Crotalus pricei

Famille : Viperidae

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Testo © Dr. Gianni Olivo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Le Crotale de Price  (Crotalus pricei Van Denburgh, 1895), appelé en anglais Twin spotted rattlesnake ou Western spotted nattler, est un petit vipéridé (Viperidae) du Nouveau Monde qui appartient à la sous-famille des Crotalinés (Crotalinae).

Il doit son nom à un biologiste, William Price, qui a été le premier à le décrire. On reconnaît deux sous-espèces, Crotalus pricei pricei et Crotalus pricei miquihuanus : alors que la première est répandue à la fois au Mexique et dans une partie du Sud des États-Unis (l’Arizona) la seconde ne se trouve qu’au Mexique (Nuevo Leon, Tamaulipas et Coahuila).

C’est un petit vipéridé qui d’ordinaire ne dépasse pas 50 cm de long (le record s’établissant à 65 cm) dont la couleur de fond est gris cendré ou gris-bleu azur, souvent plutôt claire, parfois rougeâtre ou de teinte marron et sur laquelle se démarquent deux séries de taches dorsales disposées deux par deux sur les côtés de la ligne dorsale médiane (d’où l’un des noms vernaculaires anglais : twin spotted rattlesnake). Les parties ventrales sont plus claires et de couleur crème ou blanchâtre avec habituellement de fines mouchetures foncées. La tête, déprimée et triangulaire, a des yeux à la pupille elliptique et verticale et comporte des fossettes thermorégulatrices qui permettent au petit prédateur d’être averti de la proximité de proies à sang chaud même en l’absence de mouvement ou dans l’obscurité. La tête est nettement distincte du cou. La queue comporte le collier habituel d’anneaux cornés qui, quand la queue est agitée rapidement, produit un bourdonnement aigu.

C’est foncièrement un reptile de “haut plateau” que l’on peut rencontrer entre 1.000 et 3.200 m d’altitude. C’est pourquoi, à la saison froide, il hiberne souvent en tirant parti d’abris naturels ou de tanières creusées par des mammifères ou d’autres animaux. C’est par conséquent un spécialiste des zones montagneuses et de terrains souvent rocheux et parfois aussi sablonneux. Les individus dont la couleur de fond est rougeâtre ou rouille se rencontrent plus souvent là où les roches présentent des teintes “ferreuses” alors que le gris domine dans les habitats comportant des roches dont les  couleurs sont plus pâles et neutres ou sur les pierrailles.

Crotalus pricei, Viperidae

Le Crotalus pricei dépasse rarement 50 cm. Son venin est peu abondant mais assez puissant © Giuseppe Mazza

Au Mexique il est assez commun dans les prairies de montagne ou dans le fond des vallées herbeuses caractéristiques de certaines zones où diverses espèces de rongeurs terricoles et d’oiseaux nichant au sol offrent des proies en abondance. Un autre habitat caractéristique est représenté par les bois clairsemés de Pins pignon mexicains (Pinus cembroides), un conifère qui produit une sorte de graine, le pignon, qui peut être consommé par l’homme mais qui est aussi apprécié par les écureuils, les souris et d’autres minuscules animaux qui constituent d’excellentes proies pour le petit crotale.

Les versants exposés au Sud qui portent une végétation mixte de Pinus cembroides et d’agaves sont également des lieux appropriés  pour ceux qui cherchent à voir un de ces serpents élégants que l’on peut souvent observer pendant qu’ils se “dorent” au soleil  surtout le matin de bonne heure. Certaines populations effectuent d’authentiques petites migrations depuis leurs quartiers d’été à leurs quartiers d’hiver soit pour trouver un meilleur abri en vue de leur hibernation (souvent partielle et interrompue pendant les journées ensoleillées et plus tièdes) soit parfois, là où les conditions climatiques sont plus favorables, pour s’en dispenser et conserver un certain niveau d’activité pendant les mois d’hiver.

Bien que doté des yeux d’un animal nocturne le crotale de Price est parmi les crotalidés un de ceux qui ont les moeurs les plus diurnes. Il attend le passage de lézards et de petits mammifères qu’il mord rapidement en leur injectant un venin cytotoxique qui, en plus de tuer la proie, commence à la pré-digérer de l’intérieur en la rendant plus facile à disséquer une fois avalée. Si la proie est de petites dimensions, comme un lézard, elle est attrapée, immobilisée et rapidement avalée. Si elle a des dimensions plus grandes ou si elle est potentiellement en mesure de blesser le prédateur comme certains rongeurs dotés d’incisives tranchantes et de griffes acérées elle est rapidement relâchée après la morsure puis traquée à l’aide de la langue bifide et de l’organe de Jacobson, récupérée une fois  morte et inoffensive et avalée alors en entier à partir de la tête. On a également décrit des cas de cannibalisme avec ingestion de congénères de plus petites dimensions.

Le venin du Crotalus pricei est assez puissant mais secrété en faible quantité . C’est pourquoi une éventuelle morsure est nettement moins grave que celle d’un grand crotalidé. De plus la plus petite longueur de ses crochets à venin, de type solénoglyphe, et le moindre rayon d’action de son “allonge” ne le rendent pas particulièrement dangereux mais il s’agit quand même d’un reptile à traiter avec respect parce qu’il ne tarde guère à mordre s’il est dérangé et même s’il n’ a pas le tempérament “sanguinaire” de certains autres serpents comme les Cascabelles ou les Crotales diamantins. Son venin a un effet cytotoxique,  provoque des œdèmes et agit aussi sur la coagulation mais ses morsures concernent surtout ceux qui les capturent ou les manipulent dans le cadre de leurs activités de loisir bien que des risques existent aussi pour les excursionnistes, les chasseurs et les alpinistes surtout s’ils mettent les mains là où leurs yeux ne leur permettent pas de voir, comme lors du ramassage de bois de chauffage ou de la recherche d’un point d’appui pour grimper sur un rocher.

Les accouplements ont lieu en été. Les naissances  des petits qui sont déjà vivants et non pas enveloppés dans l’œuf vu qu’il s’agit d’un animal ovovivipare se produisent à la fin du printemps ou au début de l’été.

 

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