Lacerta agilis

Famille : Lacertidae

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Texte © Dr. Carlo Zucchi

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Lacerta agilis, Lacertidae, Lézard des souches

Longue de 20 à 30 cm y compris la queue, agile et vive comme l’indique son nom scientifique, la Lacerta agilis est un des sauriens les plus répandus de l’Eurasie © G. Mazza

Le Lézard des souches (Lacerta agilis Linnaeus, 1758) est avec le Zootoca vivipara un des sauriens les plus répandus présents en Eurasie.

Le nom de l’espèce Lacerta est celui que les Romains ont donné à ces lézards alors que le nom de l’espèce agilis = agile, rapide, svelte rappelle, également en latin, les caractéristiques de cette espèce.

Le nom anglais « Sand lizard », de son côté, fait référence à son milieu : le substrat sableux qu’il semble préférer au milieu des arbustes qui lui servent d’abri.

Zoogéographie

Lacerta agilis a une aire de répartition très vaste. On la rencontre de plusieurs sites du centre et du Sud de l’Angleterre et du Sud de la Suède jusqu’aux Alpes et de plusieurs stations dans les Pyrénées et du centre et de l’Est de la France jusqu’aux Balkans. Elle est en outre présente dans l’Europe centrale et l’Europe orientale jusqu’à la Russie, l’Asie centrale, le Caucase et le Nord-Est de la Turquie.

Lacerta agilis, Lacertidae, Lézard des souches

Elle s’adapte à divers milieux en général sableux et arbustifs et a de nombreuses sous-espèces © Giuseppe Mazza

On a répertorié à ce jour différentes sous-espèces dont : 

– Lacerta agilis agilis en Europe centrale et dans l’Europe de l’Ouest

– Lacerta agilis argus dans l’Europe orientale, à l’Est de l’Elbe

– Lacerta agilis bosnica dans des zones montagneuses des Balkans et du Nord de la Grèce

– Lacerta agilis chersonensis du Sud de la Carélie jusqu’au Nord de la Bulgarie et de l’Est de la Pologne à l’Ukraine et au Bélarus

– Lacerta agilis garzoni dans certaines zones des Pyrénées

– Lacerta agilis exigua du Dniepr à l’Asie centrale

– Lacerta agilis boemica dans le Caucase

– Lacerta agilis brevicaudata en Arménie

– Lacerta agilis ioriensis dans des zones de l’Est de la Géorgie

– Lacerta agilis grusinica dans la zone côtière orientale de la mer Noire

Écologie-Habitat

Le Lézard des souches est une espèce diurne et héliophile.

Il vit dans des zones découvertes ou à demi-découvertes où existent des abris végétaux tels que des arbustes ou des herbes hautes où il peut rapidement se réfugier tout en ayant, comme on l’a dit, une nette préférence pour les substrats sableux. On le rencontre le plus souvent en bordure des bois, dans des prés, des friches et aussi dans les zones anthropisées. Dans la partie Sud de son aire de répartition il fréquente des prairies alpines et des versants rocheux jusqu’à environ 2.000 m alors que dans la partie Nord on le rencontre dans des milieux constitués de landes ou de rives sableuses.

Sa période d’activité va de mars/avril à septembre/octobre avec des fluctuations suivant la zone concernée et le climat.

Il se thermorégularise à découvert et est toujours prompt à réagir quand un danger ou prédateur se présente. Comme tous les sauriens ses phases d’activité sont un « compromis » entre les nécessités de se nourrir, de se reproduire, d’interagir socialement et d’éviter d’être une proie. Ses moyens de défense sont, outre sa livrée mimétique, sa vigilance aigüe et sa capacité à perdre sa queue quand il est attaqué (l’autotomie).

Morphophysiologie

La Lacerta agilis, qui appartient au groupe des « lézards verts », est de taille moyenne (20 à 30 cm). Elle a un corps râblé, un cou trapu, une tête massive (plus grande chez les mâles) et des pattes relativement courtes.

