Latania lontaroides

Famille : Arecaceae


Texte © Alessandro Marini

 


Traduction en français par Virginie Thiriaud

 

Latania lontaroides, Arecaceae

Aujourd’hui considérée comme menacée dans son habitat naturel, Latania lontaroides est originaire des îles Mascareignes où elle peut atteindre 12 m de hauteur avec un stipe, gonflée à la base, d’environ 25 cm de diamètre © Giuseppe Mazza

Le genre Latania est distribué dans les îles Mascareignes, dans l’océan Indien.

Le nom du genre Latania vient de la latinisation du mot par lequel sont appelés les palmiers sur l’île Maurice : Latanier.

Le nom de l’espèce, lontaroides, fait référence à sa ressemblance avec le palmier Borassus flabellifer et vient du terme malais “lontar”, qui identifie les palmiers du genre Borassus et du mot grec “eidos”, qui signifie “similaire”.

Latania lontaroides est actuellement considérée comme menacée d’extinction dans son habitat naturel et est inscrite en tant qu’espèce en danger dans la liste rouge de l’UICN depuis 1998.

L’aire de répartition initiale comprenait les falaises et les ravins côtiers de l’archipel des Mascareignes, mais actuellement, on ne la trouve spontanément que sur l’île de La Réunion et en particulier sur la côte entre Petite Ile et Saint-Philippe.

Son habitat a été réduit en raison de l’utilisation des terres pour l’agriculture et de l’anthropisation du milieu.

D’autre part, cette espèce a longtemps été commercialisée au niveau international en raison de sa grande valeur ornementale. Elle est donc désormais couramment cultivée dans tous les pays de la ceinture subtropicale.

Latania lontaroides est un palmier à stipe unique, pouvant atteindre 12 m de haut et 25 cm de large, caractérisé par une croissance très lente. Le stipe des spécimens adultes est gris, lisse, légèrement gonflé à la base (dite en “patte d’éléphant”) et présente des anneaux formés par les cicatrices des feuilles tombées.

Les pétioles ont une longueur variant entre 1 et 1,5 m, n’ont pas de gaine de raccord à la tige et s’élargissent en forme de V au niveau du point d’intersection avec le tronc.

Les feuilles rondes, rigides et coriaces, ont une longueur comprise entre 2 et 3 m et un diamètre allant jusqu’à 3 m et sont fortement costapalmées. Les feuilles costapalmées diffèrent des feuilles palmées, plus connues, par le fait que les segments foliaires ne soient pas tous rattachés à l’extrémité du pétiole, mais répartis symétriquement dans la partie finale du pétiole. Ce dernier se prolonge donc à l’intérieur du limbe, ce qui a pour effet le repliement de la partie terminale vers le bas. Le limbe est divisé en segments d’une longueur comprise entre la moitié et le tiers de la longueur même de la feuille.

Les jeunes plantes de cette espèce sont caractérisées par la couleur rouge de leurs feuilles, surtout si elles sont exposées au soleil, ainsi que des pétioles dont la base est recouverte de cire blanche. De là, découle le nom commun de Latanier rouge, ou Red latan en anglais.

Latania lontaroides, Arecaceae

Espèce dioïque, portant les fleurs mâles et femelles sur des plantes différentes. Détail du feuillage d’une plante mâle avec les restes de l’inflorescence © Giuseppe Mazza

Au fur et à mesure que la plante grandit, l’intensité de la couleur diminue et les feuilles deviennent vertes, la couleur rouge n’étant conservée que sur le bord des segments foliaires et sur les pétioles. Chez les spécimens adultes, la face supérieure des feuilles est vert foncé et la face inférieure vert clair, et les feuilles sont souvent recouvertes d’une patine glauque, surtout sous les tropiques. Les pétioles des adultes peuvent être recouverts d’un duvet variant du rose au blanc qui s’étend sur la partie basse de la face inférieure du limbe.

Les petites épines sur le bord des feuilles et sur les nervures proéminentes des segments foliaires sont également caractéristiques de cette espèce.

Latania lontaroides est une espèce dioïque, c’est-à-dire avec les fleurs femelles et les fleurs mâles sur des plantes différentes. Les inflorescences émergent entre les bases foliaires et celles qui portent les fleurs mâles mesurent jusqu’à 1 m de long, tandis que les inflorescences femelles mesurent jusqu’à 2 m de long. Les inflorescences mâles sont beaucoup plus ramifiées que les femelles. Les fleurs sont jaunes et présentes en grande quantité, surtout dans les inflorescences mâles.

Les fruits sont en forme de prune, bruns à maturité, longs jusqu’à 7 cm, avec une seule graine à l’intérieur. La chair molle du fruit est comestible et a un goût de noix de coco. La graine, ronde à une extrémité et pointue à l’autre, est fortement rainurée.

La pulpe des fruits, longs jusqu’à 7 cm, avec une seule graine à l’intérieur, est comestible. Elle peut pousser en plein soleil même sous les climats méditerranéens © Giuseppe Mazza

Cette espèce est très cultivée dans les zones tropicales, aussi bien dans les parcs et jardins qu’en pots, sa croissance étant très lente. Elle aime beaucoup la chaleur et a tendance à souffrir dans les climats où la saison fraîche est longue. Dans les climats méditerranéens sans gelées, elle pousse encore plus lentement que sous les tropiques. Des expériences de survie à de courtes gelées (-2 °C) ont été observées chez des spécimens adultes bien acclimatés. Elle supporte bien le climat marin et les vents pourvus qu’ils ne soient pas froids.

Latania lontaroides doit être placée en plein soleil, même lorsqu’il s’agit de jeunes spécimens. Lorsqu’elle pousse à l’ombre, feuilles et pétioles perdent leur couleur rouge et les feuilles s’allongent.

Elle apprécie les arrosages réguliers bien qu’elle soit capable de supporter de courtes périodes de sécheresse, surtout dans le cas des spécimens adultes. Le sol doit toujours être drainant.

Synonymes : Cleophora lontaroides Gaertn., 1791 ; Latania borbonica Lam. 1792 ; Latania commersonii J.F.Gmel., 1792 ; Latania rubra Jacq., 1800 ; Latania plagicoma Comm. ex Balf.f., 1877.

 

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