Pritchardia thurstoni

Famille : Arecaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Claude Leray

 

Pritchardia thurstoni, Arecaceae

Pritchardia thurstonii est une espèce qui pousse en colonies denses, sur des roches de grès corallien, aux Fidji © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire des îles Fidji (îlots Sovu, Ogea et Vulaga) et des Tonga (‘Eua) où elle pousse en colonies denses sur des roches de grès corallien, avec presque aucune autre végétation, sous un climat caractérisé par des températures élevées et de forts vents salés, du niveau de la mer jusqu’à environ 300 m d’altitude.

Le nom de genre est dédié au premier consul britannique aux îles Fidji (1858) William Thomas Pritchard (1829-1907), celui de l’espèce est dédié à Sir John Bates Thurston (1836-1897), qui a occupé divers postes institutionnels aux îles Fidji, dont celui de gouverneur.

Passionné de botanique, on lui doit la fondation des jardins botaniques de Suva, appelés plus tard en son honneur les jardins de Thurston.

Noms communs : dwarf Fiji fan palm, Fiji fan palm, Lau fan palm, Thurston’s fan palm (anglais) ; masai, niu sawa, viu (fidjien).

Pritchardia thurstonii F.Muell. & Drude (1887) est une espèce solitaire, non épineuse, hermaphrodite, qui peut atteindre 15 m de haut chez les vieux spécimens dans la nature, mais qui en culture ne dépasse pas les 6-8 m, elle a un stipe dressé, de 18-20 cm de diamètre, grisâtre, marqué par les cicatrices annulaires étroites des feuilles tombées et fissuré longitudinalement.

Les feuilles, avec un pétiole tomenteux de 0,8-1 m de long, sont costapalmées, indupliquées, presque semi-circulaires, de 1,5-2,5 m de large, divisées sur 1/3-1/4 de leur longueur en segments bifides rigides à l’apex, elles ont une couleur vert intense et sont recouvertes d’une légère pruine glauque.

La face inférieure de la feuille est recouverte de minuscules écailles (lepidia) disposées en rangées parallèles, qui sont un caractère distinctif de l’espèce.

Les inflorescences en panicule sont disposées entre les feuilles (interfoliaires), compactes, avec des ramifications de deuxième et troisième ordre, situées à l’extrémité d’un pédoncule arqué, tombantes lorsqu’elles portent des fruits, de 1,8-2,5 m de long, elles se projettent bien au-delà de la couronne de feuilles.

Pritchardia thurstoni, Arecaceae

Très décoratif, il ne dépasse pas les 8 m en culture. Longues infrutescences tombantes, d’abord dorées, puis rouges © Giuseppe Mazza

Les fleurs sessiles sont hermaphrodites, de 0,7-0,8 cm de long, de couleur jaune pâle, avec un calice tubulaire légèrement trilobé, elles ont 3 pétales unis à la base, caduques au moment de la floraison, 6 étamines et un gynécée tricarpellé.

Les fruits globuleux se développent à partir d’un carpelle unique, de 6-7 mm de diamètre, ils sont de couleur rouge vif à maturité, ne contenant qu’une seule graine globuleuse d’environ 4 mm de diamètre.

Ce palmier peut être reproduit par graines, préalablement plongées dans l’eau pendant 3 jours, placées ensuite dans un terreau drainant maintenu humide à la température de 28-30 °C, avec des temps de germination de 2 à 4 semaines.

C’est un palmier parmi les plus ornementaux et particuliers du genre, en raison des longues infrutescences retombantes, il a été introduit dans plusieurs pays tropicaux et subtropicaux, utilisé isolé ou en groupe dans les parcs et jardins ou en lignes au bord des routes et des avenues. Dans certaines régions, comme la Floride, où il a été rapidement diffusée à des fins ornementales, sa présence a remarquablement diminué, car il est devenu sensible à une maladie causée par des phytoplasmes, connus sous le nom de «déclin létal», présent sur le territoire, attaquant également d’autres palmiers.

Il nécessite le plein soleil, même s’il peut supporter une légère ombre, et des températures moyennes élevées, car il ne résiste pas à des valeurs proches de 0 °C, à condition que ce soit exceptionnel et pour une durée très courte. Il s’adapte à différents types de sols, légèrement acides à légèrement alcalins, pourvus d’un drainage, et il résiste aux vents salés. Les arrosages doivent être réguliers, mais sans stagnation pouvant provoquer de la pourriture et les fertilisations se feront avec des produits équilibrés enrichis en micro-éléments afin d’éviter les problèmes de chlorose.

En raison de la zone d’origine limitée et de la fragmentation des populations qui sont en constante diminution, l’espèce a été inscrite sur la Liste Rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) en tant que «Vulnérable» (espèce menacée d’extinction dans la nature).

Synonymes : Washingtonia thurstonii (F.Muell. & Drude) Kuntze (1891) ; Eupritchardia thurstonii (F.Muell. & Drude) Kuntze (1898) ; Styloma thurstonii (F.Muell. & Drude) O.F.Cook (1915).

 

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