Oryx dammah

Famille : Bovidae

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Texte © Dr. Gianni Olivo

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Oryx dammah, Bovidae, Oryx algazelle

L’Oryx algazelle (Oryx dammah) est presque éteint dans la nature © Giuseppe Mazza

Les oryx sont des animaux extrêmement bien adaptés au milieu désertique. Cependant l’Oryx algazelle ou Oryx à cornes en forme de cimeterre (Oryx dammah Cretzchmar, 1826, famille des Bovidae, ordre des Artiodactyla) constitue peut-être l’exemple le plus poussé de ce type d’adaptation.

À l’origine il était présent dans de vastes zones de l’Afrique du Nord ce qui fait qu’il était bien connu des anciens Égyptiens.

Il est considéré aujourd’hui comme quasi-éteint à l’état naturel. Il est présent toutefois dans des aires protégées et des parcs au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et dans d’autres pays et même sur d’autres continents.

Autrefois son aire de répartition comprenait l’Égypte, la Libye, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Nigeria et le Niger. Sa densité de population cependant était très faible en raison du milieu inhospitalier du désert qui ne permet pas de grandes concentrations d’herbivores même hyper-spécialisés.

Cet animal naturellement ne fréquentait pas que les dunes de sable ou les étendues dures et pierreuses du désert proprement dit. On le trouvait aussi et surtout dans les zones steppiques et subdésertiques et, en fait, en dépit de ses caractéristiques physiques de navire du désert, il s’enfonçait bien rarement au coeur de celui-ci.

Son habitat idéal était donc la bande steppique qui constitue la transition entre le désert et la brousse sahélienne et comme il n’aimait pas s’enfoncer dans le désert on le rencontrait bien rarement dans la brousse.

Oryx dammah, Bovidae, Oryx algazelle

Une petite famille rare d’Oryx dammah © Giuseppe Mazza

Même les surfaces réduites au milieu des dunes où pousse de la végétation, si pauvre soit-elle, étaient colonisées par l’Oryx algazelle. En effet la conformation de la bouche et de la dentition de cette antilope (comme d’ailleurs des autres oryx tous adaptés à un habitat aride) la rendait capable de trouver de la nourriture là où bien peu d’autres espèces peuvent survivre.

L’ouverture de sa bouche est moyenne mais la rangée des incisives et les molaires, larges et aux cuspides très prononcées, lui permettent d’arracher et de mâcher les herbes courtes, dures et coriaces qui poussent au pied des dunes et le long des surfaces d’écoulement situées en bordure du désert.

Le cas échéant cet animal consomme aussi des bulbes et des racines et creuse parfois le sol avec ses sabots antérieurs pour se les approprier.

La survie dans le désert nécessite une série de caractéristiques spécifiques grâce auxquelles cette antilope (et ces considérations valent d’ailleurs aussi pour l’Oryx gazella beisa, l’Oryx callotis et l’Oryx gazella gazella) présente des adaptations qui lui permettent de supporter sans dommage des températures et des conditions environnementales extrêmes.

Un individu de 150 kg n’a besoin dans un climat désertique que de 4 litres d’eau par jour. Il est de plus en mesure, si l’eau devient rare, de porter sa température corporelle qui est normalement de 36 °C à 45 °C de telle manière que son organisme soit obligé de se refroidir par évaporation, principalement grâce au procédé du “panting” (le halètement), comme le font par exemple les chiens.

Toutefois dans le cas des oryx le “panting” génère une évaporation surtout par voie nasale.

Il peut d’autre part augmenter la concentration de son urine, ce qui réduit la déperdition de liquides (c’est une sorte de système de recyclage), et réabsorber l’eau de ses excréments de sorte qu’en période de carence hydrique ceux-ci sont très secs, même quand ils sont frais,  presque lyophilisés et de couleur très claire.

Bien entendu d’autres astuces sont également employées. L’animal évite ainsi de s’exposer au soleil pendant les heures les plus chaudes et recherche l’ombre, quitte à se contenter de celle offerte par un rocher. Il peut aussi creuser une cuvette dans le sable et se déplacer et pâturer la nuit.

Oryx dammah, Bovidae, Oryx algazelle

Les Oryx dammah ont su adapter leur biologie à la dure vie dans le désert © Giuseppe Mazza

L’Oryx algazelle est un animal qui a une robe est très claire en comparaison de celle d’autres oryx, presque blanchâtre et faite de poils clairsemés de couleur fauve.

Son pelage présente des taches très foncées mais moins vives que chez les beisa ou les oryx gazelle et en général de couleur rouille. Le masque facial est également blanc et offre des contrastes avec la couleur précédente.

La livrée la plus commune par conséquent est dans l’ensemble de couleur blanchâtre. Le cou et le poitrail sont rougeâtres ou marron clair.

Les cornes, qui sont présentes chez les deux sexes, sont longues, arquées, d’où l’un des noms donnés à cet animal, très fines, particulièrement chez la femelle, de section ronde, pointues et légèrement annelées.

Le record de longueur est de 127,3 cm mais la longueur moyenne est plus réduite, en général d’un mètre chez les mâles.

À cause du milieu où il vit c’est un herbivore nomade. Les mâles ont un comportement territorial surtout lié à la reproduction.

Nom communs : scimitar-horned oryx (anglais), Orice dalle corne à sciabola (italien), Säbelantilope (allemand), Orix De Cimitarra (espagnol), Uerc-Uash (arabe), Ualiuagi (haoussa).

 

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