Phragmipedium besseae

Famille : Orchidaceae


Texte © Pietro Puccio

 

serge.gif
Traduction en français par Serge Forestier

 

Dans la nature Phragmipedium besseae est menacée d'extinction en raison de sa beauté © G. Mazza

Dans la nature Phragmipedium besseae est menacée d'extinction en raison de sa beauté © G. Mazza

L’espèce est originaire d’Équateur et du Pérou, où elle croit sur des falaises de granit à proximité des cours d’eau entre 1100 et 1500 m d’altitude.

Le nom de genre est une combinaison des mots grecs “phragma” = division et “pédilon” = sandale, en référence à l’ovaire divisé en trois cavités (triloculaire) et la forme du labelle ; l’espèce est dédiée à son découvreur, la botaniste américaine Elisabeth Locke Besse.

Noms communs : peruvian lady slipper (anglais).

Phragmipedium besseae Dodson & J.Kuhn (1981) est une espèce lithophyte ou terrestre au rhizome rampant à partir duquel partent à des intervalles assez longs des tiges courtes, entièrement cachées par les bases foliaires imbriquées, avec 5 à 10 feuilles persistantes alternes, distiques, coriaces, linéaires, longues de 10 à 30 cm et larges de 2 à 5 cm.

Hampe florale terminale dressée mesurant jusqu’à environ 50 cm de long, rougeâtre et légèrement pubescente, portant de 1 à 6 fleurs qui durent environ deux semaines et qui s’ouvrent successivement, d’environ 6 cm de diamètre, de couleur allant du rouge orangé au rouge écarlate. Sépale dorsal ovale-elliptique, légèrement concave, d’environ 2,5 cm de long et 1,5 cm de large, sépales latéraux réunis pour former un unique sépale, appelé “synsépale”, elliptique à l’apex pointu, de 2 à 2,5 cm de long et jusqu’à environ 2 cm de large, pétales allongés ou légèrement incurvés, elliptiques à l’apex pointu, longs d’environ 3 cm et larges de 1,8 cm, et labelle cloisonné à l’ouverture plutôt étroite, long de 2,4 cm et large de 1,6 cm. La reproduction se fait par semis, in vitro, et par division, avec chaque section ayant au moins 3 ou 4 touffes.

Depuis sa découverte en 1981 elle a suscité un tel intérêt, en raison de sa couleur vive et inconnue dans le genre, qu’elle a déclenché une chasse qui la menaçait d’extinction dans la nature en peu de temps, de plus, elle a également été utilisée pour créer de nouveaux hybrides, devenus très nombreux en quelques années.

Sa relative facilité de la culture a contribué largement à son succès : elle nécessite une luminosité élevée, mais pas d’ensoleillement direct, des températures moyennes avec des maxima ne dépassant pas, de préférence, 28 °C, et des minima hivernaux supérieurs à 12 °C, ainsi qu’une humidité atmosphérique élevée, de 50 à 70%.

Les arrosages doivent être fréquents, voire journaliers, de préférence aux premières heures de la journée, afin de permettre à l’eau de s’évaporer, pour éviter la stagnation à l’aisselle des feuilles, le substrat doit être maintenu constamment mouillé, car elle ne présente pas une période précise de repos, et l’air doit toujours être en mouvement ; dans des conditions de mauvaise ventilation, en particulier en été, avec des températures élevées, elle est facilement sujette à la pourriture.

L’espèce ne supportant pas l’accumulation de sels au niveau des racines, pour les arrosages et les nébulisations, on utilisera de l’eau de pluie, de l’eau osmosée ou de l’eau déminéralisée, et les apports d’engrais, avec des produits équilibrés hydrosolubles, contenant des oligoéléments, doivent être effectués au quart de la dose recommandée sur l’emballage, voire moins, distribués et alternés de façon à lessiver les sels résiduels. Le substrat de culture peut être constitué de fragments d’écorce de petit calibre et de charbon de bois, avec ajout possible de sphaigne et de perlite ou d’autres matériaux inertes tels que de l’argile expansée, du polystyrène expansé, des fragments de roche siliceuse ou de laine de roche. En raison de la détérioration rapide du substrat due à la forte humidité, les rempotages, à effectuer à la fin de la floraison, doivent être fréquents, voire tous les 1 à 2 ans.

L’espèce est inscrite à l’Annexe I de la CITES (espèces menacées d’extinction dont le commerce n’est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles).

Synonymes : Paphiopedilum besseae (Dodson & J.Kuhn) V.A.Albert & Börge Pett. (1994).

 

→ Pour des notions générales sur les ORCHIDACEAE cliquer ici.

→ Pour apprécier la biodiversité au sein de la famille des ORCHIDACEAE et trouver d’autres espèces, cliquez ici.