où a lieu la fécondation. Les oeufs pondus par milliers mesurent moins d’un millimètre et sont confiés aux courants. Ils éclosent à des endroits souvent éloignés au bout de 15 à 20 heures.

À cause de sa beauté le Poisson-ange scribe est très recherché par les aquariophiles et il existe des élevages. On ne sait pas trop si les éleveurs les reproduisent ou s’ils se contentent de faire grandir dans de grands bassins les larves pêchées en haute mer.

Même si ce n’était pas en 2020 une espèce en danger elle est de toute manière peu appropriée pour les aquariums domestiques du fait de sa taille, de ses exigences alimentaires, de sa faible résistance à des maladies fréquentes dans les aquariums comme celle provoquée par l’Oodinium, un dinoflagellé qui recouvre les poissons d’aquarium de petits points blancs, et de son intolérance en  ce cas aux sels de cuivre utilisés pour les soigner. Elle a besoin de grands bassins comportant beaucoup d’abris et bien situés comme ceux des grands aquariums publics où l’on sait comment l’alimenter et où l’on contrôle chaque jour les paramètres de l’eau.

La résilience de cette espèce est médiocre, les populations décimées par des catastrophes pouvant mettre de 1,1 à 4,4 ans pour doubler de nombre. L’indice de vulnérabilité s’établit actuellement à 39 sur une échelle de 100.

Synonymes

Holacanthus duboulayi Günther, 1867.

 

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