Calyptrocalyx elegans

Famille : Arecaceae


Texte © Alessandro Marini

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Dans les forêts pluviales de la Nouvelle-Guinée Calyptrocalyx elegans forme des touffes hautes de 2-5 m et larges de 1-3 m et a des stipes minces ressemblant à des cannes de bambou. C’est une espèce très variable dans la nature. On distingue 3 variétés différentes : feuille entière, feuille pennée irrégulièrement et feuille finement pennée © G. Mazza

Le genre Calyptrocalyx est répandu en Indonésie, en Nouvelle-Guinée-Papouasie et dans les îles Moluques.

L’espèce Calyptrocalyx elegans Becc. (1889) possède une vase aire de répartition dans les forêts pluviales de la Nouvelle-Guinée.

Le nom du genre Calyptrocalyx vient des termes grecs “kalyptra” = chapeau et “kalux” = calice, par allusion à la façon dont le sépale situé le plus à l’extérieur recouvre les autres sépales quand la fleur est en bouton.

Le nom latin de l’espèce elegans fait référence à la grâce et à la légèreté de ses feuilles et de ses stipes aux formes minces.

Calyptrocalyx elegans est un palmier dont l’aspect est très variable très probablement surtout à cause de sa vaste répartition dans ses lieux d’origine qui a entraîné son morcellement en plusieurs variétés suivant les différentes  zones.

Habituellement multicaule il comporte plusieurs stipes minces, ressemblant à des tiges de bambou, qui sont de tailles différentes et possèdent de nouvelles pousses qui se forment à leur base. Il est rarement possible de trouver des individus qui ont un tronc unique.

La dimension de la touffe varie de 2 à 5 m de long et de 1 à 3 m de large.

Tous les stipes ont une gaine foliaire vert clair comportant des fibres sur les côtés qui succède au pétiole et enveloppe le stipe.

Les variétés diffèrent entre elles par la forme de leurs feuilles.

On distingue trois variétés différentes : feuille entière, feuille pennée irrégulièrement et feuille finement pennée.

La première variété a une feuille en forme de V et bifide qui demeure toujours entière. Les extrémités des deux lobes foliaires sont frangées de façon régulière. Les feuilles sont souvent dures et ont une consistance charnue. La nouvelle feuille qui apparaît est brillante et a une couleur rouge qui vire lentement au vert après son éclosion. La touffe a des dimensions inférieures à celles des autres variétés.

La variété aux feuilles pennées irrégulièrement est peut-être la plus belle. Les feuilles jeunes sont indivises mais en grandissant elles commencent à se diviser en larges segments de tailles différentes et espacés irrégulièrement le long du rachis. Les deux derniers grands segments sont en forme de V.

Détail de l’inflorescence avec des fleurs mâles. Les pétales, d’environ 4 mm, renferment 8 à 10 étamines © G. Mazza

Les extrémités des segments sont frangées et semblent presque déchirées. Les feuilles, qui sont retombantes, ont une consistance charnue et comportent des nervures nettement marquées. La nouvelle feuille qui apparaît est de couleur rouge orangé. Les touffes ont une taille qui varie de 3 à 5 m. Cette variété est cultivée sous le nom de “Boalak”.

La troisième variété comporte la feuille pennée classique dotée de segments uniformes, minces, longs, légèrement retombants et implantés sur les rachis qui ont souvent en forme d’arc et déploient les feuilles de la touffe dans différentes directions. Les deux derniers segments foliaires sont toujours en forme de V. Les feuilles sont souples. La nouvelle feuille qui apparaît est rouge foncé mais vire parfois au marron. Ses touffes sont les plus grandes de celles des trois variétés.

L’inflorescence émerge des pétioles et est constituée d’un seul épi qui ne présente pas de ramifications de la même façon que pour d’autres espèces du genre comme Calyptrocalyx spicatus. Elle est dressée, de longueur variable suivant la variété, entre 30 cm et 1 m, et a une extrémité pointue. L’inflorescence est au début enveloppée d’une bractée qui la protège et qui, ensuite, sèche et tombe après la floraison.

L’inflorescence est unisexuée et constituée de fleurs mâles et femelles toutes situées sur la même plante. La couleur des fleurs, qui sont parfumées, varie du blanc au crème.

La fleur mâle est longue de 4 à 4,5 mm et possède des sépales longs d’environ 2 mm et des pétales longs d’environ 4 mm. Les étamines, au nombre de 8 à 10, sont de différentes longueurs et possèdent des filaments longs d’environ 4 mm.

La fleur femelle, longue de 4 mm, est ovoïde et dotée d’un grand stigmate.

Le fruit, de forme ellipsoïde, est long jusqu’à 2 cm et a un diamètre pouvant atteindre 1,5 cm. Il a une couleur jaune/vert qui devient rouge à maturité. L’épicarpe est lisse, finement granuleux quand il est sec. Le mésocarpe est moyennement fibreux, farineux et de couleur orange. L’endocarpe est membraneux et séparé de la graine.

La graine est sphérique, longue d’environ 11 mm et a un diamètre de 7 mm et un endosperme homogène.

Calyprtocalyx elegans est une des espèces du genre les plus répandues et donc l’une des plus cultivées. Elle est connue sous le nom de Mara palm ou de Fireball palm. Elle est cultivée en raison de la forme et de la couleur de ses feuilles dans toute la bande climatique subtropicale aussi bien comme plante de jardin que comme plante d’appartement du fait des dimensions modérées des jeunes individus. C’est dans tous les cas une espèce à la croissance rapide, surtout chez les variétés les plus grandes.

Les fleurs mâles et femelles sont implantées les unes à côté des autres sur le même rachis mais se montrent à des périodes différentes. Pour favoriser la fécondation croisée l’épi ne porte dans un premier temps que des fleurs mâles puis quand elles tombent ce sont les fleurs femelles ovoïdes, représentées ici, qui apparaissent © Giuseppe Mazza

Pour réussir sa culture, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, il est nécessaire de l’installer à l’abri des rayons du soleil. L’ombrage partiel ou total constitue la situation idéale. Calyptrocalyx elegans ne supporte pas les vents, surtout ceux qui sont secs, qui risquent souvent de brûler ses feuilles. Elle préfère les sols fertiles, riches en humus, non calcaires et constamment humides mais très bien drainés.

Calyptrocalyx elegans doit être arrosée régulièrement mais n’apprécie pas les arrosages excessifs car ses racines sont très sensibles et risquent souvent de pourrir. Le substrat doit donc être très poreux et maintenu humide sans qu’on le laisse sécher entre les arrosages.

Les fruits, rouges à maturité, sont longs jusqu’à 2 cm. Né sous les tropiques c’est un palmier à la croissance rapide qui s’adapte aussi aux climats tempérés chauds © Giuseppe Mazza

Malgré son origine tropicale Calyptrocalyx elegans est réputée être l’espèce de son genre qui résiste le plus au froid. Elle n’est toutefois pas en mesure de survivre aux gelées ou aux périodes de froid prolongées. Il faut donc la cultiver seulement dans des zones où il ne gèle jamais, où les hivers sont très doux et où les températures minimales absolues se maintiennent toujours au-dessus de 5 °C.

Synonymes : Calyptrocalyx shultzianus Becc. (1914), Calyptrocalyx moszkowskianus Becc. (1914), Calyptrocalyx  bifurcatus Becc. (1923).

 

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