Lacerta agilis, Lacertidae, Lézard des souches

Surtout active à la belle saison dans les mois du milieu de l’année elle fait partie du groupe des « lézards verts ». Sa livrée est très variable suivant la sous-espèce, l’altitude, le sexe et l’âge. Chez les femelles le brun-grisâtre prédomine alors que les mâles sont verdâtres surtout sur les flancs et pendant la période de reproduction © G. Mazza

Ses caractéristiques distinctives sont : une gorge dentelée, des écailles ventrales superposées et disposées en biais, une bande au milieu du dos formée d’écailles petites et carénées (qui existent aussi sur la queue) avec des ajouts dorsaux et latéraux plus larges, des écailles larges au-dessus des tempes, une unique écaille post-nasale et une écaille rostrale petite et sans contact avec les narines.

Sa couleur est très variable suivant la sous-espèce, la zone, le sexe et l’âge. Chez les femelles c’est le brun-grisâtre qui prédomine alors que les mâles sont de couleur verdâtre surtout sur les flancs et pendant la période de reproduction.

Les jeunes sont de couleur brun-grisâtre et ont des taches ocellées sur les flancs et le dos.

La livrée des adultes comporte d’autres caractéristiques, à savoir la présence d’une bande au milieu du dos de couleur rougeâtre ou marron avec des taches foncées et une ligne blanche au centre plus ou moins continue. Cette zone est elle-même bordée sur le dos et sur les côtés par des raies claires dépourvues d’ornementations. Des rangées de taches claires et ocellées existent aussi sur les flancs. Le ventre est blanchâtre ou jaunâtre et présente un fine moucheture de taches noires (surtout chez les mâles). On peut cependant rencontrer dans certaines zones des animaux dont le dos est rougeâtre ou presque entièrement vert.

Lacerta agilis, Lacertidae, Lézard des souches

Elle se nourrit d’invertébrés, surtout des coléoptères, des araignées, des orthoptères, des diptères et des lépidoptères. Plusieurs pontes peuvent se produire au cours de l’année avec 5 à 15 œufs cachés dans des sols meubles, des matériaux végétaux ou du gravier. Le nombre et les dimensions des œufs varient selon l’endroit, l’altitude, le climat et l’état de santé général de la femelle. La densité des individus dans chaque population peut atteindre suivant l’endroit des niveaux assez élevés © Giuseppe Mazza

Éthologie-Biologie de reproduction

Le régime alimentaire du Lézard des souches se compose de différents types d’invertébrés dont des coléoptères, des araignées, des orthoptères, des diptères et des lépidoptères. L’analyse du spectre trophique a fait apparaître des variations à la fois dans le genre et la proportion des proies suivant la zone de l’aire de répartition concernée. Le schéma d’activité peut être unimodal ou bimodal avec une augmentation de l’activité pendant les mois du milieu de l’année (juin à août).

La densité des individus dans chaque population peut atteindre suivant l’endroit des niveaux assez élevés. De plus il semble que le territoire des mâles soit légèrement plus grand que celui des femelles ce qui pourrait laisser supposer l’existence de la polygamie. Les confrontations entre mâles et entre mâles et femelles sont suivies de l’accouplement puis de la ponte des œufs qui est effectuée dans des sols meubles, des matériaux végétaux ou du gravier. Plusieurs pontes peuvent se produire au cours de l’année. Le nombre des œufs va de 5 à 15. Leurs dimensions sont approximativement  de 12 à 15 x 7 à 10 mm. L’accouplement, la ponte, le nombre et les dimension des œufs, la taille de la portée et l’éclosion varient suivant l’endroit, l’altitude, le climat ou l’état de santé général de la femelle.

Synonymes

Lacerta stirpium, Ménétries 1832 ; Lacerta paradoxa, Bedriaga 1886 ; Lacerta boemica, Suchov 1929.

 

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