Hypericum perforatum

Famille : Hypericaceae

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Texte © Eugenio Zanotti

 

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Traduction en français par Michel Anciaux

 

Hypericum perforatum se retrouve à présent partout dans les zones climatiques tempérées © G. Mazza

Hypericum perforatum se retrouve à présent partout dans les zones climatiques tempérées © G. Mazza

Le millepertuis, appelé parfois Herbe de la Saint-Jean (Hypericum perforatum L. 1753) a une aire de distribution presque cosmopolite. Endémique dans les régions tempérées de l’Ancien Monde (Eurasie et Afrique du Nord), nous le trouvons maintenant, en Amérique du Nord et du Sud, dans le Sud de l’Afrique, en Australie et en Nouvelle Zélande.

L’interprétation du nom du genre est sujette à controverse : certains voudraient le lier aux bruyères, à partir du grec “ypo” = sous, et “erike” = lande, pour d’autres, il provient de “upper” = au-delà, et de “heicon” = image, en raison du pointillé transparent des feuilles. Pour d’autres encore, il vient du grec “yper” = plus de et de “eicos” = ressemblance, à cause de la présence sur les pétales, d’un élément rappelant une image; “-ico” venant du verbe “eico” = signifiant, je suis semblable à. Le nom de l’espèce provient du latin “perforo” = perforer, en référence aux nombreuses glandes translucides présentes sur le limbe des feuilles, donnant l’impression de “mille trous”.

Connu sous le nom de millepertuis, colophane rose, herbe de Klamath, ou de chasse-diable (la tradition veut qu’il soit récolté le 24 juin, le jour de la Saint Jean, pour faire de petits paquets que l’on accroche aux portes, pour se protéger des démons), Hypericum perforatum est une plante herbacée, glabre, vivace, de 10 à 70 (100) cm de haut. Les tiges sont plutôt rigides, traversées longitudinalement par 2 lignes saillantes, prostrées et lignifiées à la base. Les feuilles sont opposées, sessiles ou presque sessiles, ovalo-lancéolées, parsemées de glandes translucides et de glandes sombres sur les extrémités.

La floraison, dans l’hémisphère nord, est concentrée entre mai et août. Les fleurs ont 5 pétales jaune d’or, 2 fois plus longs que les sépales, et sont regroupés en corymbes. Une sève rouge sang s’en épanche lorsqu’elles sont arrachées de leur pédoncule. Les fruits sont des capsules triloculaires. Il vit dans les prairies sèches, les broussailles sèches et éparses, à la lisière des forêts et au bord des routes, sur les terres en friche, sur les vieux murs, et dans les formations à la végétation synanthropique (0 à 1600 m). C’est un des symboles du solstice d’été. On récolte durant l’été les extrémités fleuries appelées “Herba Hyperici”, pour usage phytothérapeutique.

Fleurs en corymbe, avec 5 pétales jaune d’or, 2 fois plus longs que les sépales © Giuseppe Mazza

Fleurs en corymbe, avec 5 pétales jaune d’or, 2 fois plus longs que les sépales © Giuseppe Mazza

Ils contiennent plusieurs constituants chimiques typiques, tels que les naphtodianthrones (hypéricine et pseudohypéricine), les phloroglucinols (hyperforine et adhyperforine), les flavonoïdes (hyperoside, quercitrine, isoquercetine et rutine), des tanins catéchiques, les acides caféiques et chlorogéniques, la pectine, des tanins et des substances mucilagineuses, etc.

Ces principes actifs confèrent au millepertuis des propriétés topiques et vulnéraires (usage externe), capillotropiques et astringentes. En usage interne, ces substances agissent comme antidépresseurs et soulagent les problèmes nerveux, traitent l’inflammation des bronches, du système urinaire et plus généralement de tout organe abdominal.

C’est un antiseptique, décongestionnant et balsamique, utilisable contre l’asthme, les insuffisances hépatiques, l’énurésie et pour les digestions difficiles.

Les extraits d’Hypericum perforatum sont utilisés dans les cliniques russes pour traiter les formes inflammatoires des bronchites et du tractus génital, grâce à leur activité balsamique, antibactérienne, anti catarrhale et antiphlogistique. En usage externe, il est employé comme vulnéraire, anti-inflammatoire et cicatrisant, étant donné son activité antivirale et antibactérienne. Une infusion contre les inflammations et les catarrhes bronchiques et vésicales est préparée à partir d’une cuillerée des extrémités fleuries hachées et broyées dans de l’eau bouillante. Laisser infuser un quart d’heure, filtrer, ensuite bien presser le résidu, et sucrer avec du miel. A préparer et absorber tiédi 2 à 3 fois par jour, hors repas.

C'est un symbole du solstice d'été, aux remarquables propriétés médicinales © Giuseppe Mazza

C'est un symbole du solstice d'été, aux remarquables propriétés médicinales © Giuseppe Mazza

La traditionnelle huile de millepertuis aux propriétés topiques et vulnéraires, utilisable pour soigner les brulures domestiques aussi bien que les érythèmes solaires, est produite à partir de 300 gr d’huile d’olive, 150 ml d’alcool éthylique à 20 ° et de 50 grammes de fleurs de Millepertuis. Laisser macérer dans un bocal fermé durant 3 jours, en l’exposant au soleil et en l’agitant de temps à autre. Filtrer en écrasant le macérât avec un presse-purée, évaporer le reste d’alcool en passant au bain-marie durant 10 minutes. Il est utilisé en imprégnant des tampons de gaze qui seront appliqués sur des plaies, des brûlures ou des ulcérations.

Le nom d’Herbe de la Saint-Jean remonte au début de l’ère chrétienne, probablement à cause de la couleur rouge du liquide sécrété par les pétioles foliaires et les glandes foncées, présentes sur la plante et qui rappellent la décapitation du saint.

Parmi les innombrables légendes populaires de l’époque des druides ou médiévale, concernant le millepertuis, on peut rappeler celle où la jeune fille cache une petite branche de millepertuis sous son oreiller, ce qui lui assure de découvrir le visage du futur marié dans ses rêves ; une autre légende annonçait à la fiancée qui accrochait à la cheminée 2 petites branches de millepertuis, que si ceux-ci s’inclinaient l’un vers l’autre après séchage, cela signifiait que le mariage serait heureux et durable.

Synonymes : Hypericum perforatum var. albiflorum Choisy (1824); Hypericum marylandicum Biroli ex Colla (1833); Hypericum pseudoperforatum Bertol. (1844); Hypericum lineolatum Jord. (1855); Hypericum deidesheimense Sch. Bip. ex Trevir. (1871); Hypericum mixtum Des Moul. (1867); Hypericum perforatum var. alpinum Parl. (1872); Hypericum perforatum var. anomalum Frit. (1887); Hypericum perforatum var. microphyllum H. Lév. (1907).

 

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