Hydrocera triflora

Famille : Balsaminaceae


Texte © Prof. Pietro Pavone

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Hydrocera triflora

Hydrocera trifolia est une plante semi-aquatique pérenne originaire du Sud de l’Inde et du Sud-Est asiatique où elle peut atteindre un mètre de haut © Kwan Han

Hydrocera trifolia (L.) Wight & Arn. est une espèce originaire du Sud de l’Inde, du Sri Lanka, de la Thaïlande, du Vietnam, du Laos, du Cambodge, de la Malaisie, de l’Indonésie et du Sud de la Chine.

Tout comme le genre Impatiens elle appartient à la famille des Balsaminaceaemais, à la différence des Impatiens qui comprennent de très nombreuses espèces,  elle est la seule du genre Hydrocera. Noms communs : Balsama d’acqua, Henné di palude (italien).

C’est une plante semi-aquatique pérenne qui pousse dans des eaux stagnantes, des mares, des lacs, des rizières et des fossés. La tige qui peut atteindre une hauteur d’un mètre est charnue et comporte une partie immergée longue jusqu’à 70 cm. Cette partie immergée est blanche, de consistance spongieuse et dépourvue de feuilles et possède des racines au niveau des nœuds en partie basse. La partie située au-dessus de l’eau est feuillue, droite, non ramifiée et verte et a souvent des teintes roses.

Hydrocera triflora

Elle appartient comme les Impatiens à la famille des Balsaminaceae mais s’en distingue par ses pétales libres © Robert Combes

Les feuilles sont linéaires à lancéolées, dentées sur les bords, glabres des deux côtés, de couleur vert clair sur leur face inférieure et vert foncé sur leur face supérieure.

Les inflorescences sont racémeuses et ont de courts pétioles axillaires et 2 à 5 fleurs, 3 en général. La structure florale est tétracyclique : 5 sépales, 5 pétales, 5 étamines et 5 carpelles. Les sépales et les pétales sont libres, nettement apparents et colorés.

Du fait de sa rotation (résupination) à 180 degrés le sépale inférieur est naviculaire et possède un éperon.

Le pétale supérieur est en forme de capuchon et obové. Les quatre pétales latéraux sont regroupés et se composent de deux pétales supérieurs nettement oblongs et de deux pétales inférieurs plus longs et plus étroits qui ont un apex renflé.

Les étamines sont soudées dans la partie supérieure des filets et dans les anthères et entourent complètement le gynécée.

Les anthères s’étirent vers le bas de manière à faire office de “pinceau” contre le corps du pollinisateur. L’ovaire a 5 loges dont chacune contient 2 ou 3 ovules anatropes. Les étamines sont au nombre de 5 et sessiles.

Le fruit, de couleur rouge à maturité, est une drupe (pseudo-baie) charnue, sphérique, indéhiscente qui comprend cinq loges dont chacune contient une seule graine. Les graines sont incurvées, rugueuses et dépourvues d’endosperme.

Le genre Hydrocera se distingue du genre Impatiens par la morphologie de ses fleurs et de ses fruits.

Ces derniers sont des capsules explosives présentes chez toutes les espèces d’Impatiens et qui contiennent chacune de nombreuses graines alors que chez Hydrocera ce sont des pseudo-baies qui ne contiennent que 5 graines.

Ces différences des systèmes reproducteurs semblent être suffisantes pour justifier la séparation taxonomique entre les deux genres à l’intérieur de leur famille.

Il est probable que la cause qui a généré un nombre très élevé d’espèces chez Impatiens et une seule chez Hydrocera  soit à rechercher dans leurs habitats.

Impatiens se rencontre dans les forêts et les milieux montagnards qui offrent une hétérogénéité élevée de ressources et la possibilité d’un isolement potentiel de différentes populations. Cela a entraîné un plus grand potentiel de diversification et par conséquent l’apparition d’espèces nouvelles. L’habitat de H. trifolia est semi-aquatique et naturellement beaucoup plus restrictif quant à une possible diversification.

Hydrocera triflora

Les fruits coulent, se décomposent et les graines flottantes sont dispersées par les courants. Une stratégie gagnante, mais qui limite la propagation aux milieux aquatiques © Kwan Han

À cette limitation s’ajoute la différence qui concerne la capacité de dispersion des graines. Toutes les espèces d’Impatiens produisent beaucoup de graines au moyen d’un fruit du type capsule qui explose en les dispersant à des distances relativement grandes alors que Hydrocera porte à maturité des pseudo-baies qui tombent dans l’eau et qui, vu qu’elles ne flottent pas, restent immergées aussi longtemps que le revêtement charnu ne s’est pas décomposé en permettant alors aux graines de sortir puis de se libérer.

Les graines, grâce à leurs poches d’air, flottent et sont dispersées par les courants jusqu’à l’assèchement saisonnier qui leur permet d’entrer en contact avec la boue et ensuite de germer. Il est certain que ce mode de dispersion des graines est très efficace dans les milieux aquatiques mais non dans les autres et de ce fait Hydrocera est dans l’impossibilité de se diversifier vu qu’elle ne peut pas coloniser de nouveaux habitats.

Sur le plan économique H. trifolia joue un rôle modeste en tant que plante d’ornement.

Synonymes : Impatiens angustifolia Blume, Impatiens natans Willd., Impatiens triflora L., Tytonia natans (Willd.) G. Don, Tytonia triflora (L.) C.E. Wood.

 

 

 

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