Iphiclides podalirius

Famille : Papilionidae.

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Texte © Dr. Gianfranco Colombo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Iphiclides podalirius, Papilionidae, Flambé

Confondu parfois avec le Machaon, le Flambé (Iphiclides podalirius) atteint comme celui-ci 9 cm d’envergure alaire © Giuseppe Mazza

Le Flambé (Iphiclides podalirius Linnaeus, 1758) appartient à l’ordre des Lepidoptera et à la famille des Papilionidae, un groupe de papillons qui sont parmi les plus resplendissants et les plus répandus de toute la planète.

Cette espèce partage avec le Machaon (Papilio machaon) des performances et des caractéristiques de plusieurs sortes au sein du monde ailé paléarctique.

Ils sont de loin les plus grands de tous nos lépidoptères diurnes. Leurs queues sont plus longues que celles des autres papillons. Ils sont tous deux appelés “queue d’hirondelle”. Ils ont des formes très élégantes et des couleurs splendides et délicates. Ils partagent les mêmes territoires et leurs noms scientifiques se réfèrent à la même transmission de la mythologie grecque.

Le Flambé est considéré par beaucoup comme le papillon le plus beau du paléarctique. Il se distingue du Machaon par certaines caractéristiques morphologiques et son élégance particulière.

C’est un papillon au corps souple et élancé à tel point qu’il dépasse par sa longueur, qui est unique dans le paléarctique, la dimension de son envergure alaire. Ses deux queues qui atteignent deux centimètres de long sont très visibles quand il vole et lui confèrent une élégance remarquable. Son vol est léger et gracieux. On le voit souvent se déplacer au moindre souffle de vent, sans aucun battement d’ailes, tel une feuille magnifique et immobile. En dépit de la beauté du Machaon on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que du fait de ces particularités le Flambé est sa version aristocratique.

Comme cela a déjà été dit son nom scientifique se rapporte aux récits mythologiques de la Grèce. Le nom du genre Iphiclides fait en effet référence à Iphiclès, un demi-frère d’Héraclès, alors que le nom de l’espèce Podalirius rappelle Podalire, le frère de Machaon, qui furent tous deux des médecins grecs qui participèrent à l’expédition contre Troie.

Iphiclides podalirius, Papilionidae, Flambé

Ses évolutions et ses motifs sont plus raffinés que ceux du Machaon et il pratique souvent des vols planés © Giuseppe Mazza

Les noms vulgaires européens offrent  une description très intéressante de ce papillon : scarce Swallow tail en anglais, podalirio en italien, Segefalter en allemand, Chupa leche ou podalirio en espagnol et Koningspage en néerlandais.

Zoogéographie

Le Flambé est répandu en Europe, dans toute l’Asie tempérée et en Afrique du Nord.

Il est également présent dans certaines régions de la Chine qui constitue le point le plus éloigné de son aire de distribution.

Au Nord il est absent du Nord de la Scandinavie et de pratiquement presque toute l’Angleterre, ce qui explique précisément le nom vulgaire qui y est donné à ce papillon.

Il effectue souvent des migrations. Les individus rencontrés au-delà des côtes de la mer du Nord et de la Baltique sont considérés comme le fruit de ces déplacements.

L’Europe est nettement subdivisée en deux parties par une ligne géographique qui délimite les zones de présence des deux principales sous-espèces de ce papillon : la Iphiclides podalirius feisthameli qui vit depuis les Pyrénées et le Sud de la France jusqu’à toute la péninsule ibérique et la Iphiclides podalirius podalirius qui vit dans le reste du continent eurasiatique. Il existe une forme mélanique, la lucifer, qui est très rare et n’a été aperçue que certaines fois.

Écologie-Habitat

Il fréquente des forêts tempérées, des plaines, des vergers et des jardins fleuris mais on peut le rencontrer en train de vagabonder dans tous les milieux. On le trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à 1700/1800 m d’altitude.

