Elaeis oleifera

Famille : Arecaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

L'Elaeis oleifera produit une meilleure huile que l'Elaeis guineensis mais est moins productive © Giuseppe Mazza

L'Elaeis oleifera produit une meilleure huile que l'Elaeis guineensis mais est moins productive © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire des pays tropicaux de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud (Brésil, Colombie, Costa Rica, Équateur, Guyane française, Honduras, Nicaragua, Panama, Pérou et Surinam) où elle pousse dans des espaces ouverts situés à basse altitude, de préférence sur des sols sableux le long des rives des fleuves ou dans des zones marécageuses.

Le nom du genre vient du grec « élaion » = huile. Le nom de l’espèce est issu de la combinaison des mots latins « olea » = olive et « fero » = je porte, l’explication étant évidente.

Noms communs : american oil palm (anglais), palmier à huile américain (français), caiauà, caiaué, caraué, cayaué, dendé do Parà , dendezeiro do Parà (portugais-Brésil), carocito, colorada, corocito colorado, corozo colorado, nolé, noli, palmiche (espagnol), amerikanische Ölpalme (allemand).

L’ Elaeis oleifera (Kunth) Cortés (1897) est une espèce monoïque à la croissance lente, au tronc simple, procombant ou droit, de 1 à 6 m de long et de 30 à 50 cm de diamètre, qui forme des racines dans sa partie en contact avec le sol et qui est densément recouvert dans sa partie la plus jeune des restes des pétioles foliaires et des pédoncules des inflorescences.

Les feuilles sont pennées, de couleur vert foncé, légèrement recourbées et retournées vers l’apex, longues de 2 à 4 m, portées sur un pétiole long de 1 à 2 m aux bords dotés d’épines courtes et épaisses, avec des folioles réparties de façon régulière, longues de 60 à 120 cm et larges de 4 à 8 cm, pointues, d’abord rigides puis pendant vers l’apex et étendues presque à l’horizontale. Les inflorescences, situées entre les feuilles, en général unisexuées mais sur la même plante, sont souvent produites en alternance. Les femelles, longues de 30 à 40 cm, portées sur un pédoncule long d’environ 40 cm, compactes et ramifiées et les mâles, longues jusqu’à environ 60 cm, portent des fleurs blanches.

Les infrutescences compactes, larges, arrondies au centre et tendant à être coniques à l’apex sont très caractéristiques. Les fruits, ovoïdes ou rhomboïdes, longs de 2 à 3 cm, d’une couleur rouge orangé intense à maturité, contiennent de 1 à 3 graines d’un poids de 3 à 10 g dont le mésocarpe fibreux et huileux épais de 2 à 4 mm constitue 30 à 40 % de la totalité du fruit. Il y a souvent des fruits parthénocarpiques dépourvus de graines, constitués à 90 % du mésocarpe. On reproduit cette plante au moyen de ses graines qui germent au bout de 3 à 6 mois. La fructification débute à partir de la quatrième ou de la cinquième année.

Cette espèce peut être cultivée seulement dans les zones tropicales et subtropicales humides - car elle ne supporte pas les températures proches de 0 °C - caractérisées par une pluviosité élevée répartie tout au long de l’année, et en plein soleil. Elle pousse aussi dans une exposition semi-ombragée mais la production des fruits est alors faible. Elle n’est pas particulièrement exigeante en ce qui concerne les sols, qui peuvent même être pauvres, mais préfère ceux qui sont sableux, légèrement acides et supporte l’eau stagnante.

Ce palmier est rarement cultivé dans un but commercial parce qu’il est peu productif en comparaison de l’ Elaeis guineensis, bien que l’huile que l’on en extrait soit considérée comme étant de meilleure qualité. Les fruits sont utilisés dans l’aire naturelle de répartition pour en extraire de l’huile destinée à la cuisine, pour fabriquer des savons, comme aliment pour les cochons et pour obtenir une boisson à laquelle on ajoute de l’eau et du sucre. L’huile extraite de l’endosperme est utilisée pour les cheveux. Le fruit contient de 30 à 50 % d’huile, laquelle est composée de 56 à 67 % d’acide oléique, de 14 à 24 % d’acide palmitique, de 6 à 22 % d’acide linoléique, de 0,6 à 2 % d’acide stéarique et de 0,1 à 0,3 % d’acide myristique, cette composition étant assez semblable à celle de l’huile d’olive.

Un intérêt croissant se manifeste pour les hybrides avec l’ Elaeis guineensis, avec pour objectif de conférer à celle-ci une plus grande résistance aux maladies de l’ oleifera, une croissance lente, un port plus bas facilitant la récolte et un contenu élevé dans les fruits d’acides gras insaturés.

Synonymes : Alfonsia oleifera Kunth (1816); Elaeis melanococca Mart. (1824); Elaeis melanococca auct., non Gaertn.; Elaeis oleifera (Kunth) Cortés ex Prain (1915); Corozo oleifera (Kunth) L.H.Bailey (1933); Elaeis oleifera (Kunth) Cortés ex Wess. Boer (1965).

 

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