Orthosiphon aristatus

Famille : Lamiaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Serge Forestier

 

Orthosiphon aristatus est une plante herbacée pérenne d'Asie du sud-est. Inflorescences voyantes et vertus médicinales © Mazza

Orthosiphon aristatus est une plante herbacée pérenne d’Asie du sud-est. Jolies inflorescences et vertus médicinales © Giuseppe Mazza

L’espèce est originaire d’Assam, d’Australie (Queensland), du Bangladesh, de Bornéo, du Cambodge, de Chine (Anhui, Chongqing, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Henan, Hong Kong, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Kin- Hommes, Macao, Ma-tsu-Pai-chuan, Shanghai, Sichuan, Yunnan et Zhejiang), des Philippines, de Java, d’Inde, des Îles Nicobar, du Laos, de Malaisie péninsulaire, du Myanmar (Birmanie), de Nouvelle-Guinée, des Petites îles de la Sonde, de Singapour, du Sri Lanka, de Sumatra, de Thaïlande et du Vietnam, où elle pousse dans le maquis tropical, dans les clairières et à la lisière des forêts humides, et le long des rives des cours d’eau, à basse et moyenne altitude.

Le nom générique vient de la combinaison des mots grecs « όρθός » (orthos) = droit et « σιφων » (sifon) = tube, en référence au tube de la corolle ; le nom spécifique est le terme latin « aristatus » = aristé (barbe de l’épi) en référence à la forme de l’inflorescence.

Noms communs : cat’s moustache, cat’s whiskers, Java-tea, whiskerplant (anglais); mao xu cao (chinois); moustache de chat, thé de Java (français); mulisu-kuchin (japonais); remuk jung (javanais); tè di Giava (italien); kumis kuching (malais); Javateepflanze, katzenbart (allemand); yaa nuat maeo (thailandais); rau meo, cay bong bac (vietnamien).

Orthosiphon aristatus (Blume) Miq. (1858) est une espèce herbacée pérenne sempervirente, de 0,3-1,2 m de hauteur, à tiges ascendantes ramifiées à section quadrangulaire de couleur brun rougeâtre. Les feuilles, sur un pétiole long de 0,5-4 cm, sont simples, opposées, décussées, rhomboïdales à ovales, à base cunéée, apex pointu et marges dentées, longues de 4-9 cm et larges de 2-5 cm, de couleur vert intense brillant.

Inflorescences en grappes terminales longues de 10-25 cm portant des fleurs hermaphrodites disposées en verticilles à calice campanulé, long de 0,3-0,5 cm, corolle tubulaire bilabiée à lèvre supérieure incurvée à quatre lobes et à lèvre inférieure horizontale et concave, longues de 1-2,5 cm, de couleur blanche ou lilas pâle, et 4 étamines incurvées longues de 4-6 cm ; les fleurs, riches en nectar, attirent les abeilles et les papillons qui sont les principaux pollinisateurs. Le fruit est une capsule contenant 4 graines oblongues, comprimées, rugueuses, de couleur brun rougeâtre, de 1,5 mm de longueur.

La reproduction se fait semis, en utilisant un substrat organique maintenu humide à une température de 22-24 °C, et facilement par bouturage, même dans l’eau, et par marcottage. Espèce à croissance rapide et facile à cultiver, à la floraison décorative qui dure du printemps à l’automne, d’effet agréable en masse, comme couvre-sol ou pour des bordures informelles et mixtes, utilisable dans les zones au climat tropical et subtropical humide et marginalement tempéré chaud, à exposition abritée, où elle peut résister à des abaissements de température de quelques degrés en dessous de 0 °C pendant une courte période.

Elle nécessite le plein soleil ou au moins la lumière solaire filtrée et des sols bien drainés riches en substance organique, légèrement acides à légèrement alcalins, maintenus presque constamment humides, mais sans stagnation, car elle n’apprécie pas de longues périodes de sécheresse ; elle supporte bien la taille pour obtenir un port plus compact et stimuler la floraison. Lorsque le climat ne permet pas une culture permanente à l’extérieur, elle peut être traitée comme annuelle, avec une floraison du milieu de l’été à l’automne, ou cultivée en pots afin de pouvoir être abritée pendant les mois les plus froids dans un endroit particulièrement lumineux, comme derrière une fenêtre exposée au sud, dans un substrat organique avec des arrosages réguliers, en ne laissant que partiellement sécher le substrat avant d’arroser à nouveau, et une fertilisation avec des produits équilibrés hydrosolubles du printemps à l’automne.

La décoction de feuilles et des extrémités de tige séchées a depuis longtemps été utilisée en médecine populaire dans tout le sud-est asiatique, principalement comme diurétique et antibactérien des voies urinaires, en particulier à Java et traditionnellement utilisée dans le traitement de l’hypertension artérielle et du diabète.

Les études scientifiques menées jusqu’à récemment (2013) n’ont pas encore trouvé la corrélation exacte entre les principes actifs contenus et les effets thérapeutiques attribués ; on suppose un effet synergique, et de toute façon les données aussi bien sur l’efficacité réelle que sur la sécurité étant encore insuffisantes, une utilisation prolongée doit être évitée, en tout cas l’utilisation est contre-indiquée chez les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque et rénale. Des études de laboratoire ont cependant montré la présence de flavonoïdes, de triterpènes et d’un glucoside (orthosiphonine) d’intérêt pharmacologique.

Synonymes : Trichostema spirale Lour. (1790); Clerodendrum spicatum Thunb. (1825); Ocimum aristatum Blume (1826); Ocimum grandiflorum Blume (1826); Orthosiphon stamineus Benth. (1830); Orthosiphon grandiflorus Bold. (1916); Orthosiphon spiralis (Lour.) Merr. (1925); Clerodendranthus stamineus (Benth.) Kudô (1929); Orthosiphon velteri Doan (1936); Orthosiphon spicatus (Thunb.) Backer, Bakh.f. & Steenis (1950); Orthosiphon tagawae Murata (1970); Clerodendranthus spicatus (Thunb.) C.Y.Wu (1974).

 

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