Oryx gazella beisa

Famille : Bovidae

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Texte © Dr. Gianni Olivo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Oryx gazella beisa, Orice beisa, Bovidae

Les redoutables cornes de l’Oryx gazella beisa dépassent un mètre © Giuseppe Mazza

L’Oryx beïsa (Oryx gazella beisa Rüppell, 1835) est le représentant de ce groupe d’antilopes vivant dans les zones très arides et ouvertes de l’Afrique de l’ Est (Somalie, Kenya, Tanzanie) alors que dans le Sud du Kenya et en Tanzanie vit une autre sous-espèce, l’oryx aux oreilles frangées (Oryx gazella callotis) qui préfère des zones moins arides et très densément arborées (Acacia commiphora) et présente la particularité d’avoir des oreilles frangées, comme l’indique son nom, mais qui, pour le reste, ressemble beaucoup au beïsa.

Ce bovidé (Bovidae) atteint des dimensions légèrement inférieures à celles de l’oryx gazelle ou gemsbok (Oryx gazella gazella) mais reste cependant un animal à la taille imposante avec une hauteur au garrot de 120 cm chez le mâle et un poids supérieur à 200 kg.

Ses cornes ressemblent à celles du gemsbok. Elles sont longues, fines, fortement annelées et se terminent par une pointe acérée qui en fait une arme dangereuse même pour un grand félin. Elles sont présentes chez les deux sexes. Celles du mâle sont plus épaisses à leur base alors que celles de la femelle sont plus fines mais parfois même plus longues.

Leur longueur moyenne est d’un mètre mais il y a des individus qui sont armés de cornes de 120 cm.

La forme du corps est massive et trapue, le cou épais et robuste et le museau proportionnellement assez court. Les oreilles sont moins développées que chez d’autres espèces et paraissent même petites par rapport aux dimensions de l’animal. La robe est assez semblable à celle de l’oryx gazelle (voir la notice de l’Oryx gazella gazella).

Une caractéristique intéressante est la façon dont se déplacent les oryx si on la compare, par exemple, à celle des hippotragues.

Si l’on observe une antilope rouanne (Hippotragus aequinus) ou un hippotrague noir (Hippotragus niger) pendant qu’ils se déplacent en marchant au pas on remarquera que celui qu’ils adoptent peut être qualifié de croisé, en particulier quand ils marchent tranquillement et sans se presser. Toutefois quand ils accélèrent (mais sans se lancer encore dans un véritable galop)  l’allure “croisée” fait nettement place au type de marche que l’on appelle l’amble. Si l’on observe les oryx, quelle que soit leur sous-espèce, on remarquera par contre qu’ils vont l’amble en toutes circonstances et que, quand ils marchent, ils lèvent et baissent la tête, comme des rosses fatiguées, surtout s’ils marchent très vite.

Le “trot” n’est pas pratiqué, sauf sur de courts trajets, et surtout comme allure intermédiaire avant le passage au galop proprement dit. Le galop qui est le type d’allure le plus rapide de ces antilopes qui sont des coureurs rapides et très endurants est lui aussi très différent de celui de la rouanne, de l’hippotrague noir et des autres antilopes.

Le galop des oryx est extrêmement élégant et fluide, très linéaire et dépourvu de bonds disgracieux. Ces animaux semblent presque glisser sur des rails invisibles. À certains moments leurs quatre pattes se soulèvent de terre pendant que leur tête se tourne de manière rythmée d’un côté et de l’autre, comme un métronome, en synchronisation avec leurs enjambées qui peuvent être longues de deux mètres comme on peut le constater grâce aux empreintes.

Oryx gazella beisa, Orice beisa, Bovidae

120 cm de hauteur au garrot chez le mâle et un poids de plus de 200 kg © G. Mazza

Au contraire une rouanne au galop effectue  des bonds qui annihilent la fluidité de sa course et en diminuent l’élégance. Ses pattes sont fortement fléchies ce qui fait qu’un groupe de ces animaux en train de courir donne l’impression d’une fuite désordonnée alors qu’un petit troupeau d’oryx semble glisser sur des roues invisibles à la façon d’un train.