Iphiclides podalirius, Papilionidae, Flambé

Il fréquente jardins, forêts, plaines et vergers jusqu’à 1800 m d’altitude © Giuseppe Mazza

Morphophysiologie

Il n’est pas facile de voir dans la nature des individus dont les ailes sont parfaitement intactes. La raison en est qu’elles semblent exercer une fonction mimétique de défense à l’encontre des agresseurs, le papillon ayant en effet à proximité de celles-ci un ocelle de couleur orange bien visible qui les fait ressembler à une fausse tête.  À cause de cela on observe souvent sur des individus qui volent depuis quelques jours une détérioration ou même une absence de ces appendices.

Les ailes ont des dimensions importantes, leur envergure pouvant atteindre jusqu’à 90 mm, mais on rencontre aussi des individus de seulement 65 mm. Les saisons, le climat et l’abondance de la nourriture conditionnent souvent les dimensions de ce papillon. Il est facile à reconnaître tant à cause de son vol particulier que de sa couleur qui est unique en son genre. Le côté supérieur des ailes antérieures est de couleur blanc jaunâtre et est traversé par six rayures noires verticales regroupées par paires qui partent  de la côte pour atteindre ensuite le bord inférieur de l’aile. L’aile inférieure porte une seule rayure verticale noire qui est accolée à une bande basale très grande et de la même couleur noirâtre. Il existe dans la zone submarginale de grands motifs bleuâtres qui forment trois encoches bien visibles qui donnent faussement l’impression que l’aile est dentelée. Toujours dans la zone basale inférieure il y a un ocelle bleu ourlé de noir situé au centre d’une grosse tache orange.

La sous-espèce feisthameli porte des lignes noires nettement plus marquées au point qu’elle semble constituer une forme mélanique du Flambé. L’ocelle, également, est plus beaucoup plus gros et plus net et comporte une grande pupille noire en son centre. Les motifs disposés sur le côté supérieur des ailes sont fidèlement répétés au verso. L’abdomen est noir. Les antennes ne sont pas longues si on les compare à la grande dimension de l’envergure alaire. C’est une espèce très précoce que l’on voit voler depuis le mois de mars jusqu’à tout le mois de septembre.

Le Flambé est commun dans le paléarctique mais on ne le rencontre jamais en grand nombre. C’est une espèce toujours en mouvement qui parcourt de vastes espaces sans autre but que celui de sucer le nectar de toutes les fleurs qui l’intéressent. Il n’existe pas de dimorphisme sexuel si ce n’est une taille légèrement plus grande de la femelle. La génération de l’été a une couleur plus claire et porte des motifs moins nets sur les ailes.

Iphiclides podalirius, Papilionidae, Flambé

Il se reproduit avec des chenilles présentes aussi sur des arbres fruitiers et des arbustes, en général des Rosacées © Giuseppe Mazza

Biologie reproductive

Le Flambé est une espèce bivoltine dans les zones les plus chaudes de son aire de distribution alors qu’elle est généralement monovoltine dans toutes les autres.

Il pond des œufs très petits, de couleur verdâtre clair, sur le côté inférieur des feuilles d’arbres fruitiers, de prunelliers mais aussi sur d’autres essences arbustives.

Comme c’est généralement le cas pour tous les papillons les œufs qui ont été pondus remplacent au bout de quelques jours leur couleur d’origine par une teinte plus foncée et mimétique. L’incubation dure relativement peu vu qu’ils éclosent en général en moins de dix jours.

Les chenilles sont très petites et tout-à-fait à l’échelle de la taille réduite de l’œuf qui a été pondu. Elles sont particulièrement peu visibles vu que leur couleur hyaline correspond à celle des feuilles auxquelles elles sont agrippées. Leur croissance peut prendre de 40 à 50 jours. Elles peuvent alors atteindre une longueur qui dépasse rarement 4 cm.

La chrysalide, d’abord de couleur verte puis marron, est reliée aux branches de la plante nourricière par des fils de soie solidement accrochés qui assurent sa survie pendant la saison hivernale. L’incubation de la génération de l’été dure environ 4 semaines alors que celle de l’hiver s’étend d’octobre à la fin du mois de mars de l’année suivante. Les plantes-hôtes sont des arbres fruitiers (prunier, cerisier, pêcher, abricotier, poirier, pommier et autres) et des arbustes (aubépine, prunellier, sorbier et autres).

Synonymes

Papilio podalirius Linnaeus, 1758.

 

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