Syagrus coronata

Famille : Arecaceae


Texte © Pietro Puccio

 

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Traduction en français par Michel Olivié

 

Syagrus coronata, Arecaceae

Originaire du Brésil la Syagrus coronata est un palmier très ornemental pour sa disposition particulière des feuilles. Le tronc de 6 à 12 m est en grande partie recouvert des bases foliaires disposées en forme d’hélice sur cinq rangées © Giuseppe Mazza

Cette espèce est originaire du Brésil (Alagoas, Bahia, Nord du Minas Gerais, Pernambuco et Sergipe) où elle pousse principalement dans la forêt sèche connue localement sous le nom de « caatinga » et, de façon marginale, dans la savane (« cerrado ») et la forêt pluviale côtière (« restinga »).

L’origine exacte du nom du genre est inconnue. L’hypothèse la plus répandue est qu’il vient du nom »syagrus » donné par Pline l’Ancien (23/24 ap. J.C.-79) à une variété de palmier dattier. Le nom de l’espèce est l’adjectif latin « coronatus, a, um » =couronné, entouré, par référence aux vestiges persistants des bases foliaires disposés en forme d’hélice sur cinq rangées.

Noms communs : coqueiro-cabeçudo, licuri, licurizeiri, nicuri, ouricuri et urucuri (portugais-Brésil).

La Syagrus coronata (Mart.) Becc. (1916) est une espèce monoïque qui a un tronc unique, droit, cylindrique, de 6 à 12 m de haut et de 20 à 28 cm de diamètre, en grande partie recouvert au- dessous de la couronne par les vestiges des bases foliaires disposés en forme d’hélice sur cinq rangées et de couleur grisâtre. Il porte dans sa partie la plus âgée les cicatrices annulaires saillantes correspondant au point d’insertion des feuilles.

Les feuilles, portées sur un court pétiole et disposées comme indiqué ci-dessus, sont pennées, longues de 2,5 à 3 m et comportent 90 à 120 paires de folioles rigides, linéaires, à l’apex acuminé, longues dans leur partie centrale de 35 à 40 cm et larges de 2 à 3 cm, disposées sur le rachis par groupes de 2 à 5 suivant différents angles, de couleur vert foncé en partie haute, vert bleuâtre et recouvertes d’une croûte cireuse blanchâtre en partie basse. Les bases foliaires et les pétioles ont sur leurs bords des fibres ligneuses plates larges de 2 à 5 cm.

Les inflorescences, qui se forment au milieu des feuilles (interfoliaires), sont de couleur jaunâtre, longues d’environ 90 cm et enfermées au début dans une spathe ligneuse extérieurement tomenteuse et ont des ramifications de premier ordre et des fleurs unisexuées disposées en triades (une fleur femelle au milieu de deux fleurs mâles) sauf dans la partie terminale des rachillas où n’existent  que des fleurs mâles solitaires ou réunies par paire.

Les fleurs mâles sont lancéolées, longues d’environ 1 cm, et ont 3 sépales et 3 pétales libres ainsi que 6 étamines. Les fleurs femelles sont ovoïdes, longues d’environ 0,6 cm, et ont 3 sépales et 3 pétales libres, un gynécée triloculaire et 3 stigmates recourbés.

Syagrus coronata, Arecaceae

Inflorescence jaunâtre avec des fleurs mâles et femelles. On aperçoit à droite la spathe protectrice ligneuse © Giuseppe Mazza

Les fruits sont ovoïdes, de 2 à 2,8 cm de long et de 1,4 à 2 cm de diamètre, de couleur jaune orange et recouverts d’un duvet marron. Ils contiennent une seule graine qui est ovoïde et a environ 2,2 cm de long et 1,3 cm de diamètre.

On reproduit cette plante en semant ses graines, plongées au préalable dans de l’eau pendant 3 jours, dans un terreau drainant maintenu humide à la température de 26 à 28 °C. La durée de germination va de 2 à 4 mois.

Ce palmier dont la croissance est lente est très ornemental du fait de la disposition particulière de ses feuilles. On peut le cultiver dans les régions aux climats tropical, subtropical et, de façon marginale, tempéré chaud où, une fois adulte, il peut résister à des températures allant jusqu’à -3 ou -4 °C si elles sont exceptionnelles et de courte durée, son feuillage pouvant toutefois subi alors des dégâts.

Il a besoin d’une exposition en plein soleil, sauf pendant la phase initiale de sa croissance où un ombrage partiel lui est nécessaire, et s’adapte à divers types de sols, de fertiles et profonds à pauvres, pierreux et rocheux, à condition qu’ils soient drainants étant donné qu’il ne supporte pas l’eau stagnante. Il résiste à de longues périodes de sécheresse mais pousse plus vite s’il est arrosé régulièrement dans les climats caractérisés par une saison chaude et sèche de longue durée.

Cette espèce joue un rôle important dans l’existence des populations qui vivent dans le milieu semi-aride de la « caatinga » où il arrive qu’il ne pleuve pas pendant plusieurs années et aussi pour la faune.

C’est en particulier de ses fruits que dépend la survie de l’ara de Lear (Anadorhynchus leari), un perroquet en danger critique d’extinction.

Les fruits, qui ont une pulpe jaune, fibreuse, plutôt douce et riche en bêta-carotène sont consommés frais ou servent à préparer des jus et des crèmes glacées tandis que l’endosperme, qui est huileux, est quant à lui utilisé dans divers plats de la cuisine locale et pour fabriquer de la margarine. L’huile, en plus de son usage alimentaire, est employée dans l’industrie des savons et présente de bonnes caractéristiques pour un usage éventuel comme biocombustible.

Les vieilles feuilles sont utilisées pour la couverture des habitations rurales tandis que les jeunes le sont pour la confection de divers objets artisanaux, en premier lieu des chapeaux, et aussi de balais, d’éventails, de paniers et de nattes qui représentent également une petite ressource économique, et pour l’alimentation du bétail. Les feuilles sèches sont d’autre part employées comme combustible.

Syagrus coronata, Arecaceae

Les fruits sont comestibles et indispensables à la survie de l’Anadorhynchus leari, un perroquet en danger critique d’extinction dans le milieu semi-aride de la « caatinga » © Giuseppe Mazza

La cire, dont les caractéristiques sont semblables à celles de la cire extraite des feuilles de la Copernicia prunifera et qui est connue sous le nom de « carnauba » est utilisée dans les cirages pour chaussures et les vernis destinés aux meubles et aux voitures.

Synonymes : Cocos coronata Mart. (1826) ; Cocos botryophora var. ensifolia Drude (1881) ; Cocos coronata var. todari Becc. (1886) ; Calappa coronata (Mart.) Kuntze (1891) ; Cocos quinquefaria Barb.Rodr. (1900) ; Glaziova treubiana Becc. (1910) ; Arecastrum romanzoffianum var. ensifolium (Drude) Becc. (1916) ; Syagrus coronata var. todari (Becc.) Becc. (1916) ; Syagrus quinquefaria (Barb.Rodr.) Becc. (1916) ;  Syagrus treubiana (Becc.) Becc. (1916).

 

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