Les hippotragues tout comme les oryx peuvent courir à des vitesses considérables et sont des coureurs de fond infatigables. Cependant les oryx, quelles que soient leurs différentes sous-espèces (gemsbok, oryx beïsa et oryx aux oreilles frangées) sont, sans l’ombre d’un doute,  les plus rapides. Quand ils atteignent leur vitesse maximale leurs longues cornes droites sont presque allongées parallèlement au dos.

En ce qui concerne leurs mœurs, leur comportement et leur adaptation aux climats désertiques et arides il faut se reporter à la notice concernant l’ Oryx gazella gazella étant indiqué que, comme le dromadaire, ces herbivores sont ceux qui se sont adaptés de la façon la plus remarquable à des milieux où les variations thermiques sont extrêmes et où l’eau est très rare.

On pourrait s’attendre de la part d’animaux farouches et armés de dagues potentiellement mortelles à des duels à mort ou du moins sanglants. En réalité cela se produit bien quelquefois mais assez rarement de manière surprenante.

Beaucoup de combats entre mâles sont très ritualisés et se terminent sans blessures graves. La possession d’armes dangereuses fait qu’une certaine compétition visant à établir la hiérarchie est presque permanente au moment des regroupements mais s’accompagne toutefois d’une certaine prudence, ce qui permet d’éviter de fréquentes effusions de sang.

L’utilisation de signaux visuels tels que des mouvements de la queue et des oreilles, des postures de domination, etc… ont pour but de tenir en respect les mâles “inférieurs” mais en présence d’un “égal” la solution du duel peut être adoptée.

Le croisement des cornes lors d’un duel va d’un contact presque symbolique à des manœuvres destinées à tester la force du concurrent. Une technique est celle des chocs, de simples petits coups portés avec le bord antérieur des cornes disposées en oblique, presque sans “méchanceté”, ce qui crée un bruit perceptible de loin. Une autre technique est celle du “front-pressing”, front contre front, les cornes entremêlées , les deux adversaires s’avançant l’un vers l’autre et tordant leurs cornes pour obliger leur rival à adopter une posture inconfortable et soumise.

Oryx gazella beisa, Orice beisa, Bovidae

En général les mâles se livrent à des duels ritualisés sans effusion de sang dans l’intérêt de l’espèce © Giuseppe Mazza

Une autre variante est le “horn-pressing” qui est le même procédé que le précédent mais en appuyant avec les cornes et sans que les fronts soient en contact. Le duel flanc contre flanc est également fréquent.

Pour finir il y a le “stabbing” :  la blessure avec la pointe des cornes ou la mort est alors possible mais ce cas ne se présente habituellement que s’il se produit une cohue ou que la compétition devient extrême.

En tant que technique de défense, par contre, le “stabbing” est souvent employé ce qui fait qu’un oryx blessé, attaqué ou aux abois est un adversaire à ne pas sous-estimer.

Des oryx à demi domestiqués sont extrêmement dangereux pour l’homme car ils n’ont plus du tout peur de lui en cas d’affrontement.

Dans la nature on constate aussi des faits très curieux : par exemple dans un livre de ma bibliothèque il y a la photo d’un oryx avec la corne cassée d’un adversaire plantée dans sa peau  et qui ressort à ses deux extrémités.

Une autre photo monte un cas rare de duel entre un oryx et un bubale. Une autre fois  encore, j’ai assisté personnellement à un combat entre un oryx et un gnou qui s’est terminé à égalité mais il s’agissait probablement d’une dispute pour la priorité à un petite flaque d’eau stagnante, énième exemple des anomalies que la nature est capable de créer à foison.

Noms communs : Beisa oryx (anglais),Orice beisa (italien), Cioroa ( swahili), Ol gemarasork (massaï), Beid (somali).

 

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